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Jul
27
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Vous souvenez-vous de Robert Latimer, cet agriculteur de la Saskatchewan qui a assassiné sa fille Tracy, lourdement handicapée, en 1993? Selon lui, il lui aurait enlevé la vie pour la soustraire de ses souffrances. Le cas avait été largement médiatisé et avait relancé le débat sur le suicide assisté. Encore aujourd’hui, cette affaire est citée en exemple dans les cours de criminologie lors de débats sur le sujet.

Dernièrement, ici, vous pouvez lire que Latimer, qui séjourne actuellement dans une maison de transition en Colombie Britannique, s’est vu refuser un élargissement libératoire par la Commission nationale des libérations conditionnelles. Dans un article de Cyberpresse, on peut lire:

“L’agriculteur de la Saskatchewan qui a enlevé la vie de sa fille handicapée pour, a-t-il dit, la soustraire à ses souffrances, ne pourra s’absenter cinq jours par semaine de la maison de transition où il vit, en Colombie-Britannique.

La Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC) a cependant accordé à Robert Latimer, 57 ans, la permission d’effectuer pendant six autres mois des sorties quotidiennes.”

Je ne sais pas comment sont octroyées les permissions de sortie dans la maison de transition où il séjourne, mais j’ai cru comprendre que Robert Latimer s’est vu refuser une semi-liberté de type 5/2 (5 jours à domicile, 2 jours à la maison de transition). Il est inscrit plus loin qu’il est admissible à la libération conditionnelle totale en décembre, le 8 plus précisément. Parfois, les détenus purgeant une sentence d’emprisonnement à vie se voient octroyer une semi-liberté de type 5/2 afin d’effectuer une transition encore plus douce entre une semi-liberté en maison de transition et une libération conditionnelle totale à domicile. C’est le vrai test, qui donne un assez bon indice à savoir si le libéré conditionnel sera en mesure de respecter ses modalités libératoires.

Mais, je me demande pourquoi ça fait la manchette. C’est tellement..banal. En tout cas pour moi, qui en a vu passablement beaucoup dans la même situation.

Enfin, je me demandais si cette histoire vous fait réagir autant qu’à ses débuts. Êtes-vous favorable, défavorable ou indifférent face au refus de la CNLC à l’endroit de Robert Latimer?

La Criminologue

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20:38
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17 Responses to “Robert Latimer: pourquoi ça fait la manchette?”

  1. Retweeteuse says:

    Il a eu une vie de merde. Qu’on lui redonne sa liberté.

  2. [...] This post was mentioned on Twitter by Sophie, La Criminologue. La Criminologue said: Nouvel article sur mon blogue! ''Robert Latimer: pourquoi ça fait la manchette?'' http://lacriminologue.com/?p=1943 [...]

  3. Gen says:

    Je comprends pas comment on peut justifier de lui refuser ça. Je ne pense pas qu’il va courir après les petites filles handicapées pour les assassiner.

    Cela dit, quel homme est-il devenu après son séjour au milieu de véritables criminels? Mystère.

    • Ne connaissant pas le cas, je ne peux me prononcer sur le risque de récidive. Malheureusement, je ne sais pas comment son séjour carcéral l’a transformé. J’avoue que j’éprouve des sentiments mitigés face à Robert Latimer parce tellement de choses entrent en ligne de compte, dont l’amour qu’il portait à sa fille malade..

  4. Sara says:

    Il n’aurait même pas dû aller participer au surpeuplement des prisons. Vivement une loi qui donnera aux grands malades le droit de mourir dans la dignité! Qu’on laisse tranquille ce pauvre homme et qu’on investisse plutôt temps et argent sur de vrais criminels dangereux!

    • Beaucoup pensent comme toi, Sara. Mais bien d’autres estiment qu’il aurait assassiné sa fille par lassitude de devoir s’occuper d’elle, compte tenu de la lourdeur de son handicap. Nous ne saurons jamais ce qui s’est réellement passé. Chose certaine, cette histoire a suscité énormément de sympathie chez les gens.

      • Gen says:

        Et s’il s’était vraiment lassé de devoir s’occuper d’elle? Est-ce que c’est vraiment lui qui devrait en porter la responsabilité? Ou est-ce que ce ne serait pas notre système de santé et de justice qui fait semblant que tout le monde est utile à la société, peu importe le handicap, et qui ne donne aucune ressource pour aider les gens? La réalité des “proches aidants”, c’est quelque chose d’horrible.

