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La Criminologue
May
4
La Criminologue

Que durant nos rencontres avec nos clients, il arrive que notre esprit vagabonde et qu’on pense à ce qu’on pourrait bien manger pour souper ou qu’on planifie notre prochain week-end. Pas longtemps, l’espace de quelques secondes. Les grands adeptes parlent même de minutes.

Lorsque je travaillais en maison de transition, cela arrivait le plus souvent lorsqu’on me racontait une anecdote ennuyante, qui n’avait aucun lien avec le suivi clinique:

- ”Alors là, j’attendais en file chez Mc Donald quand j’ai vu un 25 sous par terre. Puis là je me suis dit que c’était sûrement un signe..”

- “Ah oui..”

Mais au fond je me dis: ”Hum, ça serait bon un Big mac, non, des croquettes. Avec de la sauce BBQ. J’ai faim tout d’un coup. Miam des bonnes croquettes.”

Depuis que je travaille pour les enfants, je me permets beaucoup moins ces petits ”écarts” puisque je peux échapper une information importante, ce qui pourrait avoir un impact majeur sur ceux-ci. Non pas que de ne pas être attentif, pour un court moment, en tant qu’agent de surveillance est sans conséquences, n’oublions pas qu’un agent gère le risque que les ex-détenus représentent pour la société. Seulement, c’est peut-être psychologique, mais je me dis que les enfants sont trop vulnérables pour que je me permette un vagabondage de la pensée lors de rencontres cliniques. Pourtant, il semble que ce soit sain, notamment pour se changer les idées, éviter d’être trop atteint émotivement, ou de péter les plombs lors de rencontres très difficiles. Malgré ma bonne volonté, je pense que je vais probablement recourir à ce moyen à l’occasion, sans toutefois que ça m’empêche de bien faire mon travail. Il faut prendre soin de soi comme intervenant si on veut bien intervenir avec notre clientèle. Je m’en vais justement prendre soin de l’intervenante en moi, qui a le cerveau à off: au dodo!

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20:53
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12 Responses to “On n’avouera jamais.. (prise 8)”

  1. Maman 3.0 says:

    Si des médecins font des blagues pendant une chirurgie cardiaque pour détendre l’atmosphère, tu peux sûrement te permettre de rêvasser de croquettes quelques secondes ;-) !

  2. mamancoach says:

    ahahah c’est drôle le vagabondage McDo!
    Je tente vraiment de pratiquer une écoute active dans la vie mais j’ai mes limites et je le fais aussi avec mes employés. Justement lorsqu’ils me racontent un détail qui n’en finit plus, ou une histoire qui m’ennuie à mort. Par contre, ayant un visage expressif de nature, je ne peux pas m’imaginer qu’ils ne s’en rendent pas compte. `?! Pourtant ils continuent à jaser, jaser…! J’avoue que de ton côté, avec les enfants, il faut être très attentif. Mais effectivement, c’est aussi important de mettre une “barrière émotionnelle”. Cela ne doit pas toujours être évident! Et j’espère que ton genou va mieux ;)

    • J’ai le même problème que toi, je suis ultra expressive alors mon visage dit tout de suite que je m’ennuie à mourir. Pour répondre à ta question, mon genou va mieux, merci :)

  3. Feadae says:

    Salut!
    Je trouve amusant de lire a presque chaque post un : au dodo ou encore je suis épuisée.
    Je trouve que c’est plutôt bon signe car cela signifie que vous vous donnez a fond. mais attention, il faut aussi vous protégez et pensez a vous, ne pas TROP se donner.

    et vous avez raison, il est tout a fait sain des fois de décrochez quelque seconde cela évite j’imagine de se mettre a pleurer lorsqu’un enfant parle enfin de quelque chose de terrible.

    bonne chance Criminologue!continuez comme ca :-)

  4. vieux bandit says:

    Hahaha, moi mon Coco de 12 ans (évidemment pas en situation d’intervention) me raconte plein d’histoires qui font que mon esprit vagabonde! Tsé là mon ami qui a un cousin qui a un ami qui a dit xyz sur mon autre ami, tsé là celui qui a xyz chez son père? Ben je l’ai pas vu aujourd’hui.

    Rendu au bout (j’ai résumé…), si t’as tout écouté attentivement, ben… tu te rends compte que tu viens de perdre un petit bout de ta vie! Hahaha! (Meuh non, bien sûr que c’est faux, que je l’ai accompagné pour un petit bout vers l’amélioration de ses talents de conteur, etc., mais…!)

    • Ahah! Je comprends tellement ce que tu veux dire! Moi aussi je pratique l’écoute active dans la vie de tout les jours, surtout lorsqu’on me raconte des histoires ennuyantes et interminables. Des fois, mon chum comprend le message quand je dis ”hum, hum, ah, oh, ah oui? non!” pendant une dizaine de minutes.

  5. Shany says:

    Allô la criminologue ,
    ça fait déjà un bon moment que je te lis et j’aime bien , sujet intéressant et avec une touche d’humour dans certain cas .
    Ce que tu raconte à propos de l’esprit vagabondant m’as fais particulièrement rire . je ne suis pas intéressée spécifiquement au métier de criminologue , mais je suis intéressée par le côté psychologique de la chose . bientôt j’entres dans une technique d’éducation spécialisée et j’aimerais bien aller à l’université en psychoéducation et je me vois bien entrain de vagabonder. hihi je le fais déjà dans mes cours , il faut bien décrocher quelque fois !
    bonne journée
    la jeune future psy

    • Ca fait du bien parfois de s’accorder une pause, pour pouvoir mieux continuer. Bonne chance dans tes études, Shany! Qui sait, aurons-nous peut-être la chance de travailler ensemble un jour?

  6. chacha says:

    Votre manière d’aborder tout ces sujets est réfléchie et posée, c’est un bonheur de lire ces éclats de lucidité. La criminologie n’y est sûrement pour rien, la personne que vous êtes a sûrement fait le principal et vous a conduit sur cette route. Si votre esprit vagabonde lors d’un entretien avec une personne qui se plaît à vous raconter une petite anecdote, qui je le conçois n’a rien à voir avec le sujet entamé. N’y a t il pas pas, face à vous, une personne dont l’esprit vagabonde également ( mais lui dans son passé)? n’y a t il pas eu un déclencheur amenant cette image du passée et lui ravivant l’anecdote toute entière? et pour finir n’y a t’il pas en réponse un sentiment profond qui émane de notre interlocuteur? Alors au final cette anecdote qu’on croit parfaitement hors contexte ne serait t elle pas une simple limite à notre propre compréhension de l’autre?

    • Je vous remercie pour le compliment, dans un premier temps. En second lieu, je dois dire que votre explication est intéressante. Toutefois, je crois qu’il s’agit davantage de désintérêt que de limite de la compréhension de l’autre. Il y une différence entre une anecdote hors contexte qui est liée à quelque chose de plus profond, dont on se doit d’aller en chercher le sens pour mieux comprendre la manière de penser de notre interlocuteur. Mais parfois, comme dans le cas de l’anecdote relatée ici, il ne s’agit que de tranches de vie ennuyantes, dont il est inutile d’en chercher le sens (de peur que ça prolonge l’anecote endormante!). Mais je suis d’accord que cela puisse être un mélange de nos deux explications :)

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Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

Pour me joindre: lacriminologue@live.fr

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