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DPJ

Jun
6
La Criminologue

C’est le billet du gamin qui menaçait d’appeler la DPJ parce que sa mère ne voulait pas lui acheter des popsicles qui m’a rappelé cette anecdote de mon enfance.

J’avais six ans, ma soeur trois. Nous étions allées à la pharmacie avec ma mère et comme c’était la fermeture, il y avait une masse de clients qui attendaient en file pour régler leurs achats. Ma mère se dirige vers la sortie et ma soeur nous suit lentement derrière. C’est alors que je lui crie : “Dépêche-toi chouchoune sinon maman va nous battre!”. Ne sachant pas ce que ça voulait dire, elle a accéléré quand même. Moi, j’avais appris ce jour-là ce que ça voulait dire de se faire battre par ses parents parce qu’on l’avait expliqué à l’école. Je voulais faire ma fraîche, donc j’ai “plogué” le terme aussitôt que j’ai pu.

Dans l’auto, ma mère n’a pas dit un mot, mais je savais qu’elle était fâchée. Je me suis dit que si je ne disais rien, ça allait peut-être passer. Ce que je pouvais être naïve..

Arrivées à la maison, elle m’a demandé, en tant qu’enfant battue, d’aller chercher un bâton au sous-sol pour qu’elle me batte avec. Comme nous étions en pleines rénovations, des bouts de bois, il y en avait à la tonne. Je ne vous ments pas, ça m’a pris une heure choisir le bâton avec lequel ma mère me battrait. Je ne voulais pas prendre le plus petit sinon elle allait penser que je jouais au plus fin et allait me demander d’en prendre un plus gros. Je ne voulais pas prendre le plus gros, je ne voulais pas avoir trop mal non plus.. Pendant que je choisissais minutieusement l’objet avec lequel ma mère me frapperait, j’ai longuement réfléchi et j’en suis venue à la conclusion que je n’aurais peut-être pas dû dire des choses pareilles à la pharmacie, que ça a mis ma mère dans l’embarras.

Je suis finalement montée voir ma mère au bout de cette heure de supplice avec un bâton de longueur moyenne. Quand je le lui ai remis, elle a soupiré et l’a mis de côté en me disant:

“Penses-tu vraiment que maman t’aurais battue avec un bâton? Maman t’a fait choisir un bâton pour que tu penses très sérieusement à ce que tu as dit, parce que c’est sûrement à ça que tu as pensé, dans le sous-sol (elle me connaît comme si elle m’avait tricottée!). Maman voulait que tu réalises que c’est très grave ce que tu as dis à la pharmacie, parce que des enfants battus par leurs parents, il y en a. Les petites tappes sur les fesses que maman peut te donner, ce n’est pas te battre ça. Avec ce que tu as dit tantôt, peut-être que les autres clients ont pensé que je te donnais des coups de poing, des coups de poing, que je te lançais sur les murs ou que te donnais des coups de bâtons. C’est ça que ça veut dire battre un enfant. Bon, viens faire me faire un calin, Aurore l’enfant matyre.”

J’ai aussi appris ce jour-là c’était qui, Aurore l’enfant martyre. Je me suis considérée chanceuse de vivre dans une famille où les seuls bleus que j’avais, c’était ma soeur de trois ans qui me les faisait en me mordant.

La Criminologue

La Criminologue
12:21
 
May
19
La Criminologue

On apprend dans un article paru ce matin sur Cyberpresse que Chantal Mercier et Errol Jean, le couple qui vivait au-dessus de l’appartement que partageaient Stéphanie Meunier et son conjoint, entendait “chaque jour des cris et des claquements de porte” provenant de l’appartement de Stéphanie Meunier. Selon madame Mercier, les cris étaient ceux d’un enfant et d’une femme. Le 6 décembre 2008, le jour de la mort du petit Jérémy Bastien-Perron, l’ex-voisine de Stéphanie Meunier a rapporté lors du procès qu’elle a encore une fois entendu des cris colériques provenant de l’appartement du dessous, “comme une grosse chicane, une grosse bataille” se déroulant entre une femme et un enfant.

Le couple Jean-Mercier n’a jamais appelé la police ou signalé la situation à la Direction de la protection de la jeunesse. Voici l’explication que monsieur Errol Jean a donné au jury: «Je ne me mêle pas des affaires des autres. Je ne savais même pas qu’il y avait cinq enfants en bas».

