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Actualité

Apr
10
La Criminologue

C’est ce qui s’est déroulé ce matin, au Palais de justice de Montréal. Laurent Raymond, qui a plaidé coupable l’an dernier à une accusation de conduite dangereuse ayant causé des lésions à trois adolescentes de seize ans, en 2010, a omis de se présenter à ses représentations sur sentence pour des motifs humanitaires. Une journée de cours au cégep, en fait. Afin que Laurent Raymond puisse terminer sa session, une date sera fixée après le 7 juin. Cette affaire a causé toute une commotion au Palais de justice. Outrés et indignés, les victimes et leurs proches n’en revenaient tout simplement pas.

Bien que les deux parties se soient entendues sur une sentence commune de trois ans de réclusion, tous s’attendaient à ce que Laurent Raymond soit présent devant le juge, qui a accueilli sa requête soit dit en passant, mentionnant qu’il s’agissait d’un dossier “comme les autres”. Il faut comprendre que cela fait plus de deux ans que les victimes et leurs proches vivent avec les séquelles de l’accident, qui a grièvement blessé les trois jeunes femmes. Certaines étapes du processus judiciaire sont plus particulièrement éprouvantes pour les victimes et je comprends entièrement leur indignation face à la situation qui s’est produite ce matin. Il peut être fort éprouvant pour une victime d’acte criminel de se présenter à la Cour et de reporter l’exercice ajoute un stress supplémentaire et inutile pour elle. Même si Laurent Raymond avait une excuse valable, puisque le juge a acquiescé à sa demande rappelons-le, je crois que la meilleure chose à faire aurait été d’être présent aujourd’hui, devant ses victimes et leurs proches. Nous ne connaissons pas tous les détails de l’histoire, donc il ne faut pas juger trop vite, mais je suis d’avis que ce qui s’est produit ce matin était un manque de considération pour les personnes présentes. Je comprends que le système judiciaire est sensé être neutre et qu’il est parfois embourbé de procédures qui peuvent sembler banales et sans grande conséquence pour certains. Or, on oublie parfois que derrière les procédures se trouvent des personnes qui ont été lésées et pour qui un passage devant le Tribunal est une expérience extrêmement éprouvante. Je suis d’accord à l’effet que présent ou non ce matin, Laurent Raymond prendra le chemin de la prison pour les trois prochaines années. Je peux aussi comprendre que l’aspect de la réinsertion sociale ait été pris en considération en le laissant compléter ses études collégiales avant son incarcération. Mais ce que j’ai de la difficulté à saisir, c’est pourquoi une journée d’école a primé sur une comparution devant le juge. Si Laurent Raymond avait été au courant et conscient de l’importance de se présenter en Cour ce matin, s’il avait mesuré l’impact de son absence auprès de ses victimes, se serait-il toujours absenté?

Qu’en pensez-vous, chers lecteurs?

La Criminologue

La Criminologue
20:53
 
Apr
2
La Criminologue

Vous pouvez lire l’article ici, sur Cyberpresse.

En gros, une compagnie d’assurance avait résilié le contrat d’assurance automobile et habitation d’un couple de la Rive-Sud de Montréal parce que leur fils, incarcéré dans un pénitencier, bénéficiait de permissions de sortie sans escorte à leur domicile à raison de 72 heures par mois. On peut lire dans l’article que:

[La compagnie d'assurance] soutenait que la présence du fils chez ses parents était sans pertinence et qu’une personne ne se comporte pas en bon père de famille en accueillant sous son toit une personne ayant un dossier criminel.

Le Tribual en a toutefois décidé autrement et la compagnie d’assurance est sommée de verser une somme de 9000$ en dédommagement au couple en question.

On parle beaucoup de discrimination envers les personnes possédant un casier judiciaire. Même si une compagnie d’assurance peut exiger une surprime, voire refuser d’assurer quelqu’un qui a des inscriptions à sa fiche criminelle, je trouve qu’il s’agit dans ce cas-ci d’une belle victoire pour les personnes judiciarisées. J’avais d’ailleurs déjà décrit dans cet article les principales difficultés que rencontrent les gens ayant déjà été reconnus coupable d’une infraction au Code criminel.

