Twitter FaceBook
Home

Hell’s Angels

Jun
2
La Criminologue

Le 31 mai dernier, le juge de la Cour Supérieure James Brunton a mis fin aux procédures sur les chefs d’accusation relatifs aux stupédiants pour 31 des 156 accusés dans le mégaprocès SharQc.  Beaucoup se sont insurgés à l’effet que 31 Hells Angels aient été libérés. “Comment on peut avoir confiance en notre sytème de justice?!”.

Contrairement à ce qui est véhiculé dans les médias, la majorité des 31 personnes libérées ne sont pas des membres des Hells Angels et seules des accusations liées aux stupéfiants pesaient contre elles, soit trafic de stupéfiants, complot en vue de commettre le trafic de stupéfiants et gangstérisme. Par ailleurs, l’avocate criminaliste, Me Véronique Robert, explique sur son blogue, dans un article intitulé SharQc – Arrêt des procédures paru le 1er juin dernier:

“Ces gens étaient accusés de crimes pour lesquels ils auraient reçu des peines de moins de 10 ans de pénitencier dans l’éventualité d’une condamnation, et ils en avaient déjà quatre de purgés.  Dans le cas de certains, « leur temps était fait », ou presque, comme on dit dans le milieu[4], c’est-à-dire que, dans un avenir très rapproché, ils auraient pu être condamnés sans retourner en prison parce que la période passée en détention préventive est égale à la peine méritée.  On dit très justement « time served » en anglais.”

Etre libérés après quatre ans de détention pour des chefs d’accusation dont plusieurs écopent de sept à dix ans d’emprisonnement est une chance inouïe pour certains. Pour d’autres, c’est probablement exagéré si on considère qu’ils auraient été acquittés.

Les 31 personnes libérées n’avaient pas leur place dans un mégaprocès pour meurtres, mais je suis d’avis qu’elles auraient dû être jugées pour les délits qui leur sont reprochés. Mentionnons toutefois que les 125 autres accusés voient toujours peser contre eux des chefs d’accusation de meurtres et de complots pour meurtres.

Pour de plus amples informations concernant cette décision controversée, je vous suggère fortement de lire l’article de Me Véronique Robert, ici. Elle décortique la décision du juge Brunton, ce qui nous permet de mieux comprendre le pourquoi du comment.

Sur ce, bonne journée chers lecteurs!

La Criminologue

La Criminologue
13:03
 
Jan
26
La Criminologue

Provenance de la photo: Amazon.ca

J’ai récemment lu le livre de Peter Paradis, cet ancien full-patch des Rock Machine, qui a livré avec sa bande la guerre contre les Hells Angels pour le contrôle de la vente de drogue à Montréal. L’histoire, véridique, se déroule principalement à Verdun, territoire qui était indépendant jusqu’au début des années ’90. Paradis et ses partenaires des Rock Machine se sont ardemment battus pour conserver le contrôle de ce secteur, qui était devenu LE territoire à conquérir.

Il y est relaté comment la guerre de territoires a commencé et aussi comment Peter Paradis a gravi les échelons de la hierarchie (hangaround, prospect et full-patch) pour obtenir ses couleurs au sein des Rock Machine. On y apprend, sans censure, tout sur les actes que se sont livrés les groupes rivaux pour en arriver à leurs fins.

C’est un livre que j’ai trouvé différent et captivant. Si le sujet a piqué votre curiosité et que vous êtes originaire de Montréal et les environs, ça pourrait être vraiment intéressant d’en savoir davantage sur la guerre qui s’est livrée tout près de chez vous.

Bonne lecture!

La Criminologue

La Criminologue
13:06
 
Nov
2
La Criminologue

“Combien ça fait 22 sentences vie?”

En lien avec l’affaire de Normand “Casper” Ouimet, accusé de vingt-deux meurtres. Voici un article ici paru aujourd’hui sur Cyberpresse en ce sens. Rappelons que le membre des Hells Angels s’était notamment vu émettre un mandat d’arrestation à son endroit en 2009 à la suite de l’importante opération SharQc, visant à réduire les activités illégales des Hells Angels. C’est une des plus grosses opération menée contre le clan de motards criminalisés au Canada à ce jour.

S’il est reconnu coupable, ne serait-ce que pour un seul des crimes qui lui sont reprochés, Normand “Casper” Ouimet vivra en réclusion pour beaucoup, beaucoup d’années. A suivre donc.