C’est dommage, mais bien des gens ne signalent pas des situations de maltraitance à la DPJ. Cependant, en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse, (LPJ) toute personne qui a:

“un motif raisonnable de croire que la sécurité ou le développement d’un enfant est considéré comme compromis au sens des paragraphes d) (abus sexuels) et e) (abus physiques) du deuxième alinéa de l’article 38 (de la Loi sur la protection de la jeunesse) est tenue de signaler sans délai la situation au directeur (de la protection de la jeunesse, à la DPJ autrement dit).”

D’ailleurs, selon l’article 39.1 de la LPJ, toute personne doit signaler les situations d’abus sexuels et physiques à la Direction de la protection de la jeunesse, et ce, sans égard aux moyens qu’auraient pris les parents pour mettre fin aux abus. Par exemple, vous savez que votre nièce a été victime d’attouchements par sa gardienne, mais les parents ont immédiatement cessé de la faire garder par celle-ci. Même si la situation de compromission a cessé, vous devez faire un signalement, c’est la loi. Aussi, tout professionnel qui prodigue des soins ou toute forme d’assistance à des enfants dans le cadre de ses fonctions, ou toute personne travaillant dans un établissement (policier, enseignant, personnel en milieu de garde) doit signaler toutes les situations de compromission, pas seulement les abus sexuels ou physiques. En vertu de l’article 38 de la LPJ, voici d’ailleurs les situations ou la sécurité ou le développement d’un enfant sont ou puissent être compromis: a) abandon, b) négligence (physique, au plan de santé ou au plan éducatif, c) mauvais traitement psychologiques (indifférence, dénigrement, rejet affectif, exposition à la violence conjugale), d) abus sexuels (gestes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique), e) abus physiques (sévices corporels, méthodes éducatives déraisonnables), f) troubles de comportement sérieux (si l’enfant agit de manière à porter atteinte à son intégrité physique et/ou psychologique ou à celle d’autrui).

Je suis d’avis que le couple Jean-Mercier, ou tout autre voisin de l’immeuble témoin malgré lui des cris, chicanes et altercations se déroulant dans le logement de Stéphanie Meunier, aurait dû signaler la situation à la Direction de la protection de la jeunesse, même si personne n’était certain qu’il s’agissait réellement de maltraitance physique. Toutefois, le fait que la voisine du logement au-dessus rapporte les termes “comme une grosse chicane, une grosse bataille” se déroulant entre une femme et un enfant me porte à croire que par déduction, il y avait de bonnes chances que ce soit de la maltraitance physique. Par ailleurs, l’Association des centres jeunesses du Québec indique que, peu importe de quel type de maltraitance il s’agit:

“Lorsque vos observations ou les propos de l’enfant vous donnent des motifs raisonnables de croire que sa sécurité ou son développement est compromis, FAITES un signalement.”

Trop de gens se ferment encore les yeux sur la maltraitance que vivent les enfants en besoin de protection. Certains disent que ce n’est pas de leurs affaires, ne veulent pas se mêler de l’éducation des autres, ont peur des représailles, craignent que les enfants ne soient placés (pourtant le placement des enfants constitue une mesure d’exception, la DPJ privilégie le maintien de l’enfant dans sa famille). Cependant, pendant qu’ils n’agissent pas, ces enfants continuent d’être victimes de mauvais traitements. La protection des enfants est l’affaire de tous; il faut signaler les situations où nous nous doutons que la sécurité ou le développement d’un enfant puissent être compromis. Le signalement se fait dans la confidentialité et même si vous n’êtes pas tout à fait certain que l’enfant se trouve réellement en situation de compromission au sens de la loi, c’est-à-dire que sa sécurité et son développement seraient compromis, ce sont des intervenants qui le détermineront. Voici d’ailleurs un document produit par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse dans lequel on retrouve des exemples de genre de situations où la sécurité ou le développement d’un enfant sont ou pourraient être compromis. Aussi, cela ne signifie pas que si un de vos signalements n’est pas retenu immédiatement, faute de preuves pour le faire, qu’il ne le sera pas la prochaine fois. Au moins, le signalement demeurera dans le système informatique et lorsqu’un prochain signalement surviendra, l’intervenant sera d’autant plus vigilant s’il y a déjà eu un signalement par le passé.

