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Apr
15
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Au magasin, tout à l’heure, le vendeur m’a demandé dans quel domaine je travaillais. Lorsque je lui ai répondu que j’oeuvrais dans un centre jeunesse, son expression faciale voulait dire: ark-moi-je-ne-ferais-jamais-cette-job-là et il a cru bon d’ajouter:
«Un de mes chums, qui vient de prendre sa retraite, travaillait lui aussi pour la DPJ. Eh oh mon Dieu, il a le visage tout magané, ses traits sont tirés par toutes les horreurs qu’il a vu pendant toutes ces années: des enfants battus, des p’tites filles violées.. En tout cas, vous faites un travail difficile madame.»
Je n’avais ni la force, ni l’envie de poursuivre cette discussion. Je n’ai répondu qu’un simple: «À chacun son métier!»
Bien qu’il est évident que certains domaines soient exigeants, je ne suis pas d’avis que seules certaines personnes peuvent exercer le métier d’intervenant. Tant qu’on n’a pas essayé un emploi en particulier, je crois qu’on peut difficilement affirmer qu’on ne possède pas les capacités nécessaires ou qu’on ne serait pas à la hauteur. Combien de fois ai-je entendu: «Je ne ferais pas ton métier, oh que non! Je ne serais jamais capable.» Et pourtant, cette personne me semblait avoir de bonnes habiletés en intervention.
J’aimerais souligner qu’aucun intervenant n’est excellent en commençant. Certains ont de meilleures habiletés à la base, d’autres doivent fournir davantage d’efforts pour améliorer leur style d’intervention. On rencontre tous des clients difficiles, c’est normal. Mais on met les chances de notre côté en étant respectueux, compréhensif, empathique, patient, chaleureux et ferme à la fois. C’est ma façon de procéder avec les gens et même si ça ne fonctionne pas à tout coup, parce que oui, des fois je tombe sur des freaks, ça passe généralement bien. Je vous mettrais au défi d’essayer et vous seriez surpris d’être pas pire du tout en intervention.
Et vous, dans quel domaine oeuvrez-vous? J’aimerais ça, moi aussi, pouvoir dire: «Ouf, je ne serais pas capable de faire ta job!».
Sur ce, je vais au lit. Peut-être qu’en ayant de saines habitudes de vie, j’aurais le visage moins magané rendue à la retraite
La Criminologue
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22:18
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Jan
21
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Nous devions participer à une formation dans le cadre de notre travail, que nous suivions avec des gens de divers milieux de l’intervention (travailleurs sociaux, psychologues, psychoéducateurs). Les gens nous demandaient souvent des questions sur notre métier, comment c’était de travailler dans un milieu carcéral et/ou avec des ex-détenus. L’animatrice a alors raconté une anecdote du temps où elle travaillait en prison. Lorsqu’on lui a présenté son nouveau client, elle s’est fait mettre en garde à l’effet qu’il serait un sacré fouteur de trouble. Sur le ton de la confidence, son collègue a ajouté qu’il organisait même des bingos. ”Mais quelle belle activité communautaire! Je ne vois pas où est le problème?” qu’elle s’était exclamée.
Mes collègues et moi avions tous un sourire en coin, tandis que les autres participants ne comprennaient pas trop, ils avaient l’air d’avoir loupé quelque chose. Ce qu’ils ne savaient pas, et l’animatrice à l’époque non plus, c’est qu’un bingo, dans le jargon du milieu, c’est une émeute, déclencher une désorganisation générale dans l’établissement..
La criminologue
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12:08
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Dec
20
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Je suis passée à travers mes deux premières années d’université sans trop de difficulté et j’allais entamer un stage pratique d’un an, que j’entrevoyais comme une partie de plaisir. Je me trouve bien naïve aujourd’hui puisque ça finalement été une année vraiment, mais vraiment difficile. Vous savez il y a des moments qu’on a vécus où lorsqu’on y repense, on aimerait tellement les faire disparaître, même s’ils ont été grandement formateurs pour nous. On se souvient toutes mesdames d’une relation de couple qu’on a éternisée même si toutes nos copines nous disaient qu’on sortait avec un sale con. Ou se faire arracher les dents de sagesse, à froid. C’est ce que je veux dire par moment qu’on aimerait n’avoir jamais vécu. Bon j’exagère un peu, c’est que j’ai la métaphore dramatique facile pour bien faire passer le contenu.
Pour ce qui est du stage comme tel, il s’amorce assez bien. C’était dans une maison de transition en tant qu’agente de surveillance. Là où ça se corse c’est lorsque j’ai à m’occuper de mon premier client. Je ne compte plus les interventions que j’ai faites avec lui, je ne sais même pas compter jusque là. Malgré tout, je suis toujours restée gentille et professionnelle. D’ailleurs depuis ce temps j’ai une auréole qui flotte autour de ma tête et d’après le Vatican, je devrais être canonisée. Pour continuer, les autres clients dont j’ai eu à m’occuper par la suite n’ont pas été simples non plus, ils m’ont vraiment donné du fil à retordre. Mais au fil du temps, on a fini par tisser un lien de confiance. Il m’est arrivé d’en revoir certains et on reparle de cette époque avec humour, “C’est vrai que j’étais pas ben ben facile, hein?” Bref, je ne l’ai pas eu facile durant mon stage, mais j’y ai fait beaucoup d’apprentissages, c’est l’essentiel. Je me suis parfois demandé pourquoi j’avais choisi cette branche et je n’étais même plus certaine au terme de mon stage que je voulais travailler avec des ex-détenus. Je peux dire aujourd’hui qu’un stage n’est pas nécessairement représentatif de l’emploi dans son ensemble. Ce n’est pas parce qu’on apprécie plus ou moins notre expérience que c’est la fin du monde. C’est plate, mais c’est seulement avec le recul et les nouvelles expériences qu’on fait qu’on le réalise.
À tous ceux et celles qui sont en stage présentement ou qui amorceront le leur en janvier j’ai, sincèrement, une pensée pour vous!
Sur ce, bonne journée chers lecteurs!
La criminologue
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12:33
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