|
Mar
29
|
|
Selon ma collègue, le dernier délinquant ayant bénéficié d’une libération automatique au sixième de sa peine et dont la libération conditionnelle totale a été automatiquement votée au tiers de sa peine, donc qui s’est vu accorder une semi-liberté et une libération conditionnelle totale selon la procédure d’examen expéditif, a été libéré dimanche dernier, à 9h00am, de l’établissement Archambault à Sainte-Anne-des-Plaines.
Chanceux le monsieur. Je vous dit que plusieurs réalisent qu’ils ont été à quelques jours de demeurer incarcérés! J’imagine que l’individu en question doit ressentir une immense fierté, mais surtout un immense soulagement. Il va pouvoir se vanter d’avoir été le dernier à bénéficier de cette procédure libératoire. A chaque changement dans la loi, il y a quelqu’un qui y échappe de justesse. Dans certains cas ils sont chanceux, d’autres le sont moins. Par exemple, je pense au dernier individu ayant été exécuté lorsque la peine de mort était encore en vigueur au Canada. Dire que si la loi avait été votée avant, l’individu serait peut-être encore en vie aujourd’hui. Fait intéressant, une de mes collègues a déjà eu sous sa surveillance un libéré conditionnel qui était détenu dans le couloir de la mort lorsque la peine de mort a été abolie. Il semble que ce fût pour lui un immense soulagement. J’imagine donc..
AJOUT 2011-03-30
Un lecteur m’a informé que le dernier délinquant pouvant bénéficier d’une semi-liberté selon la procédure d’examen expéditif n’a pas encore été libéré puisque ceux dont la CLCC a déjà voté la semi-liberté et la libération conditionnelle totale selon cette procéure, mais qui sont encore incarcérés, seront tout de même libérés puisque la loi n’était pas adoptée quand la CLCC est passé au vote dans leur cas. Par conséquent, il appert que l’information que je possédais était erronée.
La Criminologue
|
21:39
|
|
Jan
24
|
|
Tout le monde me l’a demandé. Bien évidemment, par souci de confidentialité, je n’aurais pu dire si ça avait été le cas. Mais bon, je peux dire qu’il ne séjournera pas où je travaille.
Vincent Lacroix, l’ancien PDG de Norbourg et celui que le Québec qualifie d’un des pires fraudeurs de l’histoire, sera libéré le 27 janvier pour actualiser une semi-liberté de type projets communautaires. On apprend ici que la Commission des libérations conditionnelles du Canada a imposé à l’individu de passer au travers une période de six mois pendant laquelle il devra s’adonner à du bénévolat.
Les commissaires de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, Pierre Cadieux et Michel Pallascio, ont indiqué dans leur décision, que :
« La Commission est toujours d’avis qu’il est raisonnable et nécessaire que vous concentriez vos efforts sur les projets communautaires afin d’intégrer des valeurs prosociales centrées sur l’altruisme et la contribution à la société. Vous devez appronfondir votre conscience sociale et vous éloigner des valeurs matérialistes »
Je dois dire que je partage leur point de vue. Pour avoir comparu quelques fois devant les deux commissaires, je dois mentionner que j’estime beaucoup leur jugement et leur expérience. Ils sont d’ailleurs généralement bien appréciés des libérés conditionnels, qualifiés de stricts, mais justes.
Donc tout ça dans le but de développer la conscience sociale de Vincent Lacroix, qualité que les fraudeurs doivent généralement travailler en raison du fait qu’ils se soucient peu des conséquences sur autrui de leurs actes, qui eux, s’étendent en général sur une grande masse d’individus.
En quoi consistera le type de libération auquel il aura droit? Plus précisément, il devra, du matin au soir, se rendre dans des ressources en partenariat avec le Service Correctionnel du Canada (maison d’hébergement pour personnes âgées, organisme visant l’intégration par le travail de personnes handicapées et/ou atteintes d’une déficience) et y effectuer des activités du genre: faire le ménage, aider à l’organisation d’activités, promener des personnes âgées en chaise roulante, emballer des ustensiles dans des sacs de plastique. Pour avoir travaillé à la même maison de transition où monsieur Lacroix a séjourné en 2009, je connais bien le fonctionnement de la semi-liberté qu’il actualisera prochainement. Certains libérés conditionnels ne retirent absolument rien des activités de bénévolat. D’autres, graduellement, en viennent à prendre conscience de la misère humaine et du fait que leurs gestes ont des conséquences sur les autres. J’éprouvais beaucoup de plaisir à entendre certains me raconter leur journée, passée en compagnie de personnes âgées sans famille. Parfois ils étaient fiers d’avoir fait la différence pour telle ou telle personne en ayant pris le temps de lui lire un livre, jouer aux poches. D’autres fois, ils trouvaient difficile de composer avec des personnes atteintes de déficience et de faire équipe avec elles dans l’éxécution de leurs tâches. J’ai souvent été témoin de l’inconfort, surtout au début, de leur prise de conscience quant à leurs actes. La clientèle est un bien meilleur professeur et permet d’être en contact direct, à temps plein, avec des gens pour la plupart en difficulté ou démunies. Je ne peux pas dire si Vincent Lacroix effectuera une telle prise de conscience, comme certains qui se fichaient royalement de ne poser ne serait-ce qu’un geste aimable à l’égard de son prochain. Seul l’avenir nous le dira.
