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Guy Turcotte

Jul
6
La Criminologue

Le blogue juridique du cabinet d’avocats Couture & associés a publié aujourd’hui un billet, rédigé par Me Roberge, qui a assisté au procès, concernant la plaidoirie de la défense dans l’affaire Turcotte afin d’aider les gens à mieux comprendre le verdict rendu hier au Palais de justice de St-Jérôme. Rappelons que Guy Turcotte a été reconnu non-criminellement responsable du meurtre de ses enfants, qu’il a assassinés en février 2009, pour cause de troubles mentaux.

Voici le lien menant au résumé de la plaidoirie de l’avocat de la défense, Me Poupart, qui a duré trois jours et demi faut-il le rappeler.

La Criminologue

La Criminologue
20:33
 
Jul
5
La Criminologue

Ce matin, j’ai été aussi surprise que vous du verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux dans l’affaire Turcotte. Je m’attendais plutôt à un verdict de meurtres au deuxième degré pour être honnête. Plusieurs critiquent ouvertement les jurés d’avoir rendu une telle décison, je crois que c’est normal puisque cette cause est venue chercher profondément les gens. Néanmoins, il ne faut pas oublier que les sept femmes et les quatre hommes qui constituaient le jury sont les personnes qui connaissent probablement le mieux l’affaire Turcotte, tout en n’étant pas impliqués émotivement. Ils ont écouté tous les témoignages, analysé la preuve présentée pendant près de trois mois. Ils ont ensuite pris près d’une semaine à délibérer, redemandant d’écouter à nouveau certains témoignages pour être bien certains de prendre ce qu’ils croient être une décision juste. Ils en sont donc venus à la conclusion qu’il était plus probable qu’improbable, principe que l’on appelle la prépondérance des probabilités, que Guy Turcotte se trouvait dans un état d’esprit tel qu’il lui était impossible de juger de la nature et la qualité de ses actes au moment où il les a posés et qu’il était incapable de distinguer le bien et le mal. Par conséquent, il est considéré non-criminellement responsable du meurtre de ses enfants, à ne pas confondre avec un acquittement. Il n’ira pas en prison, mais bien en institution psychiatrique et son sort sera entre les mains de la Commision d’examen des troubles mentaux du Québec, dont le rôle est:

“[…] d’évaluer le danger que représente l’accusé pour la société, en fonction de son état mental. Selon le cas, elle décidera si l’accusé doit être libéré (avec ou sans condition) ou détenu dans un établissement hospitalier et fixera des mesures à prendre pour assurer la sécurité du public.

Si l’accusé est libéré sous conditions ou détenu, la commission d’examen devra le revoir au moins une fois par année lors d’une nouvelle audience pour déterminer si son état mental a changé avec le temps, et si une décision différente doit être prononcée selon les éléments récents qui lui sont présentés. Une telle révision annuelle est obligatoire tant et aussi longtemps que l’accusé n’est pas libéré sans condition.”

Les jurés ont eu une tâche difficile et même si nous ne sommes pas d’accord avec le verdict, je m’en remets à ces citoyens qui connaissent le dossier sur le bout de leurs doigts et qui ont pris une décision réputée objective et juste. C’est facile de critiquer la décision rendue, mais nous n’avons pas été là le soir du drame, n’avons pour la plupart pas assisté au procès, ni ne nous sommes entretenus avec Guy Turcotte en possédant (pour la majorité) les compétences en psychiatrie pour juger de son état d’esprit au moment où il a assassiné ses enfants. Beaucoup de détails nous échappent et je crois que plusieurs d’entre nous sommes si outrés parce que les deux victimes étaient de jeunes enfants innocents. Avouons-le, notre réaction n’aurait pas été la même si les victimes avaient été deux sans-abris ou même deux criminels. Pour les raisons susmentionnées, je n’ai d’autre choix que de m’en remettre aux jurés pour le verdict qu’ils ont rendu ce matin. Par ailleurs, le journaliste de CTV Stéphane C. Giroux mentionnait plus tôt en journée sur Twitter que les gens ayant assisté au procès sont certes surpris du verdict rendu, mais pas aussi choqués et indignés que ceux qui n’y étaient pas. Je crois que c’est parce qu’ils sont au fait des détails et des subtilités du dossier Turcotte et que par conséquent, ils en ont un regard un peu plus objectif.