Je ne veux pas inciter les lecteurs à la pitié puisque dans certains cas, il est primordial que les antécédents judiciaires soient vérifiés et pris en compte. Cela dit, je me pose la question à savoir si la stigmatisation de ces personnes ne constitue pas un obstacle à la réinsertion sociale, ce qui impacte chez certains directement le risque représenté pour la collectivité. Il est normal qu’on vérifie les antécédents judiciaires de toute personne qui sera amenée à travailler auprès des enfants. Même chose pour ce qui est des gens qui postulent dans une institution financière. Cependant, est-ce que le fait qu’une personne ayant été reconnue coupable pour conduite avec les facultés affaiblies est moins qualifiée qu’une autre pour être commis dans une épicerie? Malheureusement, encore aujourd’hui, plusieurs employeurs ne s’arrêtent qu’à la présence d’un casier judiciaire et préfèrent ne pas s’encombrer d’une personne qui a déjà eu des démêlés avec la justice, ce que je trouve dommage.

Et vous, vous en pensez quoi?

La Criminologue

La Criminologue
22:03
 
Feb
21
La Criminologue

J’ai été agréablement surprise d’apprendre dans les médias le dépôt du projet de loi 22 du gouvernement Marois, proposant de bonifier les indemnisations financières aux victimes d’actes criminels et celles de leurs proches.

Actuellement, un parent dont un enfant décède des suites d’un acte criminel reçoit une indemnité de 2000$, plus 3000$ pour les frais funéraires. Le parti québécois propose de bonifier l’indemnité à 12 000$ et de défrayer les frais funéraires jusqu’à concurrence de 5000$. Autre proposition intéressante: une victime d’agression sexuelle ou de violence conjugale désirant déménager pour assurer sa sécurité pourra recevoir une compensation jusqu’à 2000$ pour couvrir les frais de résiliation du bail. Québec envisage aussi rallonger le délai prescrit pour présenter une demande d’indemnisation, qui passera d’un à deux ans.

Vous savez qu’une loi n’est pas rétroactive. Cependant, ce projet de loi possède la particularité de prévoir le transfert d’une somme de 50 000$ à l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues afin de soutenir les familles en question dans les tragédies survenues au cours de l’année précédente. Le ministre de la justice, Bertrand St-Arnaud, a d’ailleurs invité ses collègues ministres à contribuer à ce fonds spécial, qui selon ses calculs pourrait ainsi atteindre la somme de 124 000$.

Bien évidemment, aucun montant d’argent ne pourra remplacer la perte d’un être cher. Par contre, recevoir une indemnisation décente permet aux victimes et aux membres de leur famille de moins se préoccuper des répercussions financières de la tragédie. Que ce soit les funérailles, le nettoyage de la scène de crime, le fait de manquer le travail, voire de perdre son emploi, les nombreuses séances psychologiques: cela s’ajoute à l’immense douleur d’avoir perdu un proche. J’approuve donc le projet de loi 22, qui reconnaît que les victimes d’actes criminels méritent d’être au coeur de notre système judiciaire.

J’aurais aimé apporter une suggestion à ce projet de loi, qui n’est pas d’ordre financier. Je ne sais pas si vous partagez mon avis, mais je crois que les proches de victimes d’actes criminels, bien qu’indirectement, sont eux aussi des victimes des actes perpétrés. En ce sens, qu’en pensez-vous si on leur reconnaissait le statut de victime, en tenant compte bien sûr du fait qu’il s’agisse d’une victime directe ou indirecte dans l’indemnisation. Je crois que le seul fait de leur reconnaître le statut de victime peut être bénéfique pour le processus de rétablissement. Qu’en dites-vous?

La Criminologue

La Criminologue
21:05
 
Dec
16
La Criminologue

Je n’aurais pas cru qu’on puisse dire ça de Guy Turcotte de sitôt, qu’il soit maintenant libre. Pas complètement, puisqu’il doit respecter certaines conditions que la Commission d’examen des troubles mentaux lui a imposées, mais il n’a plus à séjourner en institut psychiatrique. Dans sa décision rendue le 13 décembre dernier, la Commission a notamment pris en considération la gravité des crimes commis, le fait qu’il n’a su demander de l’aide avant le passage à l’acte, sa lenteur à s’investir dans une psychothérapie, son introspection récente qui se voudrait sincère et l’absence de dangerosité pour son ex-femme, Isabelle Gaston.