Le lieu où sera libéré Lacroix demeure inconnu, mais l’information sera diffusée comme une traînée de poudre quand les gens le reconnaîtront dans la rue.
“En maison de transition, Vincent Lacroix devra vraisemblablement respecter un couvre-feu et ne pourra pas consommer d’alcool dans son nouveau domicile.”
En fait, s’il est libéré où je crois qu’il le sera, Vincent Lacroix sera autorisé à sortir de la maison de transition que pour effectuer du bénévolat. Il bénéficiera aussi de 96 heures de resocialisation par mois, mais seulement auprès de ressources ayant fait l’objet d’une évaluation rigoureuse de la part du Service Correctionnel du Canada. De la manière dont c’est indiqué, j’en comprends que Vincent Lacroix sera assujetti à la condition spéciale de ne pas consommer d’alcool durant toute la période de sa semi-liberté. S’il en est ainsi, c’est que la consommation d’alcool est considérée comme un facteur contributif à la criminalité du justiciable et la Commission des libérations conditionnelles du Canada a jugé nécessaire d’assortir cette condition au certificat de libération sans quoi le risque représenté dans la société serait inacceptable. Mais comme je me souviens pas qu’il ait été mentionné dans les médias que Vincent Lacroix possédait une problématique de consommation d’alcool, je crois que l’auteur de l’article voulait simplement dire qu’il lui serait interdit de consommer de l’alcool en maison de transition. Il me semble que ça va de soi!
Le gouvernement Harper travaille fort à faire adopter un projet de loi rendant plus difficile l’octroi d’une libération conditionnelle au sixième de la peine. Aussi, le projet de loi C-52, déposé le 21 octobre 2009, misant sur la répression de la criminalité à col blanc ainsi que davantage sur la rétribution aux victimes, est un des chevaux de bataille du gouvernement conservateur. Il n’y a pas à dire, le gouvernement Harper n’aura pas chômé côté réforme du code criminel.
Est-ce que Vincent Lacroix se verra réserver le même accueuil qu’il avait reçu en 2009, lors de son premier séjour en maison de transition? Pour vous rafraîchir la mémoire, voici le lien menant à un article de Radio-Canada, où vous pourrez cliquer sur le vidéo pour revoir les images de son arrivée tumultueuse.
La Criminologue
|
0:27
|
|
Jul
27
|
|
Vous souvenez-vous de Robert Latimer, cet agriculteur de la Saskatchewan qui a assassiné sa fille Tracy, lourdement handicapée, en 1993? Selon lui, il lui aurait enlevé la vie pour la soustraire de ses souffrances. Le cas avait été largement médiatisé et avait relancé le débat sur le suicide assisté. Encore aujourd’hui, cette affaire est citée en exemple dans les cours de criminologie lors de débats sur le sujet.
Dernièrement, ici, vous pouvez lire que Latimer, qui séjourne actuellement dans une maison de transition en Colombie Britannique, s’est vu refuser un élargissement libératoire par la Commission nationale des libérations conditionnelles. Dans un article de Cyberpresse, on peut lire:
“L’agriculteur de la Saskatchewan qui a enlevé la vie de sa fille handicapée pour, a-t-il dit, la soustraire à ses souffrances, ne pourra s’absenter cinq jours par semaine de la maison de transition où il vit, en Colombie-Britannique.
La Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC) a cependant accordé à Robert Latimer, 57 ans, la permission d’effectuer pendant six autres mois des sorties quotidiennes.”
Je ne sais pas comment sont octroyées les permissions de sortie dans la maison de transition où il séjourne, mais j’ai cru comprendre que Robert Latimer s’est vu refuser une semi-liberté de type 5/2 (5 jours à domicile, 2 jours à la maison de transition). Il est inscrit plus loin qu’il est admissible à la libération conditionnelle totale en décembre, le 8 plus précisément. Parfois, les détenus purgeant une sentence d’emprisonnement à vie se voient octroyer une semi-liberté de type 5/2 afin d’effectuer une transition encore plus douce entre une semi-liberté en maison de transition et une libération conditionnelle totale à domicile. C’est le vrai test, qui donne un assez bon indice à savoir si le libéré conditionnel sera en mesure de respecter ses modalités libératoires.
Mais, je me demande pourquoi ça fait la manchette. C’est tellement..banal. En tout cas pour moi, qui en a vu passablement beaucoup dans la même situation.
Enfin, je me demandais si cette histoire vous fait réagir autant qu’à ses débuts. Êtes-vous favorable, défavorable ou indifférent face au refus de la CNLC à l’endroit de Robert Latimer?
La Criminologue
|
20:38
|



