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Jan
27
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En étant maman d’un nouveau-né, les émissions que j’écoute sont pratiquement toujours en rediffusion. C’est donc ce matin que j’ai visionné le deuxième épisode de L’école du crime.
Au terme de cette deuxième émission, je demeure avec l’idée que la narration se veut quelque peu sensationnaliste. Voici deux citations qui renforcent mon opinion à ce propos:
“Mensonge, trahison, violence, homicides et viols encombrent l’esprit, l’exercice [physique] les évacue comme des toxines.”
“Marine, elle, s’adonne au théâtre, loin des cadavres et des corps meurtris ou violés qui encombrent son esprit le reste du temps.”
J’aimerais mentionner que la criminologie n’est pas que l’étude des délits d’extrême violence, comme les meurtres. Les criminologues font également affaire avec des fraudeurs, des trafiquants, des voleurs. En fait, les délits contre les biens constitue la majorité des crimes commis. Seulement, ce ne sont pas ceux-là qui frappent le plus l’imaginaire collectif, qui font le plus “jaser”. Je voudrais également ajouter que non, les cadavres et les corps meurtris n’encombrent pas l’esprit des criminologues à un point tel que nous devons trouver des exutoires pour maintenir notre équilibre mental. Je rappelle que nous ne sommes pas appelés à se rendre sur les scènes de crime et que les corps meurtris et violés ne font pas partie de notre réalité quotidienne. Les délits commis par les délinquants peuvent nous choquer, heurter nos valeurs, mais il ne serait pas normal qu’ils hantent nos pensées jour et nuit. Comment pourrions-nous bien faire notre travail si c’était le cas? Il faut garder une certaine distance émotionnelle et avoir la tête froide pour prendre des décisions rationnelles et faire un travail d’accompagnement et de gestion du risque efficace.
Oui, la criminologie c’est passionnant. Mais je le répète, pour la majorité d’entre nous, ce n’est pas rocambolesque comme dans CSI..
La Criminologue
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11:37
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Jan
18
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Depuis peu, une nouvelle série est diffusée sur les ondes d’AddikTV, L’école du crime. Voici la brève description que l’on retrouve sur le site Internet d’AddikTV concernant la série-documentaire:
«L’école du crime» nous propose de vivre des enquêtes vues à travers le regard de 6 étudiants qui étudient en criminologie dans l’une des plus prestigieuses écoles du monde en la matière, l’Université de Montréal.
J’étais enthousiaste à l’idée qu’une série télévisée porte sur l’École de criminologie de l’Université de Montréal, j’attendais donc avec impatience le premier épisode. Au terme de l’émission, j’étais un peu perplexe. En fait, j’ai trouvé génial de partager sur l’univers de la criminologie, mais j’ai trouvé que par moment, on donnait un peu trop dans le sensationnalisme. Deux citations savoureuses ont d’ailleurs attiré mon attention, que voici approximativement:
“Déboussolé par le départ de son frère [en appartement], Maxime se réfugie dans les concours de danse”.
“Avec un meilleur moral et une nouvelle coupe de cheveux réalisée par sa colocataire, Marine est prête à affronter à nouveau le monde sordide du crime”.
Même mon conjoint m’a dit, les yeux pétillants: “Je ne pensais que ton métier était si palpitant!”. Oui, mon métier me passionne, mais ce n’est pas comme dans les films et ce n’est pas romancé non plus. Comme je le répète sans cesse: ce n’est pas comme dans le film Le silence des agneaux, ni comme dans la série Fortier. J’ai eu l’impression que la façon dont les programmes de Criminologie et de Sécurité et études policières étaient présenté, cela avait un petit côté tape à l’oeil. Je prêche évidemment pour ma paroisse et que j’encourage les gens à se diriger dans ce domaine passionnant. Seulement, je crains que certains se forgent une idée erronée des programmes susmentionnés et s’y inscrivent pour être quotidiennement dans l’action et vivre des émotions fortes comme dans les séries policières. Des émotions fortes, oui nous en vivons, mais pas tous les jours de l’année! Et je ne vais pas non plus travailler le matin en me répétant que je vais combattre le “monde sordide du crime”. Oui, par les actions que je pose, j’ose espérer que j’aiderai quelqu’un à demeurer loin du milieu interlope et que contribue à protéger la société. Toutefois, je ne revêt pas mon costume de superhéroïne en lycra avant d’aller travailler le matin. De toute manière, rappelez-vous que je viens d’accoucher, vous ne voulez pas être aux prises avec cette vision d’horreur..!
Coup de chapeau à Maxime, en raison notamment de son travail de recherche auprès des victimes d’actes criminels. Dans le premier épisode, il était appelé à intervenir auprès d’une dame victime de violence conjugale et il était fort mal à l’aise de la questionner quant à la possibilité qu’elle soit aussi victime de violence sexuelle. Je me suis surprise à lui suggérer, à voix haute, des trucs pour qu’il aille au bout de sa question. Que voulez-vous, les fans de hockey vont crier des encouragements ou des insultes dans leur salon, moi c’est plutôt des pistes d’intervention. Mais rassurez-vous, je crie aussi dans mon salon quand j’écoute un match du Canadien. Le plus souvent, ces temps-ci, ce sont des insultes par contre..!