La Criminologue

La Criminologue
22:54
 
Mar
5
La Criminologue

Voici ma sélection de criminels auxquels je pense spontanément lorsque je me pose la question susmentionnée. Pour ne pas faire de chicane, je les ai nommés par ordre alphabétique.

Clifford Olsen. Décrit comme l’un des pires criminels de l’histoire de notre pays, Clifford Olsen est un tueur en série ayant assassiné huit filles et trois garçons âgés entre cinq et dix-huit ans dans les années ’80. Après avoir purgé 25 ans de détention, il a présenté une demande de libération conditionnelle en 2006. Cette dernière a été refusée, les trois commissaires siégeant à la Commission nationale des libérations conditionnelles ont qualifié l’individu de meurtrier en série sadique, de psychopathe et de maniaque sexuel. Olsen est toujours incarcéré à Sainte-Anne-des-Plaines et, paraîtrait-il, ne ressent ni remords, ni d’empathie envers les victimes.

***

Dave Hilton Jr. Ancien champion du monde de boxe, il a été accusé d’agressions sexuelles sur ses deux filles, Anne Marie et Jeannie Hilton, alors qu’elles étaient mineures. En mars 2001, il a d’ailleurs écopé d’une peine d’emprisonnement de sept ans à ce propos. Cet individu est considéré comme un homme violent et a fait l’objet d’accusations notamment de voies de fait, de menaces de mort et d’agression armée dans un contexte conjugal. C’est la quatrième fois en deux ans que l’ancien boxeur se retrouve devant le juge pour des incidents survenus avec son ex-conjointe, Mme Joanna Colavecchio.

***

Caporal Denis Lortie. Le 8 mai 1984, peu avant 10h00, le caporal Denis Lortie fait irruption au Parlement de Québec où il tire des coups de feu sur les gens qu’il croise sur son passage. Son objectif était d’atteindre le Salon bleu du Parlement. Arrivé à destination, il tira de toute part. Lortie a tué trois personnes et en a blessé huit autres. René Jalbert, directeur de la sécurité à l’Assemblée nationale et lui aussi militaire, réussit à calmer le caporal Lortie en amorçant un dialogue avec lui. Peu après 14h00 et suite à une longue discussion avec René Jalbert, Lortie se rend de aux policiers. Condamné à perpétuité au terme d’un long procès, il a obtenu une libération sous condition en 1995 et vivrait maintenant dans la région de l’Outaouais.

***

Guy Cloutier. L’ancien producteur était le gérant de Nathalie Simard, qu’il a agressée sexuellement à plusieurs reprises alors qu’elle était mineure. On sait qu’il a fait une autre victime, mais son nom n’a pas été divulgué dans les médias. Le père de la célèbre et nouvelle maman, Véronique Cloutier, a écopé d’une peine d’emprisonnement de trois ans et demi en 2004. On peut lire ici que «Les évaluations psychiatriques menées sur l’accusé révèlent d’ailleurs qu’il se souciait «autant, sinon davantage, des conséquences sur sa vie, ses proches, sa carrière, son image et sa liberté que des conséquences de ses gestes sur les victimes». Au sujet de la première victime, qu’il a traitée comme son objet sexuel entre 11 et 18 ans, il déclare aux psychiatres que «bien d’autres événements [dans sa vie] ont pu la marquer davantage». Quant à la deuxième, il ne croit pas que les actes illicites (fellations, attouchements, masturbations) aient pu l’affecter.»

***

Karla Homolka et Paul Bernardo. Mariée dans les années’90 à Paul Bernardo, Karla Homolka a permis à ce dernier de violer et assassiner sa jeune sœur Tammy. La scène a d’ailleurs été captée sur vidéo. Considérée initialement par la police comme une esclave sexuelle soumise, Karla Homolka trouvait des jeunes femmes que son mari et elle pouvaient violer et ensuite assassiner. Par ailleurs, Bernardo était considéré comme étant colérique et très possessif envers sa femme. Le 17 février 1993, Paul Bernardo a été arrêté puis inculpé de 43 viols et agressions sexuelles. Le 6 juillet 1993, Karla Homolka a été reconnue coupable de deux meurtres et condamnée à 12 ans de détention. Un accord avait été conclu entre la couronne et la défense, à savoir qu’en échange de toutes les informations qu’elle pouvait livrer contre Bernardo, Homolka n’aurait à purger 12 ans de pénitencier.  Précisons que la peine maximale prévue au code criminel pour un meurtre prémédité est la prison à perpétuité. Le couple Bernardo-Homolka avait l’habitude de filmer les viols, les tortures et les meurtres des jeunes femmes sur vidéo, ce qui a constitué une preuve accablante lors du procès de Paul Bernardo. Il a été condamné à la prison à vie et est toujours, aux dernières nouvelles, incarcéré au pénitencier de Kingston en Ontario