Plusieurs accusent notre système de justice d’être pourri, bonbon, trop clément. C’est vrai qu’en regardant les faits dans l’absolu, nous nous retrouvons devant un père ayant assassiné ses deux enfants; c’est contre nature, insensé, immonde. Ce père, au terme de son procès, ne prendra pas le chemin des cellules, mais celui d’une institution psychiatrique pour une durée indéterminée. C’est vrai que c’est facile de crier à l’injustice. Toutefois, plusieurs éléments doivent être pris en considération et c’est difficile de concéder qu’il soit possible qu’il ait pu être incapable de juger de la nature et de la qualité de ses actes au moment du drame, ni de distinguer le bien et le mal. Certains n’y adhèreront jamais, ce qui est compréhensible.

D’autres affirment également que Guy Turcotte pourrait être libre comme l’air dans quarante-cinq jours. Tel que mentionné précédemment, cela n’est pas aussi simple. J’ai aussi entendu des gens dire qu’ils étaient apeurés qu’un tueur se promènera bientôt dans nos rues. J’aimerais préciser que les meurtriers connaissent de très bas taux de récidive et que Guy Turcotte a tué ses enfants dans un contexte bien précis, en présentant des caractéristiques bien particulières au moment du drame. Ces caractéristiques risquent de ne plus jamais se représenter dans le futur, de sorte que son risque de récidive m’apparaît faible.

Non, le verdict ne fera pas en sorte qu’il sera plus facile de tuer quelqu’un, d’évoquer la folie passagère et de faire passer ça comme une lettre à la poste. Il ne faut pas oublier que lorsqu’une défense de troubles mentaux est évoquée dans une cause de meurtre, plusieurs experts doivent analyser le cas et que ce sera ensuite au jury de prendre la décision finale. C’est dommage que cette cause rende presque ridicule l’évocation d’une défense de troubles mentaux. J’ai également entendu des gens craindre que ce verdict ne fasse jurisprudence et que tous les parents qui assassineront leurs enfants se verront automatiquement reconnus non-criminellement responsable pour cause de troubles mentaux. Comme l’explique la criminaliste Véronique Robert sur son blogue Le droit au silence:

“[…] il faut comprendre qu’on ne plaide pas la jurisprudence devant un jury.  On le fait devant un juge.”

C’est un verdict qui en surprend plus d’un et je le comprends. Chacun a droit à son opinion, mais je crois que cette affaire vient tellement chercher les gens qu’il est difficile d’être objectif. Et c’est aussi compréhensible. Vous savez, j’ai énormément de peine pour les proches des victimes, surtout pour leur maman Isabelle Gaston. Ce n’est pas parce que j’analyse la situation sous un angle criminologique et objectif que ça m’empêche d’avoir eu les larmes aux yeux quand je l’ai vue s’exprimer aux journalistes. C’est immonde ce que Guy Turcotte a fait et malheureusement, aucun verdict n’aurait ramené les enfants dans les bras de leur maman.

Je ne sais pas où cette femme puise son courage et sa force, elle mérite toute mon admiration. J’espère sincèrement qu’elle trouvera un jour la sérénité.

La Criminologue

La Criminologue
22:27
 
Jul
5
La Criminologue

Le verdict est tombé cet avant-midi au Palais de justice de St-Jérôme: Guy Turcotte a été reconnu non-criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants pour cause de troubles mentaux.

Les réactions pleuvent sur Twitter et elles sont unanimes: tout le monde est étonné, choqué, outré du verdict de non-responsabilité, qui ne signifie pas pour autant un acquittement soit dit en passant. Certains accusent notre système de justice d’être pourri, certains même affirment que le principe de justice est inexistant au Québec. D’autres tentent de se faire l’avocat du diable et bien sûr, on pourrait presque entendre les “chouuuuuu”, “bouuuuu” tellement les gens sont choqués. Tout le monde y va de son analyse juridique et psychiatrique en 140 caractères et j’avoue que celles n’étant pas nuancées me choquent.