La protection des enfants est une affaire collective, c’est de notre devoir de dénoncer les situations où ils sont maltraités. Cela permet bien souvent de corriger le tir et éviter que la situation ne se reproduise. Pour avoir travaillé à la Direction de la protection de la jeunesse, j’ai été témoin de l’épanouissement de bien des enfants et également de leurs parents. Accepter la présence d’un travailleur social dans sa vie n’est pas chose facile, mais je peux vous dire que de belles réussites, il y en a. Vous seriez surpris du nombre de parents et d’enfants qui nous remercient au bout du compte. Si on peut éviter qu’un malheur comme dans le cas d’Aurore l’enfant martyre ou le petit Jérémy Bastien-Perron ne survienne, signalons leur situation. Je ne suis pas en train de dire que c’est la faute des voisins, ou toute autre personne au courant de la situation, si ces deux enfants sont décédés. Toutefois, peut-être que la situation aurait pris une tangente différente, peut-être pas, nous ne le saurons malheureusement jamais.

Signaler une situation de maltraitance envers un enfant c’est de lui venir en aide. Parce que les enfants constituent notre avenir, soyons là pour les protéger.

La Criminologue

La Criminologue
11:29
 
May
11
La Criminologue

J’ai été témoin il y a quelques temps d’une scène impliquant un des enfants les plus désagréables qu’il m’ait été donné de croiser dans ma vie. J’exagère à peine. Un gamin d’environ sept ans qui faisait l’épicerie avec sa mère et sa petite soeur, qui elle était tout juste assez grande pour s’asseoir dans le panier. Le petit faisait assez de boucan pour enterrer la musique de fond et il courrait dans tous les sens en tâtant les fruits et les légumes, grimpant dans les étagères, lançant des items dans le panier de sa mère. La dame était complètement épuisée. Elle tentait tant bien que mal de discipliner son fils et semblait réellement gênée par sa conduite. Une chance que sa petite soeur était sage comme une image parce que je pense que la mère se serait mise à faire la même danse du bacon que son fils a fait quand elle a refusé d’acheter des popsicles (on était en hiver..).

En trois occasions le gamin a déposé la boîte de friandises glacées dans le panier d’épicerie et par trois fois, sa maman l’a remise dans le congélateur. S’en est suivi un hécatombe: le petit s’est complètement désorganisé et hurlait sans fin. Pauvre madame, j’avais vraiment pitié d’elle. Je me suis retenue de poser quelque geste que ce soit, trop gênée de m’interposer entre les deux. Comment l’aurait-elle pris, se serait-elle sentie offusquée? Voyant qu’elle lui tenait tête malgré tout et tentant de se diriger tant bien que mal vers la caisse, son fils s’est mis à lui crier : “J’vais appeler la DPJ, je vais leur dire qu’à cause de toi je vais mourir de faim! Tu vas voir, je vais l’appeler, la DPJ!”. “Tu l’appeleras” qu’elle lui a simplement répondu.

C’est difficile de vous décrire comment je me sentais, je ressentais un mélange de compassion et de frustration. J’étais outrée de voir qu’un gamin avait le dessus sur sa mère, qui elle faisait vraiment de son mieux dans les circonstances. Visiblement, la mère avait besoin de soutien et de coaching, mais on voyait qu’elle persévérait.

Je me demande si le gamin a finalement appelé la DPJ pour signaler sa situation d’enfant susceptible de mourir de faim. J’imagine la scène où la personne qui traite son appel conclut que c’est finalement la maman qui en situation de compromission et a besoin d’être retirée de sa famille. Je sais bien que c’est impossible, mais si seulement vous aviez été là pour le voir de vos yeux, c’était quelque chose! Le pire c’est que je crois qu’avec un encadrement, des limites claires et de la persévérance, son comportement s’améliorerait beaucoup.

Et vous, ça vous est arrivé des situations du genre où vous auriez mis la switch à off avec votre enfant l’espace d’un instant? Allez les parents, videz-vous le coeur, ça va vous faire du bien!

La Criminologue

La Criminologue
13:23
 
Dec
20
La Criminologue

Ce n’est pas la première fois que je relate ici les termes entrés dans les moteurs de recherche qui amènent les lecteurs sur mon site. Certains y vont avec les traditionnels “La criminologue”, “Criminologie”, d’autres avec “mettre la main sur l’épaule d’une femme” (elle me surprend à chaque fois celle-là).