  5. Ti-Jo says:

    Je suis agente de probation en établissement et moi aussi je m’explique mal pourquoi une telle nouvelle fait les manchettes…mais chose certaine j’espère que l’on a refusé cette permission pour les bonnes raison, c’est-à-dire en raison du fait que ce monsieur réprésentait un risque trop élevé dans la collectivité et non pas uniquement pour faire taire l’opinion publique.

  6. Féadaë says:

    J’était trop jeune au moment de l’histoire Latimer pour vraiment la connaitre a fond, donc je me base sur des articles que j’ai lu récemment.
    Mais j’imagine que s’il l’ont refusé c’était pour une bonne raison.
    Ils doivent l’expliquer non? Et la raison : pour faire taire l’opinion publique ne passerai pas.
    Si Latimer est un prisonnier exemplaire et est évalué a faible risque de récidives .. bah ils n’aurait pas pu le lui refuser… je me trompe?
    J’ai lu qu’il envoyait régulièrement des lettres injurieuses et amère aux politiciens et aux procureurs, s’il est encore fâché après 17 ans.. on peut penser que le risque de récidive est fort non? Le devoir précise aussi que Latimer ne ressent aucun remord d’avoir tué sa fille. Est-ce suffisant pour lui interdire la maison de transition?

    Pour le cas. Je suis tout a fait contre le fais qu’il a assassiné sa fille.
    Pour moi c’est un meurtre prémédité.
    Qu’elle soit souffrante ou non. IL a décidé qu’elle devait mourir.
    Ce n’est pas elle qui en a pris la décision.
    Pour moi le suicide assisté doit être un suicide.
    Donc si la personne supplie de la laisser mourir. Exprime son désir de laisser tomber. le met par écrit devant notaire sans menace et choisit le moyen de mourir. Okay.
    si un père décide que sa fille a trop souffert, et ce sans que la fillette en question ai voix au chapitre .
    c’est un meurtre.
    c’est mon opinion.
    Je privilégie la vie avant toute chose, que l’on soit malade ou en santé et heureux ou malheureux. Notre vie c’est Notre choix.

    Ce commentaire se base sur mon opinion personnelle ainsi que les articles suivant.

    http://www.ccdonline.ca/fr/humanrights/endoflife/latimer/victim-murderer

    http://www.ledevoir.com/societe/justice/171656/l-odyssee-de-robert-latimer

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/latimer/index.htm

  7. Mais c’est normal que ça fasse la manchette, sa condemnation ayant surpris tant de gens et de juristes aussi. Il a le même âge que moi, ce type. C’était un bon père de famille, qui s’occupait très bien de sa famille, y compris de sa fille handicapée, qui était l’aînée de ses enfants. Il y a eu plein de témoins pour parler de son affection à son égard et des bons soins qu’elle recevait. Son sourire presque constant sur les photos en témoigne. Cependant, elle avait aussi beaucoup de douleurs et sa qualité de vie n’allait pas en s’améliorant. Le père était au courant qu’il y avait peu de ressources pour une personne comme elle, qui aurait besoin de soins constants pendant toute sa vie. La confier à une institution aurait encore diminué sa qualité de vie. Pensons à nos vieillards qui sont laissé des heures dans leurs excréments, pensez-vous que ce soit si différent pour un être humain qui a l’intelligence d’un bébé de quatre mois et qui ne va certainement pas se plaindre s’il est oublié dans un coin?

    Ne voyant pas d’autre solution, il a décidé de l’endormir. Pas dans un acccès de colère mais bien après y avoir longuement réfléchi. Il a eu l’intelligence et la compassion de ne pas impliquer sa femme dans son projet de mettre fin à la vie de leur fille, “d’abréger ses souffrances”, dira-t-il. Sa femme n’a donc jamais été mise en cause par le système judiciaire et elle a pu continuer à s’occuper de leurs 3 autres enfants. Elle a toujours soutenu son mari et louangé ses qualités de père et de mari.

    Que cet homme qui n’est pas un criminel ait la même sentence qu’un sadique qui viole et torture une victime enlevée sur la rue est invraisemblable et à l’époque plusieurs, et j’en étais, se sont levés pour le défendre. On aurait pour le moins pu espérer qu’il ait accès plus tôt à un élargissement de ses conditions de détention et que ce ne soit pas le cas est invraisemblable et digne de mention dans les journaux.