Une analyse mérite d’être complète et 140 caractères c’est trop réducteur en ce sens. Voilà pourquoi je vais me pencher en fin de journée à rédiger un billet sur ma perception de l’affaire Turcotte. Je vous invite donc à revenir un peu plus tard pour la suite.

Mais en terminant, j’aimerais ajouter que toutes mes pensées vont à la famille des petites victimes, plus précisémment à leur maman, Isabelle Gaston.

La Criminologue

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12:55
 
Jun
6
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Un article vient tout juste de paraître sur Cyberpresse, intitulé Procès de Guy Turcotte: le psy de la défense poussé dans les câbles et il m’a laissée perplexe. On y explique que la Couronne a “envoyé dans les câbles” ce matin le psychiatre Hugo-Roch Bouchard, qui témoigne pour la défense, en dévoilant une expertise qu’il avait rendue en 1997 dans une cause similaire (meurtre en contexte de séparation) où les conclusions “étaient diamétralement opposées à celles qu’il a rendues pour M. Turcotte”. Effectivement, en 1997, il avait conclu que l’accusé était criminellement responsable de ses gestes, soit d’avoir pendu sa conjointe (il avait ensuite tenté de se suicider), tandis qu’au terme de son analyse du cas de Guy Turcotte, il en est venu à la conclusion suivante:

«Moi, je suis d’avis que, le 20 février 2009, M. Turcotte souffrait d’un trouble mental dont l’intensité et la sévérité l’ont rendu incapable de juger de la nature de ses actes, et de savoir qu’ils étaient mauvais» 1

On peut lire dans l’article paru sur Cyberpresse aujourd’hui que le psychiatre a expliqué à la Cour:

«J’étais l’expert de la Couronne, j’étais du BON BORD, a-t-il dit en badinant un peu. M. Senez, je ne l’avais pas examiné, il avait refusé l’examen. Mais c’était complètement à l’opposé de M. Turcotte. C’est le Yin et le Yang. M. Senez, il avait fait 20 tentatives de suicide avant, il avait des problèmes avec la justice, il avait le projet depuis quatre mois. Il a tué cette dame avant. Ici, avec M. Turcotte, c’est le contraire.»

Je ne sais pas exactement sur quels éléments s’est basé la Couronne pour comparer les deux expertises, mais il va de soi, selon moi, que ce n’est pas parce que le psychiatre a jugé que quelqu’un accusé jadis pour un délit similaire était criminellement responsable que ses conclusions devraient nécessairement être les mêmes dans le cas de Guy Turcotte. Même si les drames se sont déroulés en contexte de séparation, l’individu, Jacques Senez, a commis un uxoricide (meurtre de la conjointe), tandis que Guy Turcotte a assassiné ses deux enfants (filicides).  Les seules similitudes seraient donc le fait que les meurtres ont été commis en contexte de séparation et que les meurtriers ont tenté de se suicider par la suite. Bien dans le cas de Guy Turcotte, la tentative de suicide serait survenue avant les meurtres selon ses dires. De plus, Turcotte et Senez n’ont pas le même parcours de vie et n’oublions pas que pas deux cerveaux ne se sont développés de la même façon. Le psychiatre a tenté d’expliquer à la Couronne que ces deux affaires n’ont somme toute pas tant que ça en commun. Si l’analyse du psychiatre n’est pas la même, c’est normal, les deux sujets d’analyse sont différents, même si on retrouve malgré tout quelques similitudes.

C’est comme si moi, lors d’une audience devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada, les commissaires me disent:

“Mme La Criminologue, il y a cinq ans, alors que le libéré conditionnel qui vous accompagnait purgeait lui aussi une sentence vie pour meurtre au deuxième degré, vous avez recommandé que l’on révoque sa libération. Donc, pourquoi aujourd’hui nous recommandez-vous le contraire, sachant que l’homme assis devant nous purge aussi une sentence d’emprisonnement à perpétuité pour meurtre au deuxième degré?”

