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La Criminologue
Oct
17
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N’est-il pas plus tabou que la violence conjugale? Pour certains, il ne faut pas se mêler de ce qui se passe chez les voisins: ça les regarde, ce ne sont pas de nos affaires. Beaucoup de préjugés circulent par rapport à ce type de violence, très insidieux. Un des plus populaires est que la femme doit aimer se faire violenter puisqu’elle décide de poursuivre la relation malgré tout. Pis, ce serait même elle qui serait responsable des comportements violents de son ou sa partenaire. Il y a aussi le préjugé voulant que seules les femmes soient victimes de violence conjugale, et pourtant, bien des hommes en sont victimes également. Pour ceux et celles qui croyaient que ce genre de violence sévissait principalement chez les couples défavorisés, sachez que personne n’est à l’abri. En effet, on retrouve le phénomène dans toutes les cultures, peu importe la religion ou le statut social.

La violence conjugale ne se traduit pas uniquement par des passages à l’acte de violence physique. Sans être victime de coups et blessures, il y a aussi les insultes, le dénigrement, isoler volontairement l’autre de ses proches, ce qui constitue de la violence psychologique. La violence conjugale comporte aussi un volet sexuel, c’est-à-dire de contraindre l’autre à avoir des rapports sexuels sans son consentement, et un volet économique, qui implique la prise de contrôle des finances du conjoint. En contrôlant son budget et en refusant de lui donner de l’argent, par exemple, l’agresseur s’assure ainsi d’avoir le contrôle sur sa victime.

Dans le cadre de mon travail, j’ai eu à travailler tant avec les victimes de violence conjugale que les agresseurs. C’est une dymanique tellement complexe, telle une tumeur qui a fait des ramifications dans toutes les sphères de la vie de la victime, que c’est parfois difficile à composer avec en tant qu’intervenant. Imaginez donc quel casse-tête c’est pour les personnes qui sont au coeur de cette problématique. C’est la raison pour laquelle il faut en premier lieu briser le silence et s’entourer de personnes solides pour mettre un terme au cycle de violence conjugale.

Saviez-vous que selon les données du SPVM, à Montréal seulement, les épisodes de violence intrafamiliales se chiffrent par 15 500 appels au 911, chaque année? Qu’à Montréal toujours, la violence conjugale représente 30% des crimes contre la personne et 15,1% des homicides?

Si vous connaissez quelqu’un victime de violence conjugale, si vous êtes vous-mêmes une victime ou si vous désirez tout simplement obtenir des informations concernant ce type de violence, je vous suggère de visiter le site Internet du SPVM, qui a consacré une rubrique spécialement à cet effet, de même que celui du gouvernement du Québec. On retrouve dans ce dernier une définition du concept de violence conjugale, des indices nous aidant à reconnaître ce type de violence, une description détaillée du cycle de violence conjugale et les principaux mythes qui y sont associés. Vous êtes réticent à visiter le site, craignant que votre agresseur ne le découvre et vous fasse subir sa colère? Le site du gouvernement du Québec vous indique clairement la marche à suivre pour effacer votre historique et permet aussi, si vous voulez quitter rapidement le site, de cliquer sur un lien qui vous redirigera automatiquement vers le site Internet de Radio-Canada.

Parce que la violence conjugale a des impacts néfastes non pas seulement sur la victime, mais sur tout son entourage, il est important de briser le silence et de prendre des moyens pour que la violence cesse. Même si ça semble parfois très difficile, je peux vous garantir que c’est possible.

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Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

Pour me joindre: lacriminologue@live.fr

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