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Jul
12
La Criminologue

Non, on ne se fout pas des victimes

Ce n’est pas parce qu’on travaille avec des criminels qu’on se balance de leurs victimes. Seulement, nous ne travaillons pas avec elles, nous n’avons pas de contacts avec elles. Cela ne nous empêche pas d’essayer de responsabiliser le délinquant face au tort qu’il a commis à autrui. Nous ne passons pas notre temps à parler des victimes parce qu’il y a notamment un danger de faire du contre-transfert et que le processus de réinsertion sociale comporte d’autres éléments. Cependant, nous abordons le sujet en entretien clinique en tentant d’amener les clients à réaliser l’impact qu’ils ont eu dans la vie des victimes et de leurs proches. Pour ma part, ça ne me gêne pas d’aborder la victimisation et je n’hésite pas à refléter par exemple une attitude de je-m’en-contrefiche par rapport aux victimes. C’est important que les contrevenants réalisent l’impact qu’ils ont eu et qu’ils peuvent avoir sur les autres, ça fait partie du processus de responsabilisation. Ça peut m’arriver de dire: “T’es grand, t’es bâti, t’as pas l’air sympathique. J’ai pas de misère à croire que fâché ou intoxiqué tu fasses peur à quelqu’un. Moi, être la petite caissière où t’as fait ton hold-up, tu m’aurais sûrement traumatisée.” Certains s’en fichent (ça, moi, ça vient me chercher et je n’hésite pas à le dire), d’autres vivent un profond malaise face au mal qu’ils ont causé. C’est parfois plus facile de continuer de nier que les victimes ont vécu un traumatisme: ça fait moins mal, on n’a pas à gérer les émotions négatives qui viennent avec. Il y en a aussi qui participent à des programmes de justice réparatrice où ils reconnaissent le tort causé et où ils tente de réparer, à la victime et à la société, le dit tort.

Chaque délinquant aborde le thème différement et nous tentons d’amener les clients à reconnaître le mal qu’ils ont causé afin d’améliorer leur conscience sociale. Ainsi, en travaillant aussi sur la responsabilisation du justiciable, nous essayons de minimiser les chances de récidive et l’amener à adopter un comportement prosocial à l’avenir. Nous sommes témoins de belles réussites, comme de lamentables échecs..

Ce que je peux dire, en terminant, c’est que la majorité des intervenants qui oeuvrent auprès d’une clientèle judiciarisée est d’accord pour dire que les victimes d’actes criminels n’ont pas assez de place et de reconnaissance dans notre système judiciaire. Même si on travaille avec des criminels, on essaie aussi de travailler pour les victimes.

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22:03
 
May
6
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J’ai loué un livre intitulé Le sottisier des crimes stupides de l’auteur Steve Moore, où on retrouve plein d’anecdotes réelles de crimes s’étant déroulés de manière farfelue. Laissez-moi vous dire qu’on se demande où certains avaient la tête ce jour-là, parfois on se demande même si c’est inventé!

Je vous raconte les deux premières histoires qui m’ont fait éclater de rire.

” Travion Davis, 19 ans, était persuadé que la police le reconnaîtrait à ses vêtements quand il décida, en juillet 1993, d’attaquer une banque de Los Angeles. Il se déshabilla donc entièrement avant de commettre son forfait (forfait, banque, quel jeu de mots ne trouvez-vous pas?!) et repartit avec 15 000 dollars dans deux sacs à provisions. Évidemment, la vision d’un homme nu courant dans la rue avec deux sacs bourrés de billets de banque de manqua pas d’attirer l’attention des adjoints du shérif, qui se lancèrent à sa poursuite avant de l’attraper et de le jeter en prison.” page 8

“En février 1995, Alvin Toffeebee fit la queue dans une banque de l’Alabama avant de brandir son arme et d’exiger une belle somme en espèces. Le caissier lui dit qu’il s’était trompé de file, et Alvin attendit pendant encore vingt minutes. La police eut tout le temps d’arriver et de l’arrêter.” page 10

J’espère que ça vous aura tiré un petit sourire en cette dernière journée de la semaine. On lâche pas, il paraît que la grisaille va disparaître ce week-end et qu’il fera beau! Bon vendredi tout le monde!

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8:30
 
Oct
20
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Hier, l’annonce du plaidoyer de culpabilité du colonel Russell Williams a beaucoup fait jaser à la maison de transition. Beaucoup s’insurgeait contre l’horreur des délits commis par Williams, rapportant les propos de différents spécialistes s’étant prononcé sur le cas en affirmant qu’il n’y avait pas de traitement possible pour lui puisqu’il n’aurait aucune emprise sur un psychopathe. D’autres affirmaient qu’il méritait la peine de mort pour tout le mal qu’il a fait autour de lui. Bref, ils étaient renversés par l’horreur des gestes qu’il a commis et ils espéraient pour la plupart qu’il obtienne un châtiment exemplaire.

Ils ont été sidérés d’apprendre que Williams percevrait tout de même sa pension militaire, clamant qu’il ne la méritait pas. Cependant, quand on leur rappelait qu’il était possible que le gouvernement Harper prive les détenus de leur pension de vieillesse, ils affirmaient que ce n’était pas pareil (!). Tous s’entendaient pour dire qu’il n’allait pas avoir la vie facile en prison parce que les criminels ayant commis des délits de nature sexuelle sont généralement les bêtes noires de l’endroit. Williams sera assurément incarcéré dans un établissement à sécurité maximum, dans un département de protection, cloîtré vingt-trois heures sur vingt-quatre dans sa cellule. Bien que nous leur rappelions qu’ils avaient eux aussi commis des délits, c’était intéressant de voir l’opinion qu’ils avaient de l’affaire, faisant tous valoir des principes de justice, d’équité et de respect des lois. Dommage que certaines les mettent de côté, ces principes, quand vient le temps de transgresser les lois. Mais peut-être qu’encore une fois, dans leur cas c’est pas pareil (!)..

Tout comme ses prédessesseurs, notamment Karla Homolka, il y aura un article dans les médias à chaque fois qu’il fera une demande de libération ou qu’il sera libéré. L’histoire sera toutefois rapidement eclipsée par une autre, puis une autre, puis une autre.. Mais n’empêche que jamais nous ne pourrons l’oublier.

Tout ça pour dire que même ceux qui ont commis de graves délits et ont un système de valeurs élastiques étaient ébranlés par les gestes qu’à posés le colonel Williams.

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11:46
 
Mar
26
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Je trouve dommage que lorsqu’on tombe sur un nouveau blogue, on ne lit souvent que les derniers articles, ce qui ne nous donne pas un aperçu authentique du blogue en question.

Éric, un habitué du blogue, m’a suggéré de créer une section regroupant les billets les plus intéressants. Eh bien c’est fait, cette section est maintenant située en haut du titre du blogue, intitulée «Top 10 meilleurs billets».

Les nouveaux lecteurs découvriront des textes sur la psychopathie et sur les criminels qui nous ont le plus marqués. Les habitués pourront redécouvrir ces billets et peut-être même qu’ils s’apercevront qu’ils en avaient loupé un!

Bonne lecture à tous et bonne fin de semaine!

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16:01
 
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Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

Pour me joindre: lacriminologue@live.fr

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