Parce qu’il s’agit de deux personnes malgré tout différentes, avec des parcours, des agissements et des schèmes de pensée différents.

Je ne suis pas en train de prêcher pour la non-culpabilité de Guy Turcotte, au contraire. Cependant, je voulais soulever qu’on ne peut tirer de conclusions dans cette affaire en se basant sur un autre autre, chaque cas est différent. Sinon, on ne soumettrait plus les accusés à des analyses psychiatriques, on se servirait de celles réalisées par le passé, qui deviendraient des templates, dans des cas similaires et on dirait qu’elles collent pour eux aussi.

La Criminologue

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1. DESJARDINS, Christiane. Un autre psychiatre conclut à la non-responsabilité de Guy Turcotte, La Presse, 1er juin 2011. Article consulté en ligne le 6 juin 2011 http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/proces-de-guy-turcotte/201106/01/01-4405009-un-autre-psychiatre-conclut-a-la-non-responsabilite-de-guy-turcotte.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_meme_auteur_4406485_article_POS5
La Criminologue
15:10
 
May
17
La Criminologue

Je participe depuis lundi au colloque “Une empreinte pour la vie” organisé par le Centre d’intervention en violence et agressions sexuelles de l’Estrie et le Service d’aide en prévention de la criminalité. J’assiste à des formations hyper intéressantes et pertinentes pour les intervenants du milieu et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas eu le temps de publier un billet.

J’ai à peine eu l’occasion de me tenir au courant de l’actualité, mais j’ai appris que le procès de Stéphanie Meunier, qui est accusée du meurtre au premier degré du fils de son conjoint, le petit Jérémy Bastien-Perron, avait commencé aujourd’hui. J’avais d’ailleurs rédigé un article sur cette affaire, presque à pareille date l’an dernier.

Les deux affaires judiciaires qui retiennent l’attention dans les médias actuellement sont semblables en ce sens qu’elles impliquent toutes deux de jeunes enfants en tant que victimes. Il est bien certain que ça touche beaucoup les gens; comment peut-on s’en prendre à des enfants; ils sont si vulnérables? J’aurai l’occasion de vous en reparler lorsque le procès de Stéphanie Meunier sera plus avancé. Est-ce que les gens le suivront avec autant d’attention de Guy Turcotte? C’est à voir..

Bonne semaine!

La Criminologue

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22:49
 
May
12
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Le procès de Guy Turcotte occupe une place de choix dans l’actualité. D’une part, c’est normal de transmettre à la population un minimum d’informations compte tenu qu’il s’agit d’un drame d’envergure. Moi-même je suis curieuse de connaître l’issue de ce procès; sera-t-il reconnu non criminellement responsable, reconnu coupable de meurtre prémédité (1er degré), de meurtre au deuxième degré ou au mieux, s’il n’est pas reconnu non-criminellement responsable, d’homicides involontaires.

Cette histoire interpelle beaucoup de gens, car Guy Turcotte ne possède pas le profil type que les gens se font d’un criminel. C’est un homme de belle apparence, il exerçait une carrière prestigieuse et jusqu’à ce qu’il commette l’irréparable, il semblait être un père de famille adéquat. Pourquoi alors il a tué ses deux enfants? C’est justement la pierre angulaire de son procès parce qu’il reconnaît les avoir assassinés; il doit cependant prouver hors de tout doute raisonnable qu’il n’avait pas prémédité les meurtres. A chaque jour, on en parle trop dans certains médias; nous sommes bombardés de détails croustillants sur cette affaire, les gens prétendent connaître les raisons pour lesquelles il a assassiné ses enfants et prédisent déjà la peine dont il écopera. Chose certaine, il est littéralement lapidé sur la place publique. Mais n’est-ce pas normal dans un sens que les gens jugent la conduite de cette homme qui avait fait le serment de ne causer aucun mal à autrui?