Je dois dire que ça m’a rendu inconfortable de voir que certains sont atteris sur mon blogue, la même journée, en tappant: “enfants nus”, “est-ce qu’un enfant de 5 ans peut avoir des envies (sexuelles?!)” et “peut-on prouver une sodomie?”.

Je peux très bien concevoir qu’un parent d’un enfant d’âge préscolaire fasse des recherches à propos des envies sexuelles de son enfant s’il a commencé à faire des jeux exploratoires avec les amis de la garderie. Mais j’ai des doutes à savoir que ce n’est pas de ça dont il est question. Si c’est une seule et unique personne qui a effectué les trois recherches, allez-vous faire soigner et ça presse. J’aimerais rajouter quelque chose de mon cru et je peux parfois l’être, crue, à un degré assez élevé quand je suis irritée.

Bon, ça va comme suit: “I hope you are prepared to be fucked by the long dick of the law!“.

22:55 Je viens de penser à ça, je l’ai la réponse à celui ou celle qui essaie de trouver si on peut prouver une sodomie. La réponse est oui. Et pour avoir travaillé à la DPJ, je dirais même que c’est facilement prouvable chez les enfants, qui doivent subir des examens médicaux complets lorsqu’un signalement est porté en abus sexuels et/ou physiques.

Fait troublant: il y a encore quelqu’un qui a trouvé mon blogue en tappant “enfants nus” et “peut-on prouver une sodomie”, aujourd’hui. Rien ne prouve qu’il s’agit de la même personne. Mais si tel est le cas, je la réfère au troisième paragraphe et à mes meilleurs voeux crus.

La Criminologue

La Criminologue
16:52
 
Apr
20
La Criminologue

On peut lire ici une histoire sordide de maltraitance d’une mère envers ses enfants. Âgée de quarante-quatre ans, la mère de huit enfants fait face à 14 chefs d’accusation de voies de fait, voies de fait graves et menaces de mort et son procès a débuté hier au Palais de justice de Montréal.

Selon les dires de sa fille de dix-sept ans, la dame aurait frappé au moins un de ses enfants à chaque jour et aurait même tenté de la noyer sur la grève du parc Bellerive, en 2007. Toujours selon l’adolescente, sa mère consommerait régulièrement de l’alcool et de la marijuana et l’aurait déjà obligée à manquer l’école pour s’occuper de ses frères et soeurs, encore bébés, et à faire le ménage alors qu’elle était en état de crise. Qui plus est, sa mère l’aurait souvent traitée de «chienne», «vache», «salope» et «pute», ce qui l’aurait amenée à avoir des pensées suicidaires. Sa soeur aînée, quant à elle, affirme que sa mère l’a un jour frappée à un point tel qu’elle en a eu le pied cassé. En guise de cadeau d’anniversaire, à l’occasion de ses dix-huit ans, elle aurait reçu de sa mère un coup de poing en plein visage.

Pourquoi la Direction de la protection de la jeunesse n’a pas intervenu plus tôt dans cette famille? L’adolescente de dix-sept ans explique que la fratrie avait déjà été questionnée par des intervenants de la DPJ par le passé, mais chacun affirmait alors qu’il ne se passait rien d’inquiétant dans leur famille. Voici d’ailleurs ce que je la jeune fille rapporte à propos des avertissements de sa mère à ce propos:

«Ma mère nous disait tout le temps que ça allait être pire si ont était placés par la DPJ, qu’on se ferait violer, pis abandonner dehors en plein hiver»

On comprend que les enfants auraient vécu dans un climat de terreur, chapeauté par la loi du silence..

Bien des gens croient, à tort, que le mandat de la DPJ est de retirer les enfants de leur famille. En fait, notre mission est de mettre un terme à la situation de compromission, faisant en sorte que la sécurité ou le développement d’un enfant est ou peut être compromis, et ensuite en prévenir la récurrence. Toutes nos interventions doivent tendre à maintenir l’enfant dans son milieu naturel autant que possible.

