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May
31
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L’information arrive au compte-goutte dans l’affaire Magnotta, où un jeune homme connu sous le nom de Luka Magnotta aurait filmé l’assassinat de sa victime, pour ensuite s’adonner à des actes de nécrophilie et de cannibalisme sur son cadavre. La vidéo serait d’ailleurs encore disponible sur le web et ne comptez pas sur moi pour aller la visionner. Je n’ai pas cette curiosité malsaine d’être témoin de la mort de quelqu’un et de voir son cadavre profané, mutilé, mangé..
Cette histoire nous révèle la barbarerie poussée à son paroxysme, le pire de l’être humain. Et pourtant, des cas comme celui-ci, il y en a eu d’autres, et il y en aura d’autres. Heureusement, il s’agit d’une minorité quand on se réfère à l’ensemble des crimes commis, mais n’empêche que ça existe. Je dois avouer que ça me fout un peu la trouille de savoir que des barbares puissent commettre des actes aussi ignobles. On a souvent l’impression que ça n’arrive qu’ailleurs, dans des endroits qu’on ne connaissait pas, où nous n’aurions jamais mis les pieds de toute manière. Comme si cette distance nous protégeait en quelque sorte d’être victime de ce genre de crime. Mais l’affaire Magnotta, c’est arrivé tout près: au Québec, à Montréal! Sans entrer en mode paranoïa et empêcher nos enfants de sortir dans la rue, je crois qu’il faut simplement avoir conscience qu’on ne vit pas à Fairyland. Rien ne peut nous garantir qu’on ne sera jamais victime d’un acte criminel, mais certaines pratiques plus à risque nous prédisposent à faire partie des statistiques policières. Pourquoi? Parce qu’elles nous rendent plus repérables, vulnérables. Sans aborder le sujet en long et en large, on peut rapidement nommer le fait de se promener seul le soir, de fréquenter des endroits où des activités criminelles sont commises, mentionner sur les réseaux sociaux qu’on est seul à la maison ou que celle-ci sera vide parce qu’on part en vacances, etc. Sans être peureux, je recommande d’être prudent.
Bon, l’affaire Magnotta maintenant. Comme je l’ai mentionné plus tôt, je n’ai pas visionné la vidéo, donc c’est du matériel que je ne peux analyser. Ceci dit, les informations divulguées sur le web me permettent d’émettre l’hypothèse que la pratique que l’on y a vue était du cannibalisme sexuel. Comparativement au cannibalisme d’agression où l’agresseur, envahi par un sentiment de pouvoir et de contrôle, mange sa victime pour atteindre un état ultime de domination sur celle-ci, le cannibalisme sexuel implique une sexualisation de la consommation de chair humaine. Souvent, la personne qui s’adonne à ce genre de pratique ressent un immense plaisir sexuel pendant la perpétration du crime, ou simplement à l’idée de dévorer quelqu’un. Il appert également qu’il s’agisse d’une forme de sadisme sexuel où s’accompagne fréquemment des actes nécrophiles. La littérature nous apprend que souvent, la victime était quelqu’un de qui l’agresseur était attiré sexuellement. Certaines personnes ont déjà affirmé avoir pratiqué du cannibalisme sexuel pour atteindre une union sexuelle ultime avec la victime. Même si peu d’études ont été conduites sur le sujet, il appert que les cannibales sexuels s’adonnent à ce genre de pratique également pour évacuer une tension sexuelle qui les habite.
Comment devient-on cannibale? Il ne règne pas de consensus sur la question. On sait par contre qu’il s’agit d’une pratique qui perdure depuis la nuit des temps et qui est encore d’actualité dans certaines régions du globe. Rites sacrificiels dans les traditions alchimiques, rites religieux chez les Aztèques, cannibalisme de famine lors de période de grande famine, cette pratique controversée a traversé les époques. De nos jours, les chercheurs ont évoqué la thèse du violent choc émotif durant l’enfance, plus principalement lors du sevrage du bébé, comme prédisposant à des pratiques cannibales. Pour d’autres, ce serait une réponse psychologique à la colère et la frustration. Un point par contre sur lequel les chercheurs semblent s’entendre, soit le fait que plusieurs cannibales ont été diagnostiqués schizophrènes ou présentent un autre désordre de la personnalité.
Notons que dans mes cours à l’université, nous avons peut-être abordé le cannibalisme sexuel une fois, voire deux. Et très rapidement. Comme ce n’est pas la catégorie de criminels avec qui nous sommes amenés à travailler, nous ne nous renseignons généralement pas sur leurs caractéristiques. C’est en ayant lu sur le sujet que je suis en mesure de vous dresser un bref portrait, mais un psychiatre ou un criminologue spécialisé en meurtriers sexuels pourraient davantage nous éclairer à ce propos.
