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Jan
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Tout le monde me l’a demandé. Bien évidemment, par souci de confidentialité, je n’aurais pu dire si ça avait été le cas. Mais bon, je peux dire qu’il ne séjournera pas où je travaille.
Vincent Lacroix, l’ancien PDG de Norbourg et celui que le Québec qualifie d’un des pires fraudeurs de l’histoire, sera libéré le 27 janvier pour actualiser une semi-liberté de type projets communautaires. On apprend ici que la Commission des libérations conditionnelles du Canada a imposé à l’individu de passer au travers une période de six mois pendant laquelle il devra s’adonner à du bénévolat.
Les commissaires de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, Pierre Cadieux et Michel Pallascio, ont indiqué dans leur décision, que :
« La Commission est toujours d’avis qu’il est raisonnable et nécessaire que vous concentriez vos efforts sur les projets communautaires afin d’intégrer des valeurs prosociales centrées sur l’altruisme et la contribution à la société. Vous devez appronfondir votre conscience sociale et vous éloigner des valeurs matérialistes »
Je dois dire que je partage leur point de vue. Pour avoir comparu quelques fois devant les deux commissaires, je dois mentionner que j’estime beaucoup leur jugement et leur expérience. Ils sont d’ailleurs généralement bien appréciés des libérés conditionnels, qualifiés de stricts, mais justes.
Donc tout ça dans le but de développer la conscience sociale de Vincent Lacroix, qualité que les fraudeurs doivent généralement travailler en raison du fait qu’ils se soucient peu des conséquences sur autrui de leurs actes, qui eux, s’étendent en général sur une grande masse d’individus.
En quoi consistera le type de libération auquel il aura droit? Plus précisément, il devra, du matin au soir, se rendre dans des ressources en partenariat avec le Service Correctionnel du Canada (maison d’hébergement pour personnes âgées, organisme visant l’intégration par le travail de personnes handicapées et/ou atteintes d’une déficience) et y effectuer des activités du genre: faire le ménage, aider à l’organisation d’activités, promener des personnes âgées en chaise roulante, emballer des ustensiles dans des sacs de plastique. Pour avoir travaillé à la même maison de transition où monsieur Lacroix a séjourné en 2009, je connais bien le fonctionnement de la semi-liberté qu’il actualisera prochainement. Certains libérés conditionnels ne retirent absolument rien des activités de bénévolat. D’autres, graduellement, en viennent à prendre conscience de la misère humaine et du fait que leurs gestes ont des conséquences sur les autres. J’éprouvais beaucoup de plaisir à entendre certains me raconter leur journée, passée en compagnie de personnes âgées sans famille. Parfois ils étaient fiers d’avoir fait la différence pour telle ou telle personne en ayant pris le temps de lui lire un livre, jouer aux poches. D’autres fois, ils trouvaient difficile de composer avec des personnes atteintes de déficience et de faire équipe avec elles dans l’éxécution de leurs tâches. J’ai souvent été témoin de l’inconfort, surtout au début, de leur prise de conscience quant à leurs actes. La clientèle est un bien meilleur professeur et permet d’être en contact direct, à temps plein, avec des gens pour la plupart en difficulté ou démunies. Je ne peux pas dire si Vincent Lacroix effectuera une telle prise de conscience, comme certains qui se fichaient royalement de ne poser ne serait-ce qu’un geste aimable à l’égard de son prochain. Seul l’avenir nous le dira.
Le lieu où sera libéré Lacroix demeure inconnu, mais l’information sera diffusée comme une traînée de poudre quand les gens le reconnaîtront dans la rue.
“En maison de transition, Vincent Lacroix devra vraisemblablement respecter un couvre-feu et ne pourra pas consommer d’alcool dans son nouveau domicile.”
En fait, s’il est libéré où je crois qu’il le sera, Vincent Lacroix sera autorisé à sortir de la maison de transition que pour effectuer du bénévolat. Il bénéficiera aussi de 96 heures de resocialisation par mois, mais seulement auprès de ressources ayant fait l’objet d’une évaluation rigoureuse de la part du Service Correctionnel du Canada. De la manière dont c’est indiqué, j’en comprends que Vincent Lacroix sera assujetti à la condition spéciale de ne pas consommer d’alcool durant toute la période de sa semi-liberté. S’il en est ainsi, c’est que la consommation d’alcool est considérée comme un facteur contributif à la criminalité du justiciable et la Commission des libérations conditionnelles du Canada a jugé nécessaire d’assortir cette condition au certificat de libération sans quoi le risque représenté dans la société serait inacceptable. Mais comme je me souviens pas qu’il ait été mentionné dans les médias que Vincent Lacroix possédait une problématique de consommation d’alcool, je crois que l’auteur de l’article voulait simplement dire qu’il lui serait interdit de consommer de l’alcool en maison de transition. Il me semble que ça va de soi!