Alors de grâce, lorsque vous croyez que la sécurité et le développement d’un enfant est compromis, faites un signalement. Votre identité est confidentielle et des intervenants dûment formés détermineront s’il y a lieu de poursuivre l’investigation ou non. Même si vous vous sentez impuissants face à la détresse que peut vivre un enfant, vous aurez contribué à la protection de ce dernier en demandant à des autorités compétentes d’évaluer sa situation et de la prendre en charge. Et n’oubliez pas, selon la Loi sur la protection de la jeunesse, tout le monde a le devoir de signaler des situations d’abus sexuels et/ou physiques. Si la DPJ était intervenue plus tôt dans cette famille, j’ose croire que les dégâts auraient pu être beaucoup moins sévères pour les enfants. Je tiens d’ailleurs à leur souhaiter de passer au travers le procès de leur mère sans trop d’égratignures.

La Criminologue

***

Vous pouvez cliquer ici pour obtenir les coordonnées afin de faire un signalement.
La Criminologue
20:33
 
Apr
16
La Criminologue

Chers parents d’enfants-rendus-adultes-qui-ne-veulent-pas-quitter-le-nid-familial-malgré-leurs-30-ans-bien-sonnés, j’ai le regret de vous informer que la Direction de la protection de la jeunesse ne peut vous prodiguer des services. Ils sont en effet réservés aux enfants de 0 à 17 ans inclusivement et non pas aux grands enfants qui dépendent encore de leur maman pour faire leur lavage et leur ménage. Et même s’ils étaient autonomes à ce niveau, ça inclut même ceux qui jouent à World of Warcraft dans leur sous-sol à longueur de journée. Bref, pas moyen de profiter d’une faiblesse de la loi en ce sens, elle est blindée contre les Tanguy.

Au mieux, vous pouvez louer le film du même nom et le faire jouer en boucle jusqu’à ce que votre enfant comprenne le message, ou à tout le moins, se ramasse et songe à voler de ses propres ailes de votre vivant.

Sincèrement désolée,

La Criminologue

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23:29
 
Apr
15
La Criminologue

Au magasin, tout à l’heure, le vendeur m’a demandé dans quel domaine je travaillais. Lorsque je lui ai répondu que j’oeuvrais dans un centre jeunesse, son expression faciale voulait dire: ark-moi-je-ne-ferais-jamais-cette-job-là et il a cru bon d’ajouter:

«Un de mes chums, qui vient de prendre sa retraite, travaillait lui aussi pour la DPJ. Eh oh mon Dieu, il a le visage tout magané, ses traits sont tirés par toutes les horreurs qu’il a vu pendant toutes ces années: des enfants battus, des p’tites filles violées.. En tout cas, vous faites un travail difficile madame.»

Je n’avais ni la force, ni l’envie de poursuivre cette discussion. Je n’ai répondu qu’un simple: «À chacun son métier!»

Bien qu’il est évident que certains domaines soient exigeants, je ne suis pas d’avis que seules certaines personnes peuvent exercer le métier d’intervenant. Tant qu’on n’a pas essayé un emploi en particulier, je crois qu’on peut difficilement affirmer qu’on ne possède pas les capacités nécessaires ou qu’on ne serait pas à la hauteur. Combien de fois ai-je entendu: «Je ne ferais pas ton métier, oh que non! Je ne serais jamais capable.» Et pourtant, cette personne me semblait avoir de bonnes habiletés en intervention.

J’aimerais souligner qu’aucun intervenant n’est excellent en commençant. Certains ont de meilleures habiletés à la base, d’autres doivent fournir davantage d’efforts pour améliorer leur style d’intervention. On rencontre tous des clients difficiles, c’est normal. Mais on met les chances de notre côté en étant respectueux, compréhensif, empathique, patient, chaleureux et ferme à la fois. C’est ma façon de procéder avec les gens et même si ça ne fonctionne pas à tout coup, parce que oui, des fois je tombe sur des freaks, ça passe généralement bien. Je vous mettrais au défi d’essayer et vous seriez surpris d’être pas pire du tout en intervention.

Et vous, dans quel domaine oeuvrez-vous? J’aimerais ça, moi aussi, pouvoir dire: «Ouf, je ne serais pas capable de faire ta job!».

Sur ce, je vais au lit. Peut-être qu’en ayant de saines habitudes de vie, j’aurais le visage moins magané rendue à la retraite ;)

La Criminologue

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22:18
 
Apr
1
La Criminologue

Dans mon nouvel emploi, je ne fais plus affaire avec des criminels qui ont cassé la gueule, battu, violé, etc., des autres adultes, mais à des enfants dont le sécurité et le développement sont ou peuvent être compromis. Dans certaines situations, ce sont des adultes qui ont cassé la gueule, battu, violé, etc.. des enfants, leurs enfants. Je vais devoir m’habituer à ce changement de clientèle pour intervenir efficacement auprès de celle-ci.

