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Selon ma collègue, le dernier délinquant ayant bénéficié d’une libération automatique au sixième de sa peine et dont la libération conditionnelle totale a été automatiquement votée au tiers de sa peine, donc qui s’est vu accorder une semi-liberté et une libération conditionnelle totale selon la procédure d’examen expéditif, a été libéré dimanche dernier, à 9h00am, de l’établissement Archambault à Sainte-Anne-des-Plaines.
Chanceux le monsieur. Je vous dit que plusieurs réalisent qu’ils ont été à quelques jours de demeurer incarcérés! J’imagine que l’individu en question doit ressentir une immense fierté, mais surtout un immense soulagement. Il va pouvoir se vanter d’avoir été le dernier à bénéficier de cette procédure libératoire. A chaque changement dans la loi, il y a quelqu’un qui y échappe de justesse. Dans certains cas ils sont chanceux, d’autres le sont moins. Par exemple, je pense au dernier individu ayant été exécuté lorsque la peine de mort était encore en vigueur au Canada. Dire que si la loi avait été votée avant, l’individu serait peut-être encore en vie aujourd’hui. Fait intéressant, une de mes collègues a déjà eu sous sa surveillance un libéré conditionnel qui était détenu dans le couloir de la mort lorsque la peine de mort a été abolie. Il semble que ce fût pour lui un immense soulagement. J’imagine donc..
AJOUT 2011-03-30
Un lecteur m’a informé que le dernier délinquant pouvant bénéficier d’une semi-liberté selon la procédure d’examen expéditif n’a pas encore été libéré puisque ceux dont la CLCC a déjà voté la semi-liberté et la libération conditionnelle totale selon cette procéure, mais qui sont encore incarcérés, seront tout de même libérés puisque la loi n’était pas adoptée quand la CLCC est passé au vote dans leur cas. Par conséquent, il appert que l’information que je possédais était erronée.
La Criminologue
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Voici un article paru mardi le 30 novembre sur le site Internet de Cyberpresse à cet égard.
“Malgré de louables efforts, la couronne de Noël qui orne l’entrée du pénitencier Archambault n’arrive à égayer ni les lieux, ni ce dernier jour glacial de novembre. C’est là, dans cet établissement carcéral classé «super maximum», tout au bout d’un champ à Sainte-Anne-des-Plaines, que le tueur d’enfants le plus impitoyable du Canada, Clifford Olson, s’est de nouveau fait refuser la liberté conditionnelle, mardi matin.”
D’emblée, il y a une erreur dans la citation précédente. L’Unité spéciale de détention, communément appelée le super maximum, se trouve dans le pénitencier Centre régional de réception, un établissement à sécurité maximum, et non à l’établissement Archambault, qui lui est un pénitencier à sécurité médium.
“Après avoir délibéré pendant quelques minutes, la Commission nationale des libérations conditionnelles a décrété qu’Olson, malgré ses presque 30 ans d’incarcération, n’avait pas changé et qu’il constituait toujours un risque pour la société.”
Depuis septembre 2010, l’instance décisionnelle citée plus haut porte maintenant le nom de Commission des libérations conditionnelles du Canada.
Fin des corrections se trouvant dans l’article, c’est mon côté pointilleux et rigoureux qui veut que vous ayiez les informations les plus justes possibles, que voulez-vous!
“Depuis son arrestation, en août 1981, et sa condamnation, en janvier 1982, Olson n’a participé à aucun programme de réhabilitation. Aux yeux de son agente de libération conditionnelle, il n’a fait aucun progrès. [...] Mardi, quand le commissaire Denis Couillard lui a demandé quels progrès il avait faits depuis, Olson a répondu: «Je me suis tenu loin du trouble et j’ai fait des cours d’université en psychologie et en criminologie.» Le commissaire a signalé que ce n’est pas très difficile de rester «loin du trouble» quand on est enfermé en cellule toute la journée. «Je ne suis pas enfermé toute la journée», a rétorqué Olson.”
Moi même, qui rédige des rapports dans lesquels je recommande ou non une libération et qui participe à des audiences devant la CLCC, trouve que de n’avoir fait aucun programme correctionnel est assez inquiétant quand on a un passé criminel lourd comme celui de Olsen. Qu’est-ce qui serait un signe encourageant laissant croire que le risque de récidive s’est amenuisé et serait acceptable pour la société? Avoir fait des cours en psychologie et criminologie. Malheureusement, ils ne ciblent pas les facteurs contributifs à la criminalité et ne font encore moins office de thérapie. Ils permettent d’apprendre de nouvelles connaissances, non pas de traiter une déviance ou d’effectuer une introspection personnelle, ou du moins, pas une introspection suffisante considérant les progrès d’envergure qui sont attendus avant de permettre toute forme de libération.