Le gouvernement Harper travaille fort à faire adopter un projet de loi rendant plus difficile l’octroi d’une libération conditionnelle au sixième de la peine. Aussi, le projet de loi C-52, déposé le 21 octobre 2009, misant sur la répression de la criminalité à col blanc ainsi que davantage sur la rétribution aux victimes, est un des chevaux de bataille du gouvernement conservateur. Il n’y a pas à dire, le gouvernement Harper n’aura pas chômé côté réforme du code criminel.
Est-ce que Vincent Lacroix se verra réserver le même accueuil qu’il avait reçu en 2009, lors de son premier séjour en maison de transition? Pour vous rafraîchir la mémoire, voici le lien menant à un article de Radio-Canada, où vous pourrez cliquer sur le vidéo pour revoir les images de son arrivée tumultueuse.
La Criminologue
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Oct
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Le gourvement de Stephen Harper a déposé plus tôt cette année un projet de loi visant de mettre un terme aux prestations de Sécurité de vieillesse des détenus emprisonnés sous juridiction fédérale. On apprend ici que ce serait près de mille détenus qui ne recevraient plus leur pension de vieillesse, ce qui totaliserait une économie d’environs dix millions de dollars. Le projet de loi fait écho à la nouvelle choc, qui mettait en lumière le fait que Clifford Olsen, décrit comme un des pires criminels que le Canada ait connu, recevait toujours sa pension de vieillesse même s’il croupit derrière les barreaux.
Je comprends que compte tenu que les détenus sont logé et nourris, une pension de vieillesse ne s’avère pas vitale pour bénéficier de soins de base. Si c’est par souci d’économie et de couper à des endroits où on distribue de l’argent inutilement, soit. Cependant, je doute fort que le gouvernement Harper ait agi ainsi pour cette raison, mais bien pour réduire, une fois de plus, les acquis des délinquants. Depuis son entrée au pouvoir, le gouvernement conservateur ne cesse de vouloir restreindre les droits des criminels et axe son discours sur les droits des victimes. Je trouve ça génial que les victimes d’actes criminels soient davantage considérées parce qu’elles ont peu de place dans notre système de justice. Or, le gouvernement Harper veut couper du côté des délinquants, mais sans donner du côté des victimes en retour. Ce n’est pas parce qu’on restreint ou enlève les acquis des délinquants que le sort des victimes s’en trouve amélioré, loin de là. Est-ce que les ressources pour les victimes d’actes criminels sont améliorées parce qu’un détenu se voit priver de sa pension de vieillesse, non. Dormirait-elle mieux la nuit si elle pouvait participer davantage au processus décisionnel de mise en liberté sous condition de son agresseur ou s’il ne pouvait obtenir son pardon grâce au gouvernement Harper? Enlever à un ne redonne pas nécessairement à l’autre.
Pour ce qui est des pensions de vieillesse, mon opinion est mitigée. Il y a l’aspect punitif de priver un délinquant de sa pension, mais il est vrai qu’il n’en a pas besoin pour avoir un toit et se nourrir quand il est incarcéré. Ce serait des fonds qui pourraient être investis dans le système de la santé par exemple. D’un autre côté, quand quelqu’un a travaillé toute sa vie et commet un délit à un âge avancé, je trouve ça un peu injuste de le priver de sa pension, d’autant plus s’il s’agit de sa seule source de revenus. N’oublions pas que les séjours en détention peuvent être aussi courts que six mois. Recevoir une pension de vieillesse permet de pouvoir continuer de payer son appartement durant l’incarcération et souvent de subvenir aux besoins d’une épouse, qui dans son cas, ne reçoit elle aussi que cette pension. Est-ce que ça aiderait vraiment l’individu d’avoir été coupé de sa pension pour sa réinsertion sociale? Parce qu’on s’entend que repartir à neuf à 70 ans, ça doit être difficile. C’est sûr que certains, comme Clifford Olsen, voient leur compte bancaire se renflouer au fil des mois. Et c’est vrai que ça peut être choquant!
On veut priver ici, Clifford Olsen? Tout comme le projet de loi sur l’obtention du pardon visait particulièrement Karla Homolka? Si ce projet de loi permet d’investir les sommes économisées dans l’aide apportée aux victimes d’actes criminels, ce serait déjà un bon argument.
Mais couper juste pour couper dans un but essentiellement punitif, c’est bénéfique à qui?
La Criminologue
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23:23
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Mar
16
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Après avoir lu ceci, j’avoue que ma montée de lait est moindre que ce que j’avais prévu hier.
