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Cette semaine, un homme m’a contactée pour demander de lui accorder un pardon puisqu’il a des antédécents judiciaires. Je lui ai alors indiqué que seule la Commission des libérations conditionnelles du Canada détient le pouvoir d’accorder des pardons. Cependant, je lui ai demandé l’autorisation de partager avec vous le courriel qu’il m’a envoyé puisque si les informations qu’il m’a livrées sont véridiques, on peut parler d’un bel exemple de réinsertion sociale. Beaucoup croient, à tort, qu’un criminel demeurera en marge de la société toute sa vie et qu’il vaut mieux jeter la clé pour protéger la société. Mais avec de la volonté et en se dotant des bons outils, il est possible de réintégrer une société pour laquelle l’individu est un acteur positif, tout en demeurant respectueux des lois.

Voici donc la demande de pardon de Michel C., de Québec:

Québec, lundi 30 janvier 2012
Objet : Puis-je obtenir “mon pardon” ?
________________________________________________________
Bonjour,

Mon nom est Michel C., j’ai 43 ans ; je suis né le 2 juillet 1968.

En juillet 2003, une beuverie (et ce fut ma dernière) en compagnie d’un ami de l’époque s’est soldée par une accusation d’agression de nature sexuelle contre moi, gestes déplacés posés à l’endroit de la fille de cet ami, laquelle était alors âgée de 14 ans.

Une plainte fut déposée au Service de Police de Québec au début du mois d’août 2003, et on m’a arrêté, puis relâché le même jour.

Néanmoins, en février 2005, le Juge m’a indiqué de ne plus poser de tels gestes (attouchements inappropriés) et il m’a condamné à 50 heures de travaux communautaires. C’était pour moi une première expérience judiciaire et, croyez-moi, j’ai bien frais en mémoire ce bien mauvais souvenir ; lorsqu’on m’a condamné, la Procureur de la Couronne a indiqué au Juge que la jeune fille avec laquelle je m’étais mal comporté était remise de ces émotions et qu’elle n’avait pas eu besoin de soins psychologiques. Cela peut sembler anodin mais j’ai été soulagé d’entendre cette affirmation puisque cette jeune fille était quelqu’un de bien.

Depuis, j’ai eu à vivre en novembre de la même année (2003) le deuil de ma soeur qui fut impliquée dans un bête accident de la route causé par un chauffard ivre. Bref, deux événements qui m’ont éloigné à jamais, je le souhaite, de l’alcool. Ça fera 8 ans en août prochain que je ne consomme plus d’alcool : j’ai vécu ses méfaits en agissant mal auprès d’une jeune fille, et j’ai vu à travers le chauffard ayant fauché la vie de ma soeur jusqu’où l’alcool peut conduire.

J’ai vécu une dépression sévère en guise de conclusion à l’année 2003 qui fut ponctuée par les 2 événements terribles décrits précédemment. J’ai dû cesser de travailler. Cependant, lorsque j’ai retrouvé un peu d’équilibre, jesuis allé compléter un baccalauréat à l’Université Laval, tout en étant “chef” de famille monoparentale.

Je dois poursuivre mon parcours académique en août prochain (2012) en m’inscrivant en Maîtrise, mais cette fois à l’Université de Montréal puisque le programme offert correspond mieux à mon cheminement.

Enfin, parlant de cheminement, j’aimerais vous demander de m’accorder ”mon pardon” ; je serais vraiment soulagé de ne plus avoir à trainer ce boulet et je serais grandement encouragé à la seule pensée de pouvoir me trouver un emploi après mes études.

Croyez-vous cela possible ? Je me suis mal conduit en juillet 2003, ça fait presque 9 ans et on m’a condamné en février 2005, ça fait 7 ans. J’ai une bonne conduite et, avant ce mauvais épisode, je n’avais aucune tache à mon parcours de vie.

Merci de votre attention et pour votre compréhension. Bonne journée !

Sincèrement,

Michel C.

Québec, QC

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4 Responses to “Un exemple de réinsertion sociale”

  1. Nad says:

    Je suis mitigé quand on parle de réinsertion social dans un cas comme celui la…

    • Pour quelles raisons? Il est vrai que l’homme en question n’a pas été incarcéré et que l’épisode semble être un évènement isolé. Peut-être qu’il serait plus juate de parler de s’être repris en main? Certains auraient perpétré des gestes similaires par la suite, mais cet homme a immédiatement mis un terme à son cycle délictuel, ce qui est tout à son honneur.

  2. Guy says:

    C’est une belle histoire si seulement elles étaient toutes comme ça.

  3. François Racine says:

    C’est un bel exemple de réinsertion sociale. Je suis convaincue que la réhabilitation fonctionne et cela pour la plupart des criminels. Il faut du temps et des efforts mais dans le cas présent, la personne s’est prise en main ce qui est encore mieux.

    C’est le genre de lettre que l’on ne verra jamais à la télé ou dans les journaux car cela ne fait pas vendre. Je suis reconnaissant que vous ayez pris la peine de publier ce fait.

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Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

Pour me joindre: lacriminologue@live.fr

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