Un rapport psychiatrique décrit Olsen comme “un pédophile, un sadique sexuel probablement nécrophile qui ne montre aucun remords” (même s’il prétend au contraire éprouver des remords). Mais ce rapport contient peut-être des informations qui ne sont plus à jour aujourd’hui parce que depuis 1997, l’individu refuserait d’être évalué par des psychiatres.
Donc avec aucun indice encourageant, ni aucun progrès sur lequel s’appuyer pour affirmer que le pronostic est positif dans le cas de monsieur Olsen, il est évident qu’il n’arrive pas à accéder à une libération; le risque qu’il représenterait pour la société est inacceptable. D’ailleurs, Olsen s’est engagé à ne plus demander de libération conditionnelle à l’avenir. Cela sera donc moins éprouvant pour les familles des victimes, pour qui il s’agit probablement d’un terrible coup de couteau, à chaque fois qu’il fait la demande que lui soit octroyée une libération, dans une plaie qui n’arrivera jamais à se cicatriser complètement.
La Criminlogue
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Je vous décrivais ici mon initiation à la prison. Je vous raconterai aujourd’hui ma toute première expérience d’un pétitencier fédéral à sécurité médium, ce qui est complètement différent. J’allais rejoindre une collègue dans le cadre d’une audience devant la Commission Nationale des libérations conditionnelles (CNLC) au pénitencier Archambault à Sainte-Anne-des-Plaines.
Comme c’était au milieu de nulle part et que je n’avais aucune idée où ça se trouvait, je suis partie très tôt ce matin-là. Je pensais m’être perdue au milieu des terres agricoles quand j’ai finalement aperçu des barbelés au loin, j’étais donc presque rendue. Cliquez sur le lien suivant, qui illustre vraiment bien ce que je veux dire. Au besoin, déplacez l’image avec les flèches. http://wikimapia.org/2467062/fr/%C3%89tablissement-p%C3%A9nitencier-Archambault
Premier problème. C’est lequel, l’établissement Archambault?? Parce que sur le site se trouve notamment le Centre régional de réception (sécurité maximale), là où tous les détenus sentencés au fédéral se rendent initialement pour être évalués et se faire attribuer une cote de sécurité, l’Établissement Sainte-Anne-des-Plaines (sécurité minimum) et l’établissement Archambault (sécurité médium).
Je me stationne donc devant ce qui semblait être le pénitencier que je cherchais et comme il me restait une heure à tuer, j’ai décidé de rester dans mon auto pour lire le journal. Ça n’a pas pris 5 minutes qu’un fourgon du Service Correctionnel du Canada est venu se stationner à côté de moi. Le gardien m’a demandé ce que je faisais là et je le lui ai expliqué. Satisfait, il m’a rappelée qu’il était préférable que je stationne mon auto de façon à ce que ma plaque d’immatriculation ne soit pas visible du pénitencier. C’est une mesure de prévention que l’on prend généralement quand on se rend dans des établissements à sécurité médium en montant.
On finit donc par rentrer dans l’établissement. Mais n’entre pas là qui veut. On doit d’abord passer par le détecteur de métal et les rayons x. Avoir su j’aurais fait le ménage des mes poches AVANT. Il a fallu que je remette ma mallette trois fois sur le tapis roulant des rayons x parce qu’il y avait quelque chose qu’ils étaient incapables de détecter…pour finalement découvrir que c’était la ganse de la mallette que j’avais serrée dans une pochette. Tsé quand on stick sur des détails, c’était pas un gun quand même.. enfin. Mais au moins ça prouve qu’ils sont vraiment axés sur la sécurité. C’est très important de contrôler tout ce qui entre dans un établissement de détention. Il y avait aussi un chien qui détecte la présence de drogue. Mais attention! Il ne faut pas le flatter, il est sur la job! Ce qui m’a le plus frappée, c’est la présence plus accrue des gardiens, comparativement aux pénitenciers à sécurité minimum. Ça paraîssait qu’on avait monté d’un cran de sécurité..
J’ai eu le plus souvent à me rendre à l’établissement Leclerc (sécurité médium), ou le «chic Leclerc» dans le jargon, en raison des entrevues post-suspension. C’est un établissement très, comment dire, vraiment vieux et un peu décrépit. Ce n’était pas rare qu’en été, quand j’allais visiter mes clients, ils me disaient qu’il y avait des gros rats et qu’ils ne pouvaient pas boire l’eau de l’abreuvoir sans l’avoir purgée pendant 5 minutes. Même si c’est marqué sur une pancarte, devinez qui a déjà été indisposée d’avoir bu de cette eau sans avoir fait la purge nécessaire?? Ben oui, encore moi!
La Criminologue
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