***

Kimveer Gill.  C’était le 13 septembre 2006, lorsque Kimveer Gill a fait peu sur plusieurs étudiants au Collègue Dawson. Anastasia De Sousa a été atteinte de neuf projectiles et en est malheureusement décédée. Un autre étudiant, Hayder Kadhim, devra quant à lui vivre pour le restant de ses jours avec une balle logée dans sa tête ainsi qu’une autre dans son cou. Gill est décédé après s’être tiré une balle dans la tête, tout juste après avoir été atteint par les balles des policiers.  Un suicide by cop dans le jargon, où un individu provoque délibérément les forces de l’ordre pour mourir sous une pluie de balles. Kimveer Gill était l’auteur d’un blogue sur le site vampirefreaks.com, où il faisait état de sa haine envers une société qu’il jugeait corrompue. Il détestait les gens normaux, les sportifs, les policiers , il était convaincu que personne ne pourrait jamais le comprendre. On y retrouvait également des photos de lui vêtu de vêtements gothiques et exhibant fièrement ses armes, un Beretta Cx4 Storm semi-automatique, un fusil de calibre 12, un Glock 45, couteaux de chasse et armes de poing. D’ailleurs, il se considérait comme l’ange de la mort et souhaitait mourir sous une pluie de balles.  Son vœu a été exaucé…

***

Marc Lépine. Auteur de la tuerie à l’École Polytechnique de Montréal, le 6 décembre 1989. Ce jour-là, 14 femmes ont été abattues et il s’est ensuite suicidé.  Au début des années ’80, sa candidature est refusée aux Forces armées canadiennes en raison de son attitude antisociale. Anti-féministes, sa haine envers elles l’a poussé à commettre ce geste irréparable. Voici ici le texte intégral de sa lettre de suicide.

***

Maurice «Mom» Boucher. Chef des Nomads, le chapitre québécois des Hells Angels, il purge actuellement une peine de prison à vie notamment pour avoir commandé le meurtre de deux gardiens de prison, Diane Lavigne et Pierre Rondeau. Il est incarcéré à l’Unité spéciale de détention de l’établissement à sécurité maximum Centre régional de réception. Selon mes collègues, il aurait beaucoup changé, physiquement parlant.

***

Monica la Mitraille. Monica Proietti de son vrai nom, braquait des banques et avait acquis une certaine popularité aux yeux des gens. Ses complices et elle ont braqué près de 20 institutions financières, plus principalement des Caisses populaires Desjardins.  Le 19 septembre 1967, dans le quartier Montréal-Nord, elle a été abattue par les policiers après avoir commis un vol de banque qui lui aurait permis d’aller s’établir en Floride et vivre une vie plus tranquille avec ses enfants.

***

Richard Blass, alias le Chat. Il a été qualifié comme étant le criminel le plus dangereux du Canada par le procureur de la couronne, Me ClaudeGirouard. Il a été soupçonné de près de 20 meurtres, a réalisé des évasions spectaculaires et a survécu à pas moins de cinq fusillades.  Évadé du pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul, le 23 octobre 1974, il a menacé de tuer bon nombre de personnes si les journalistes ne pouvaient visiter le pénitencier en question.  Ils ont donc pu visiter le «Cell Block I» de l’établissement, aujourd’hui appelé le Vieux pen., qui avait endurci et fait deBlass le criminel qu’il est devenu.  Qualifié d’arrogant et dangereux, Blass avait fait parvenir une photo récente de lui au Journal de Montréal, alors qu’il était toujours évadé de prison, puisque le quotidien ne possédait pas de photo récente de lui. Il a également assassiné un ancien policier, devenu gérant du cabaret Guargantua, en date du 21 janvier 1975.  Après avoir exécuté l’homme en question, il a fait descendre des clients du cabaret dans le sous-sol, qu’il a aspergé d’essence avant d’y mettre le feu.  Suite à l’incident, s’en est suivie une poursuite policière qui s’est terminée le 24 janvier 1975 à Val-David, dans les Laurentides. Blass est décédé sous une pluie de balles, 27 plus précisémment, tout juste avant qu’il n’ouvre le feu à son tour sur les policiers. Fait intéressant, j’ai eu à effectuer le suivi libératoire de quelques clients qui ont été incarcérés avec Richard Blass autrefois, qu’ils qualifiaient de téméraire, de vrai de vrai criminel, comme il ne s’en fait plus aujourd’hui.  Tant mieux..