Dernière chose, je vous suggère de consulter les clips web exclusifs de l’épisode 1, où Jean Proulx, le directeur de l’École de criminologie, explique notamment dans quels domaines peuvent travailler les criminologues. Très intéressant. De toute manière, quand Jean Proulx explique quelque chose, c’est toujours intéressant. Je me souviens d’un cours qu’il m’a enseignée: Personnalité criminelle. C’était captivant du début à la fin et en plus, jamais il n’avait besoin de notes manuscrites, cet homme est une vraie encyclopédie.
Et vous, qu’avez-vous pensé de la série L’école du crime jusqu’à maintenant?
La Criminologue
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16:51
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Feb
3
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Hé oui, le compte à rebours est commencé, vous avez jusqu’au 1er mars pour faire vos demandes d’admission à l’université. C’est stressant hein!? Je vous racontais ici comment j’ai moi-même arrêté mon choix de carrière alors je sais tellement ce que vous vivez! Si jamais vous songez à étudier en criminologie, je peux peut-être vous aider à fixer votre choix selon les questions qui étaient le plus fréquemment posées.
1) Premièrement, non, vous ne pourrez pas faire la même job qu’Anne Fortier ou Clarice Sterling avec un baccalauréat en criminologie. Vaut mieux le savoir AVANT d’être admis, ça évite bien des déceptions.
2) Il faut avoir une bonne cote R pour être admis au baccalauréat spécialisé en criminologie. En 2009, la dernière personne acceptée dans ce programme, donné par l’Université de Montréal, avait une cote R de 28,04. Vous trouverez d’ailleurs ici les conditions d’admission du dit programme.
3) Pour ceux qui détiennent une cote R plus faible, vous pouvez faire une demande d’admission à la mineure en criminologie (1 an) dans le but d’améliorer vos résultats scolaires et être éventuellement admis au baccalauréat. C’est quelque peu difficile, mais faisable. À titre d’exemple, une de mes amies a attendu deux ans avant d’être admise au baccalauréat. Pas de panique, pendant ce temps vous faites des certificats reliés au domaines et plusieurs cours seront crédités par la suite. De toute façon, l’éducation est un investissement, les connaissances ne sont jamais perdues.
4) Il y a deux orientations possibles en criminologie, l’analyse et recherche clinique (étude de la criminalité, études concernant le fonctionnement des programmes sociaux) et la clinique (évaluation des délinquants et victimes ainsi que de l’intervention, comme moi!). Il faut faire une maîtrise en analyse pour oeuvrer le domaine tandis que les détenteurs d’un baccalauréat spécialisé en criminologie-orientation clinique trouveront aisément du travail avec leur diplôme de 1er cycle.
5) La première année du programme de baccalauréat est un tronc commun et il ne faut pas se décourager parce qu’elle est davantage axée sur les fondements de la science criminologique, qui est somme toute embryonnaire si on la compare, par exemple, à la médecine. Il faut avoir une bonne base de connaissances pour la suite.
6) Au terme de la première année d’études, on doit choisir si on s’orientera vers l’analyse ou la clinique. Cela déterminera le choix de cours pour la suite des études.
7) La dernière année du baccalauréat est consacrée au stage pratique. J’ai d’ailleurs décrit mon expérience ici. La durée du stage varie d’une à deux sessions selon le milieu choisi.
8 ) Les milieux où peuvent travaillers les criminologues sont assez variés: Voici intégralement le texte puisé sur le site de l’École de criminologie de l’Université de Montréal.
«La plupart des criminologues travaillent dans le cadre de programmes visant l’aide et la réinsertion des délinquants adultes ou juvéniles. Ils remplissent des fonctions d’évaluation, de suivi, de soutien et de référence. On les trouve dans des centres de détention et de réadaptation, des organismes chargés de veiller à l’exécution de travaux communautaires ou à l’application de mesures probatoires, des foyers de groupe, des maisons de transition, des organismes communautaires pour toxicomanes, jeunes en difficulté et victimes d’actes criminels, etc. Certains travaillent pour des services de police, des municipalités ou des ministères provinciaux ou fédéraux. Les criminologues peuvent en outre occuper des fonctions administratives ou assumer des tâches de recherche dans l’un ou l’autre de ces milieux.»
Je vous invite d’ailleurs à lire le livre de Jean Proulx, directeur de l’École de criminologie de l’Université de Montréal et responsable de l’unité de recherche de Délinquance sexuelle du Centre international de criminologie comparée (CICC), intitulé Profession criminologue (2006, Montréal : Presses de l’Université de Montréal). Voici d’ailleurs un extrait du livre que l’on retrouve sur la page de monsieur Proulx, sur le site du CICC:
«Dans l’imaginaire collectif, le criminologue est un être étrange qui pourchasse des tueurs en série. Bien que cette représentation ne soit pas totalement erronée, elle ne constitue pas l’essence du travail du criminologue. En fait, ce professionnel peut être impliqué dans chacune des étapes du système de justice, à savoir : 1) le support aux enquêtes ; 2) le traitement des criminels violents ; 3) l’évaluation des risques de récidive; 4) le suivi de criminels lors de leur réinsertion sociale ; 5) le support aux victimes d’actes criminels.»
Mais ce que j’aimerais que vous reteniez le plus de mon billet, c’est qu’il faut que vous choisissiez un programme d’études qui vous passionne. Nous travaillons durant presque toute notre vie, il est important oeuvrer dans un domaine qu’on aime et dans lequel on s’épanouit.
N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions et sachez que ça me fait toujours plaisir de savoir que plusieurs envisagent étudier en criminologie.
Bonne journée et faites-vite, la date limite c’est le 1er mars!
La Criminologue
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12:10
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