    Ce qu’on lui reproche, c’est de ne pas avoir de remords et de ne pas faire semblant d’en avoir. Cet homme est persuadé qu’il a bien fait et qu’il a rendu service à sa fille et il n’a pas changé d’idée là-dessus. Est-ce que ça en fait un danger pour la société? Voyons donc!

  8. Fumoffu says:

    Je suis d’accord avec la plupart : cet homme ne représente pas un danger pour la société, et je ne crois pas qu’il se mettra à tuer toutes les petites filles handicapée. Je ne comprends pas pourquoi on lui a refusé sa demande…

    • C’est l’opinion de la majorité à ce que je vois. Mais il faut faire attention en ce qui concerne le risque de récidive, nous ne possédons pas les détails de l’affaire, ni même ses progrès en détention. Si la CNLC n’a pas octroyé d’élargissement à monsieur Latimer, c’est parce qu’il y avait des raisons pour le justifier, il ne peut en être autrement.

      • Fumoffu says:

        Je pense que l’opinion populaire des gens en Saskatchewan peut avoir un lien aussi. Sans vouloir faire de préjugé facile, ils sont un peu plus conservateurs… Peut-être n’a-t-il pas montré de remords et peut-être même qu’il n’en a pas… ça peut jouer dans la balance ??

  9. Carole says:

    Je pense que le problème se situe au fait que sa jeune fille à qui il a enlevé la vie souffrait d’un lourd handicap et que probablement il lui était impossible de dire ouvertement ce qu’elle ressentait. Comme le père a pris la décision à la place de sa fille, le problème est de taille car comment pouvait-il savoir si sa fille souffrait et combien elle souffrait de “vivre” ainsi? Je crois que tout part de là….le fait qu’il ait décidé à la place de sa fille de mettre fin à ses jours.
    Cela ne doit certes pas être facile de vivre avec une personne très lourdement handicapée. On a beau dire haut et fort qu’on a qu’à demander de l’aide, essayez juste pour voir. Combien de personnes avec des problèmes mentaux se retrouvent aux urgences puis de retour chez-eux alors qu’ils ont grandement besoin d’aide. Les proches de ces personnes sont dépassées ne sachant que faire pour leur venir en aide. Et puis, si vous demandez de l’aide pour un problème de quelque nature que ce soit, il vous faut être très très très patient et il faut croire fortement qu’on vous ai compris du premier coup car vous aurez à raconter maintes fois votre histoire.
    C’est facile de juger mais elle se situe où la ligne verte et la ligne rouge? Je m’explique: c’est quand que tu es correct dans tes faits et gestes? Lorsque la société juge que c’est ok? Lorsque la Loi juge que c’est ok?
    Pourquoi ce monsieur ne peut retrouver sa liberté? Je pense que le problème est loin du fait qu’il a ou non des remords d’avoir enlevé la vie de sa fille. Je pense qu’il y a quelque chose de beaucoup plus profond dont on ignore tout.
    Pourquoi cela fait les manchettes maintenant? Je présume que c’est pour rappeler à ceux qui penseraient faire la même chose y pensent à deux fois particulièrement si l’handicap n’est pas que physique.
    Cela deviendrait peut-être un peu trop facille de se “débarrasser” d’une personne un peu trop embarrassante surtout si cette dernière ne peut exprimer clairement son ressenti.

  10. Mr-Pink says:

    J’ai lu un article il y a quelques années à son propos, quand on examinait sa demande de libération conditionnelle. La Commission ne voulait rien lui donner (pas de sortie, pas de maison de transition, rien) à cause il refusait de se dire coupable de meurtre et ne démontrait pas d’empathie pour la victime. Pour lui, il n’avait pas commis de meurtre et il avait en fait soulagé la victime. Hors de question donc qu’il fasse un paquets de cours de cheminement personnel et tout ça.

    J’imagine que la Commission l’a tout simplement traité comme tout criminel qui refuse d’éprouver de l’empathie pour ses victimes.
    - “M. Latimer, éprouvez-vous de la compassion pour votre victime et réalisez-vous que vous avez commis un crime grave”
    - “M. Le Commissaire, si c’était à refaire, je le referais”
    - “Merci M. Latimer, libération conditionnelle refusée”.

  11. Effectivement, ce que tu dis fait du sens.

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Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

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