***

Robert Pickton. Cet éleveur porcin de Port Coquitlam en Colombie Britannique a été reconnu coupable en décembre 2007 de six chefs d’accusation de meurtre au second degré de prostituées provenant d’un quartier défavorisé de Vancouver, le Downtown Eastside. Il a écopé d’une peine d’emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. La police a retrouvé des morceaux de corps humains dans un hachoir servant à hacher la viande de porc, ainsi que de l’ADN humain dans le purin des animaux. Cela laissait à penser que Pickton donnait les restes de ses victimes à manger à ses bêtes. Il a également été soupçonné d’avoir vendu des restes humains mélangés à ceux des porcs à des compagnies de recyclage notamment à des fins alimentaires et cosmétiques. Par ailleurs, les têtes, les mains et les pieds de deux de ses victimes ont été retrouvées dans un congélateur de Pickton, dans des chaudières. D’autres membres appartenant à d’autres victimes ont été retrouvés un peu partout sur la ferme de l’individu. Il aurait cependant avoué à son compagnon de cellule, qui s’avérait être un agent double, qu’il avait en fait tué 49 femmes et qu’il voulait en assassiner une de plus avant de recommencer une autre série de 25 meurtres. Initialement, il aurait dû être accusé de 26 meurtres, mais le juge a décidé de tenir un premier procès pour 6 meurtres seulement, estimant que la charge était trop lourde pour un seul jury. Pickton a fait appel de la décision rendue lors de son procès.  La Cour d’appel de la Colombie-Britannique a rejeté son appel, de sorte que son cas est maintenant rendu à la Cour Suprême. Son procès pour les 20 autres meurtres n’a pas encore été tenu et il n’a pas encore été entendu par la plus haute instance du pays. C’est donc à suivre.

***

Roch Thériault.  Se désignant comme Moïse, il a dirigé une secte de 1977 à 1989 au Québec et en Ontario. Il a émasculé un de ses disciples, coupé le poignet à froid de Gabrielle Lavallée et assassiné Solange Boislard. Le 18 janvier 1993, il est condamné à la prison à vie pour le meurtre de Mme Boislard et il est incarcéré au pénitencier de Dorchester au Nouveau-Brunswick. Certaines de ses «épouses», avec lesquelles il a conçu près de 30 enfants, vont encore le visiter au pénitencier. Sa demande de libération conditionnelle a été refusée en 2002 et il pourrait être éligible à nouveau le 11 juin 2010.  Cependant, selon madame Gabrielle Lavallée, la plus célèbre de ses victimes et celle qui a permis d’amasser suffisamment de preuves pour le faire condamner, Roch Thériault renoncerait à présenter une demande de libération conditionnelle cette année.  Mme Lavallée croit que le livre autobiographique des fils de ce dernier, Roch Sylvain et François Thériault, intitulé Frères de sang, les fils de Moïse, n’attise un sentiment d’insécurité et de colère envers la population à son égard. Il pourrait donc craindre d’être remis en liberté. Un film est également paru en 2002 concernant l’enfer vécu par les disciples du criminel: Moïse l’affaire Roch Thériault.