Cette décision a laissé à la majorité des québécois un goût amer, très amer. Comme je l’ai déjà mentionné précédemment, je ne peux me prononcer cliniquement sur le cas de l’ex-cardiologue. Cela ne m’empêche pas par contre d’être surprise de la décision qui a été rendue. Si je fais un parallèle avec la clientèle avec laquelle je travaille et que je prends un client qui aurait été reconnu coupable du meurtre de ses deux enfants, qui aurait commencé à s’investir sincèrement dans sa psychothérapie seulement depuis quelques mois et dont on n’aurait encore trouvé le chaînon manquant au passage à l’acte, donc à la commission des meurtres, cela m’amène à me questionner.

Première des choses, toujours si on prend une clientèle judiciarisée, je ne crois pas qu’un client présentant un tel portrait aurait pu être libéré dans la communauté, surtout si l’élément déclencheur à un passage à l’acte d’une telle violence n’a pu être ciblé et si l’introspection se trouve encore à un stade embryonnaire. Surtout dans les cas où une gestion déficitaire des émotions a entraîné la commission de délits de violence, il est primordial que cet aspet soit travaillé pour amenuiser le risque que le client récidive, donc le risque représenté pour la société. Dans le cas de Guy Turcotte, plusieurs questions se posent. J’en discutais justement avec des collègues et se pourrait-il que le chaînon manquant en terme de santé mentale, ce qui l’a propulsé dans un état tel qu’il n’était en mesure de distinguer le bien du mal, de juger de la nature de ses actes, n’a pu être ciblé parce que justement, il n’y en a pas, de chaînon manquant? De tous les professionnels avec qui j’ai discuté, même s’ils reconnaissent qu’ils doivent s’incliner devant le verdict de non-responsabilité criminelle rendu par le jury, la majorité n’y adhère pas. Pour ma part, je n’ai pas évalué l’individu, ni n’ai assisté au procès. Je m’en remets donc aux jurés, mais j’avoue avoir de la difficulté à adhérer au verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. Ceci dit, c’est mon opinion personnelle et elle n’engage que moi.

Les gens s’insurgent que l’ex-cardiologue soit libéré sous conditions parce qu’il n’a pas été puni pour les crimes qu’il a avoué avoir commis. Tout un paradoxe, quand on y pense. La Commission d’examen des troubles mentaux a pour mandat la protection du public et les mesures qu’elle prend n’ont pas pour objectif d’être punitives, contrairement à un Tribunal de la cour criminelle. Certes, la Commission garde encore Guy Turcotte à l’oeil et il devra, entre autres, se présenter en audience tous les ans, mais ces mesures ne font pas le poids contre le sort qui est généralement réservé aux meurtriers reconnus criminellement responsable de leur délit. C’est ce que les gens ont le plus de difficulté à concevoir, mais n’oublions pas que Guy Turcotte est réputé ne pas être responsable criminellement des meurtres de ses enfants, ça change la donne..

Même si les tribunaux n’ont pas le mandat de rendre des verdicts populaires, il faut s’attendre à ce que parfois, une cause vienne ébranler la population à un point tel qu’elle remette en cause la confiance qu’elle a en notre système de justice. Je ne me prétends pas experte en la matière, mais je ne crois pas me tromper beaucoup en affirmant qu’aucune institution n’est infaillible. Il est possible que notre système connaisse des ratées, aussi droit et juste soit-il. Je ne suis pas en train de dire que Guy Turcotte a berné tout le monde et que notre système judiciaire a déraillé lorsqu’est venu le temps de juger sa cause, je me questionne simplement à savoir si au fond, c’était la bonne décision qui a été prise. Il y a des causes où les preuves sont si accablantes que la culpabilité d’un individu est évidente. Mais dans les causes où ce n’est pas le cas, quel juge, jury, témoin expert, peut affirmer avec certitude que telle ou telle personne est ou n’est pas coupable? Notre système judiciaire est conçu d’une façon telle que les droits des accusés sont reconnus et respectés et de manière à éviter les erreurs judiciaires. Mais parfois, il arrive que le verdict ne concorde pas avec ce qui s’est réellement passé. Bien entendu, l’indignation ressentie fait en sorte que nous sommes peut-être plus enclin à crier à l’injustice, mais est-il possible de se poser la question, émettre l’hypothèse qu’on se soit peut-être trompé? Dans cette affaire, c’est l’introspection récente et embryonnaire sur les facteurs ayant prédisposé et précipité le passage à l’acte d’une violence telle que deux enfants ont été mutilés et ont perdu la vie qui m’interpelle. Mais encore une fois, n’étant pas impliqué au dossier, je m’en remets aux professionnels qui jugent que Guy Turcotte représente un risque acceptable pour la communauté. Dans ce cas-ci particulièrement, j’espère que la Commission d’examen des troubles mentaux aura vu juste et qu’il ne récidivera jamais.