Je trouve que ce qu’il a fait est terrible, ne vous y méprenez pas, mais a-t-on besoin d’en savoir autant sur cette affaire? Est-il nécessaire de connaître tous les détails de cette sordide histoire? Pourquoi on en parle autant? Jusqu’où cela dépasse les limites du besoin d’être informé pour franchir celles de la curiosité morbide? Certains diront de ne simplement pas prendre connaissance de ce qui est partagé dans les médias. A mon tour je réponds que nous n’avons guère le choix d’être exposés aux détails de cette affaire, car ils sont transmis de toutes les façons possibles: médias sociaux, journaux, radio, télévision, Internet. Je dis oui au fait que nous avons le droit d’être informés, mais par respect pour la famille des victimes et parce que nous n’avons pas besoin de connaître des détails qui n’appartiennent qu’aux proches, ne tombons pas dans le sensationnalisme et ne communiquons que l’essentiel.

Qu’en pensez-vous?

Je ne peux m’empêcher de penser à la maman des petites victimes, Isabelle Gaston, qui en plus d’avoir perdu ses enfants d’une manière tragique, doit repasser à travers le drame une seconde fois à cause du procès. Si en plus elle est bombardée de toute part part, ce que son deuil doit être difficile à faire.

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12:36
 
Apr
19
La Criminologue

J’ai entendu à quelques reprises des gens trouver horrible les actes commis par le Dr. Guy Turcotte sur les personnes de ses enfants, soit des infanticides. Je suis entièrement d’accord avec le fait que c’est immonde, jamais personne ne m’entendra dire le contraire. Cependant, notez que le Dr. Turcotte est accusé des meurtres prémédités de ses deux enfants, Anne-Sophie et Olivier, et non pas d’infanticides, même s’il a assassiné ses enfants. Mentionnons rapidement qu’il a avoué avoir tué ses enfants. Il a toutefois plaidé non coupable aux accusations de meurtres au premier degré (meurtres prémédités), car il n’aurait pas été dans un état d’esprit permettant la préméditation des meurtres. Par conséquent, une défense de trouble mental pourrait être évoquée afin d’être reconnu non criminellement responsable des délits.

Pour revenir au concept d’infanticide, c’est Jacques Marleau, Ph.D Sciences bio-médicales et chercheur à l’Institut Philippe Pinel de Montréal, qui m’a donné le cours de psychocriminologie à l’université de Montréal, qui m’a appris la différence. Cet homme est une encyclopédie vivante et si ma mémoire est bonne, un de ses domaines d’expertise sont les homicides familiaux. Il nous avait alors appris qu’en droit canadien, seule une mère peut être accusée d’infanticide, qui constitue le fait d’assassiner son enfant duquel elle ne s’est pas remise de la naissance ou de l’allaitement. Souvent, ce sont les femmes atteintes d’une dépression post-partum qui commettent un tel geste. Un père, quant à lui, serait accusé de meurtre s’il assassinait son enfant, comme dans le cas du Dr. Guy Turcotte.

Il y a également l’avocate criminaliste Véronique Robert, qui explique le concept d’infanticide sur son blogue, ici. Billet très intéressant, Me Robert y explique notamment que:

“Alors que la peine pour le meurtre est la prison à perpétuité, avec une possibilité de libération conditionnelle après 25 ans dans le cas du meurtre au premier degré, et avec une possibilité de libération conditionnelle après 10 à 25 ans dans le cas du meurtre au second degré, la peine pour le crime d’infanticide est de 5 ans maximum.”

Chose certaine, infanticide ou meurtre, cela ne change en rien la douleur ressentie par l’entourage des deux petites victimes, Olivier et Anne-Sophie. Leur maman, Isabelle Gaston, doit être particulièrement ébranlée par le procès. Elle a déjà démontré être une femme courageuse, mais son courage sera sans doute mis à l’épreuve au cours des prochaines semaines. Je lui souhaite de tout coeur que justice soit faite et qu’elle trouve un jour, ne serait-ce qu’un tout petit peu, la sérénité.

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11:10
 
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Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

Pour me joindre: lacriminologue@live.fr

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