Vous vous souvenez sûrement de Sébastien Lacasse, qui a été roué de coups de pied et assassiné à coups de couteau par une bande d’adolescents et de jeunes adultes à Laval, le 8 août 2004. Bref, le ministre de la justice, Rob Nicholson, a dévoilé aujourd’hui le projet de loi entourant les jeunes contrevenants, «La loi de Sébastien», en mémoire de Sébastien Lacasse. L’appellation officielle de cette réforme est «Loi modifiant la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents et apportant des modifications connexes et corrélatives à d’autres lois».
Concrètement, le juge pourra imposer une peine pour adultes à un adolescent, âgé de 14 ans et plus (les provinces peuvent conserver l’âge minimal à 16 ans), reconnu coupable d’une infraction grave (meurtre, tentative de meurtre, homicide involontaire et voies de faits graves). Ajoutons qu’il pourrait également être assujetti à une peine d’emprisonnement à perpétuité. Notons que les adolescents pouvaient déjà être assujettis à des peines pour adultes si, âgés de 14 ans et plus, ils commettent une infraction pour laquelle un adulte aurait écopé d’une peine de deux ans et plus de détention. Dans le cas d’infractions de meurtre au premier degré, la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA) prévoit actuellement une peine maximale de dix ans, dont un maximum de six ans à purger en détention et le restant, en surveillance dans la communauté. De ce que je comprends, le principal changement réside en la possibilité de se voir imposer une peine d’emprisonnement à perpétuité. Bien que je sois d’accord avec le fait que les infractions graves doivent être punies comme elles le méritent, j’estime qu’il faut être prudent avant d’imposer une telle sentence à un adolescent. Bien sûr, la peine doit avoir un aspect punitif, mais les adolescents présentent des caractéristiques, des besoins, un degré de maturité et une compréhension de la vie qui diffèrent des adultes et il faut en tenir compte. Sans miser uniquement que sur la durée de la peine, il faut aussi intervenir sur leurs facteurs contributifs et favoriser leur réinsertion sociale.
Dans une seconde mesure, on peut lire dans l’article que:
«Aucun adolescent âgé de moins de dix-huit ans ne peut purger tout ou partie de sa peine dans un établissement correctionnel provincial pour adultes ou un pénitencier.»
Dans les faits, les adolescents actuellement détenus, soit de façon provisoire avant de comparaître devant les tribunaux ou lorsqu’ils purgent une sentence de garde fermée, ne peuvent être en contact avec des adultes à moins qu’un juge en décide le contraire. Par exemple, s’il est démontré que la sécurité du jeune homme pourrait être menacée s’il est incarcéré dans un centre de détention pour adolescents, si sa présence est une menace pour celle d’autrui, s’il n’y a pas de tels centres à une distance raisonnable de son lieu de résidence et si un juge l’estime préférable dans l’intérêt du public. Je me questionne à savoir si cela arrive souvent dans les faits. Que fait-on si l’une ou l’autre des situations susmentionnées se produit? Y avait-il un réel besoin de modification de la loi en ce sens où ce n’est que pour clouer le bec à Gilles Duceppe, qui avait accusé le gouvernement Harper de vouloir envoyer de la «chair fraîche» dans les centres de détention pour adultes?
Également, une autre des mesures proposées consistent en la possibilité pour le juge de lever l’interdiction de non-publication de tout renseignement susceptible d’identifier l’adolescent, si cela est jugé nécessaire à la protection de la société. Je suis en accord avec cette modification de la loi.
Je croyais que les conservateurs auraient proposé un durcissement de la loi encore plus sévère, axant davantage la loi sur la punition que la réadaptation et la réinsertion sociale, des principes importants de la loi actuelle. Je suis curieuse de connaître les dénouements de cette réforme.
Et vous, trouvez-vous que pensez-vous de cette réforme?
La Criminologue
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16:43
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Mar
15
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Seront dévoilés demain les changements qu’apportera le gouvernement fédéral en matière de lois pour les jeunes contrevenants. Voici une citation d’un article pris ici:
«Le plan des conservateurs proposait de remplacer la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents par une loi plus sévère, qui visait notamment à emprisonner à vie des jeunes reconnus coupables de meurtre, prémédité ou non. À l’heure actuelle, la peine maximale est de 10 ans. Les troupes de Stephen Harper voulaient aussi des peines de prison plus longues pour les jeunes reconnus coupables d’un crime violent, comme une agression sexuelle.»
À prime abord, j’ai quelques réticences face à un durcissement des lois entourant les jeunes contrevenants, qui ont des besoins et des caractéristiques bien différents des adultes. J’ai donc bien hâte de connaître les changements qui seront apportés en ce sens et surtout, sur quels éléments le gouvernement Harper s’est basé pour calquer certains aspects de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA) sur le système judiciaire pour adultes.
La Criminologue
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20:01
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