Quelle est votre opinion à ce propos, chers lecteurs?

La Criminologue

La Criminologue
10:11
 
Oct
30
La Criminologue

J’ai pris connaissance ce matin d’un article du Journal de Montréal dans lequel on voit Guy Turcotte prenant la pose avec un poupon lors d’une fête familiale à laquelle l’Institut Philippe-Pinel de Montréal lui avait permis d’assister. J’ai tâté le pouls sur les médias sociaux et ce qui en ressort principalement est qu’il s’agit d’une mise en scène pour tenter de démontrer qu’il va tellement mieux qu’il devrait être libéré. Non mais, ne lui fait-on pas suffisamment confiance en lui permettant de tenir un bébé dans ses bras? Isabelle Gaston, la mère d’Olivier et Anne-Sophie Turcotte, a réagit dans la tribune de Paul Arcand à ce propos ce matin, à écouter ici.

Peut-être suis-je naïve, mais se peut-il qu’il s’agisse simplement d’un neveu/nièce/cousin/cousine/bébé d’un ami de la famille que Guy Turcotte a eu la chance de rencontrer pour la première fois? Et qu’est-ce qu’on fait généralement avec un petit bébé tout neuf qu’on rencontre pour la première fois? On le prend dans nos bras, non? Qu’est-ce qu’on fait quand cela se déroule dans une réunion de famille et que des gens prennent des photos? On prend la pose et on sourit, non? Peut-être qu’il s’agit d’une simple et banale photographie et que Guy Turcotte ne se doutait pas qu’elle circulerait ainsi sur le web. Ou peut-être pas aussi, qui sait. Ce que j’essaie de dire, c’est qu’il est impossible de tirer quelque conclusion que ce soit à la seule vue de cette photo, aussi choquante soit-elle pour certaines personnes.

Autre chose: est-ce que parce que Guy Turcotte a assassiné ses enfants que le poupon qu’il tient sur la photo est en danger? Je ne crois pas. Oui, ce qu’il a fait dépasse l’entendement et j’avoue qu’on puisse ressentir un malaise de le voir avec un jeune enfant dans les bras, mais est-ce que c’est suffisant pour crier au complot? Croyez-vous que les experts qui siègeront à la Commission d’examen des troubles mentaux regarderont cette photo lors de la prochaine audience de Guy Turcotte et se diront: “Il tient un bébé, il sourit= il doit être guéri. Libérons-le”. Le déroulement des sorties dont il bénéficie sera effectivement pris en compte dans la balance, mais pas ce genre de détails.

Quelle est votre opinion à propos de la diffusion de cette photo? Vous laisse-t-elle de glace ou fait-elle réagir?

La Criminologue

La Criminologue
15:52
 
Jun
13
La Criminologue

L’enseignant qui a diffusé la vidéo où Luka Rocco Magnotta démembre et profane vraisemblablement le cadavre de son ex-ami de coeur, Jun Lin, est actuellement dans l’eau chaude. Le 4 juin dernier, l’enseignant aurait cédé aux demandes de ses étudiants de secondaire 4 et a diffusé la fameuse vidéo, celle que tous les professionnels recommandent de ne pas visionner en raison des traumatismes que cela pourrait entraîner par la suite.

J’ai entendu plusieurs personnes se prononcer aujourd’hui; de la ministre de l’éducation à la petite madame dans son salon. Bien que l’enseignant ait manqué de jugement, j’ai trouvé qu’il était sévèrement jugé quand j’entendais certains dire qu’il pouvait être instable psychologiquement, qu’il n’était pas, mais pas du tout fait pour l’enseignement. J’en conviens, c’était irresponsable de visionner cette séquence vidéo en présence de ses élèves, des mineurs de surcroît. Ceci dit, si ça se trouve, il ne l’avait pas visionnée au préalable. Est-ce que l’homme en question est nécessairement instable psychologiquement? Je crois qu’il n’est pas permis de tirer pareille conclusion avec ce seul fait. Est-ce que cela signifie qu’il mérite de ne plus jamais exercer sa profession pour avoir pris une décision de laquelle il n’avait pas mesuré les conséquences? Je ne crois pas. Ce n’est pas parce qu’il a pris une mauvaise décision que ça remet en question l’ensemble de sa personne. J’ose parier que cet enseignant n’avait pas imaginé que cela causerait pareille commotion dans les médias et qu’il n’aurait accédé à la demande de ses élèves s’il avait su que cela était à ce point traumatisant pour eux. Nos enseignants sont des modèles pour nos enfants et ils se doivent d’être de bons exemples. Cependant, je prends en considération que les élèves étaient âgés d’au moins seize ans et que certains d’entre eux avaient demandé à voir la vidéo en question. Oui, le professeur aurait dû refuser et c’est bien malheureux que certains étudiants soient aux prises avec des symptômes post-traumatiques. J’imagine que quelques étudiants sont sortis de la classe, ont arrêté de regarder; ils n’étaient pas obligés d’écouter la vidéo contre leur gré. L’enseignant a peut-être cédé parce qu’il croyait que la vidéo n’était pas “si pire”, que des élèves issus de la génération des jeux vidéo pouvant être particulièrement violents étaient “capable d’en prendre”, parce qu’il voulait être “cool” aux yeux des étudiants. Je ne sais pas.