Cette semaine, j’ai été occupée principalement par un cas d’abus physique et je me suis mise à me questionner. La plupart d’entre nous ont reçu des corrections physiques de la part de nos parents lorsqu’ils étaient jeunes. Pour ma part, quand j’étais vraiment tannante, il y avait généralement trois étapes:

1) Mes parents m’appelaient par mon nom, pour me signifier de cesser mon comportement inadéquat. Habituellement, ça s’arrêtait là.

2) Voyant que je recommençais de plus belle, mes parents m’appelaient par mon nom de famille. Là, je savais que l’élastique allait casser. C’est rare que je me rendais jusqu’à ce point.

3) Dans de rares cas, mes parents pouvaient me tapper les fesses ou me serrer un bras.

Je me considère chanceuse, contrairement à certains, d’avoir grandi dans un milieu sain et positif à mon épanouissement. Je me rends compte que bien des enfants n’ont pas cette chance. C’est pour ça que nous travaillons, à faire en sorte que les enfants grandissent dans un environnement sain et favorable à leur développement.

Je me demandais si, dans les familles de monsieur/madame tout le monde, les corrections physiques étaient répandues. Trouvez-vous normal d’y avoir recours à l’occasion? Il me semble que les méthodes éducatives sont davantages axées sur la compréhension des besoins de l’enfant et le dialogue avec ce dernier, comparativement à il y a 25 ans disons. Est-ce que je me trompe? C’était comment quand vous étiez petits, dans quel genre d’environnement avez-vous évolué?

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20:11
 
Mar
27
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Hé oui, j’attendais d’avoir la confirmation avant de l’annoncer ici: je changerai sous peu de milieu de travail. D’agente de surveillance je passerai à agente de relations humaines à la D.P.J. Non pas que je n’aimais plus mon travail, loin de là, mais la conjoncture de l’endroit où je travaillais a fait en sorte que je me suis retrouvée sans emploi par manque de travail. Une amie à moi, qui travaille déjà pour la D.P.J., me parlait beaucoup de son métier, qui semblait fort intéressant. Comme il y avait des ouvertures, je me suis dit que j’allais tenter ma chance.

Je me dis qu’en étant encore sans enfant, je peux me permettre d’essayer des emplois différents pour voir ce que je préfère. Je dois par contre avouer que de commencer un nouvel emploi dans un domaine où je possède peu de connaissances m’insécurise beaucoup. Mon expérience de travail tourne essentiellement autour de la clientèle judiciarisée adulte. J’étais confortable dans les fonctions que j’occupais puisque je gagnais de plus en plus d’expérience. Je dirais que ça prend environ six mois avant de se sentir à l’aise dans un nouvel emploi et c’est cette période de temps que j’apprécie le moins. Tu as beau avoir de l’expérience, tu es toujours considérée comme la nouvelle, tu dois faire ta place et ton nom, tant envers tes collègues que la clientèle. Il y a aussi toutes les connaissances à assimiler. Par exemple, quand cette étape est franchie, ça fait beaucoup d’énergie qui peut être consacrée à autre chose que l’adaptation et l’apprentissage; on peut se concentrer pleinement sur notre rôle d’intervenant.

J’aurais pu attendre que le Service Correctionnel du Canada me rappelle, puisque je suis sur un bassin de candidats. Cependant, j’aime mieux provoquer les choses que d’attendre qu’elles viennent à moi. C’est comme ça qu’on a un plus grand pouvoir sur sa vie.

J’exerçais un métier que j’adorais, mais je crois que de travailler à la protection des enfants est une noble cause. Je vais me donner le temps de voir si j’aime ou pas. Chose certaine, je n’ai jamais baissé les bras et je suis prête à relever le défi.

Mes nouvelles fonctions me donneront plein de nouvelles idées pour des articles ici, j’ai bien hâte de partager ça avec vous!

Si vous avez le temps, la semaine prochaine, pourriez-vous avoir une petite pensée pour moi, je suis sûre que vos ondes positives vont m’aider!

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11:27
 
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Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

Pour me joindre: lacriminologue@live.fr

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