Pourquoi maintenant l’auteur du délit aurait envoyé un pied au parti conservateur, je n’en ai pas la moindre idée. Pourquoi le pied et pas la tête, je n’en sais rien. Peut-être que d’autres informations viendront s’ajouter et nous renseigneront sur les motifs du tueur, on verra..
J’allais commencer la préparation de mon souper, mais avec tout ça, je n’ai plus tellement faim. J’espère ne pas vous avoir coupé l’appétit à vous aussi..
La Criminologue
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16:45
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Un bref sursaut de motivation?
Qu’est devenu votre enfant alors que vous écriviez? tststs!
Est-ce que le profil de la personne pourrait satisfaire au profil type des tueurs en série? Ainsi, à ce que je sache, les tueurs en séries sont surtout de race blanche. Mais pour les autres caractéristiques?
“Agent Starling, entendez-vous toujours les agneaux le soir?”
Un petit verre de Chianty avec cela?
Je ne suis pas spécialiste en la matière, mais ne serait-il pas possible qu’éventuellement, on essaie de le faire déclarer délinquant dangereux, étant donné la nature brutale et odieuse de son crime ?
Ceux qui se voient attribuer l’étiquette de délinquants dangereux ont commis un ou des délits causant des sévices graves à la victime et ils doivent représenter une menace pour la sécurité physique ou mentale d’autrui. Les délits d’extrême violence et les prédateurs sexuels qui ne démontrent aucun contrôle de leurs pulsions sont ceux qui se font habituellement déclarer délinquant dangereux. Tous les délinquants dangereux purgent alors une peine de détention indéterminée. Ils demeureront incarcérés tant et aussi longtemps qu’ils représentent un risque pour la société. Comme Magnotta est accusé de meurtre au premier degré, qui s’accompagne d’une peine d’emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans si reconnu coupable, il ne peut pas se voir attribuer l’étiquette de délinquant dangereux par le juge. Advenant qu’il soit reconnu coupable, il pourrait ne jamais sortir de prison puisqu’il purgerait une peine d’emprisonnement à vie de toute manière. Les délinquants qui sont qualifiés de “dangereux” par le juge le sont pour des infractions pour lesquelles ils n’écoperaient pas de la prison à vie.
Bonjour Madame Criminologue,
sachant qu’il possède sûrement plusieurs troubles reconnus comme étant mentaux, il est possible qu’il soit transféré à l’institut Philippe-Pinel. Il va s’en dire qu’il y a quelques cas semblable entre les murs de cette institution et je crois qu’ils ne finissent jamais par regagner leur liberté, mais nous ne sommes jamais sur. De toute évidence, ce jeune homme a dû tuer plus qu’une fois avant d’avoir commis celui-ci. Il apparaît impossible qu’il passe de tuer deux chatons à tuer, démembrer et manger sa victime d’un seul coup. Nous avons donc vu depuis les derniers jours des enquêtes reprendre leur cours dû aux similitudes du mode opératoire et de la signature. Il est clair pour moi que Magnotta est un tueur en série, un sadique sexuel qui prend plaisir à reproduire des scènes de films qui ont réveillés chez lui des fantasmes. Étant très narcissique de nature, je suis d’avis qu’il souhaitait se faire arrêter pour premièrement, faire son spectacle (ceci explique aussi sa motivation à mettre le vidéo de son crime sur internet) et je crois qu’il commençait réellement à perdre le contrôle de ses pulsions sexuels et narcissiques. Nous n’avons pas tout vu de ce jeune homme. Il nous réserve des surprises et il va vouloir que l’on parle de lui. Malheureusement, les médias le nourrissent en lui donnant beaucoup d’attention et de visualité. Au niveau des pulsions sexuels, il apparait clair qu’il est un sadique, qui aime contrôler et qui a besoin de se sentir supérieur.
Bref, nous allons régler quelques cas de meurtres non résolus dans le passé. Espérons que Magnotta reste réellement derrière les barreaux pour le restant de ses jours car nous savons, qu’il est très rare que rendu à ce stade, il y ait encore un peu d’humanité et d’empathie au coeur de cet être.
Votre commentaire est intéressant. Ceci dit, il faut faire attention dans les diagnostics qu’on serait tenté d’apposer puisque nous ne possédons pas les qualifications requises pour le faire, d’autant plus que nous n’avons pas rencontré l’individu dans le cadre d’entretiens cliniques. Aussi, même si tout ce qui circule est plutôt accablant, n’oublions pas que Luka Rocco Magnotta bénéficie encore de la présomption d’innocence et que certains propos peuvent lui porter préjudice. Je prends la peine de le préciser ici puisque j’ai vu des avocats bien pointilleux menacer des personnes pourtant bien intentionnées d’entamer des poursuites pour atteinte à la réputation.
Merci beaucoup pour ces explications détaillées. Ce n’est pas toujours bien expliqué dans les médias d’information ce genre de chose. Maintenant, je comprends ce que ça veut dire.