***

Library

Vincent Lacroix. Fondateur et PDG de l’entreprise de gestion de fonds et de placements Norbourg, Vincent Lacroix a été reconnu coupable de 51 chefs d’accusation en vertu de la Loi sur les valeurs mobilières en décembre 2007 au terme de son procès pénal.  Il a détourné près de 130 millions de dollars canadiens et floué près de 9200 investisseurs. En janvier 2008, Lacroix écope d’une sentence d’emprisonnement de 12 ans moins un jour et d’une amende de 255 000$. L’intimé a fait appel du verdict de culpabilité, la durée de la peine a ensuite été réduite à cinq ans moins un jour. Le fait est que selon la Loi sur les valeurs mobilières, la peine maximale prévue est d’une durée de cinq ans moins un jour. Comme Lacroix faisait face à 51 chefs d’accusation, le juge avait additionné les peines rendues par blocs d’accusations. Voir l’article d’Yves Boisvert sur le sujet ici. En Cour d’appel, le juge a décrété qu’à défaut de texte de loi permettant d’additionner les peines, la pratique ne serait pas permise. Voilà pourquoi les peines dont Lacroix a écopé au terme de son procès pénal seront purgées de façon concurrente (plusieurs peines qui se purgent en même temps) au lieu de manière consécutive (peines à purger les unes à la suite des autres). En juillet 2009, en attente de son procès au criminel,  il obtient une semi-liberté où ila dû actualiser du bénévolat. Son arrivée à la maison de transition a d’ailleurs été saluée par une pluie d’insultes de la part des citoyens venus expressément pour lui offrir cet accueil.  En septembre 2009, Lacroix a plaidé coupable à près de 200 chefs d’accusation, dont notamment fraude, complot, complot pour fraude et fabrication de faux documents.  Il a écopé d’une peine de 13 ans d’emprisonnement et est de retour derrière les barreaux.

Et vous, quels sont les criminels qui vous ont le plus marqués?

La Criminologue

La Criminologue
16:43
 
Feb
4
La Criminologue

On apprenait ici que Sylvain Boulanger, ancien membre des Hells Angels, a obtenu l’immunité complète pour tous les crimes qu’il a commis, dont un meurtre, ce qu’il a lui-même avoué durant ses entretiens avec les enquêteurs.  Qui plus est, ayant initialement demandé 10 millions $, il a finalement reçu la somme de 3 millions de dollars en échange de ses révélations incriminantes. Rappelons que les informations de monsieur Boulanger ont permis l’arrestation de pas moins de 150 personnes dans le cadre de l’opération SharQc (Stratégie Hells Angels Rayon Québec 2009).  Steven Chabot, directeur général adjoint aux enquêtes criminelles de la Sûreté du Québec, a expliqué en conférence de presse en avril 2009 que l’objectif de cette opération était de:

«poursuivre la presque totalité des Hells Angels du Québec de même que leurs principaux collaborateurs devant les tribunaux, démanteler leurs cinq chapitres et saisir leurs repaires.»

Rien de moins.

Le méga procès de 133 Hells Angels et leurs associés et/ou sympatisants doit débuter en septembre prochain et devrait s’échelonner sur une période de 15 mois.  On explique ici que les accusés devront faire face à des accusations notamment de meurtre, trafic de stupéfiants et/ou gangstérisme. 

C’est la première fois au Québec qu’on voit un délateur se voir blanchir de l’ensemble de ses crimes et j’avoue que ça m’a surprise.  Je comprends que le type risque gros en dévoilant ses informations et qu’il place ainsi sa tête sur le billot, mais tout de même..  J’imagine que les forces de l’ordre ne voulaient pas passer à côté de l’occasion d’arrêter un bon nombre de criminels et que sans les informations de Sylvain Boulanger, l’enquête aurait piétinée.  Est-ce que ça vous dérange qu’un meurtre demeurera impuni?

Que pensez-vous de tout ça?

MAJ 2010-02-05

On précise ici que Sylvain Boulanger ne bénéficie par d’une immunité totale et complète.  Bien qu’il ne pourra pas être accusé pour les crimes qu’il a commis sur la base de ses aveux, il pourrait l’être via une preuve indépendante à ceux-ci.

Je vous invite d’ailleurs à lire l’article d’Yves Boisvert sur le site Internet de Cyberpresse, paru le 2010-02-05, en cliquant ici.  Très intéressant, voici notamment son point de vue en lien avec l’immunité et la compensation financière de Sylvain Boulanger.  Mais attention, lisez d’abord l’article pour bien en saisir les nuances:

«Mais qu’on verse une somme record pour ce coup de filet historique qui a démantelé une organisation meurtrière ne me scandalise pas. Quant à l’immunité relative que la SQ a accordée à Serge Boulanger, elle peut se justifier pour les mêmes raisons. On jugera vraiment au procès.»

La suite en septembre 2010 donc.

La Criminologue

La Criminologue
13:56
 
La Criminologue
La Criminologue
Subscribe RSSLa Criminologue
 
La Criminologue
Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

Pour me joindre: lacriminologue@live.fr

La Criminologue