Oui, ce que l’enseignant a fait était irresponsable et indigne de la profession, mais est-ce qu’il mérite d’être jugé aussi durement par tous et chacun? Est-ce qu’on doit déranger la ministre de l’éducation (qui doit avoir bien d’autres chats à fouetter..)? Est-ce qu’il devrait perdre son emploi? N’a-t-on pas tous droit à l’erreur? Qui peut affirmer n’avoir jamais commis de faute mémorable? Il nous est tous arrivé de faire un faux pas, du genre que même des années plus tard on s’en souvienne et on en soit encore gêné. Mais quelqu’un nous a pardonné, on a peut-être été sanctionné et on a promis de ne plus jamais recommencer. Et on s’est promis que ça ne se reproduira plus. Je dirais même que ça nous a rendu plus vigilant, plus pointilleux.

Mais, bien sûr, ça c’est bien entendu si on apprend de ses erreurs.. On parle davantage de cet enseignant que de Magnotta lui-même, c’est absurde!

La Criminologue

La Criminologue
23:07
 
Jun
5
La Criminologue

… Sont deux cas complètement différents, diamétralement opposés.

J’ai entendu plusieurs personnes affirmer que comme Luka Rocco Magnotta sera jugé au Canada, à l’endroit où il est accusé d’avoir perpétré son crime, il risque fort bien d’être reconnu non-criminellement responsable pour cause de troubles mentaux tout comme Guy Turcotte. Énormément de gens ont été insatisfaits du verdict de non-responsabilité criminelle dans le dossier Turcotte et ressentent depuis une profonde déception envers notre système justice. Une généralisation du genre “système pourri” semble s’être installée pour plusieurs, qui affirment ironiquement que Luka Magnotta écopera de la même sentence. J’ai même lu sur Twitter que parce qu’il allait être jugé ici, il allait écoper d’une peine d’emprisonnement dans la collectivité s’il était reconnu coupable. Il est certain que nous ne pouvons pas être d’accord avec tous les jugements qui sont rendus et il est normal de se sentir davantage interpellé par une cause en particulier. Cependant, il ne faut pas commettre l’erreur de comparer ces deux causes entre elles parce qu’elles sont différentes en plusieurs points. Ne serait-ce que dans le choix des victimes, la manière dont Magnotta aurait perpétré son délit qui diffère de celle de l’ancien cardiologue, leur personnalité.. Rien ne permet de dire que celui qui est accusé du meurtre de Jun Lin sera reconnu non-criminellement responsable.

Quelque chose me dit qu’en raison du côté narcissique que Magnotta semble présenter, il pourrait plaider non-coupable aux accusations portées contre lui. Même si son avocat lui suggèrera sûrement fortement de plaider coupable, je ne serais pas surprise qu’il désire que se tienne un procès pour prolonger son “heure de gloire”, on verra.

La Criminologue

 

La Criminologue
21:49
 
May
31
La Criminologue

L’information arrive au compte-goutte dans l’affaire Magnotta, où un jeune homme connu sous le nom de Luka Magnotta aurait filmé l’assassinat de sa victime, pour ensuite s’adonner à des actes de nécrophilie et de cannibalisme sur son cadavre. La vidéo serait d’ailleurs encore disponible sur le web et ne comptez pas sur moi pour aller la visionner. Je n’ai pas cette curiosité malsaine d’être témoin de la mort de quelqu’un et de voir son cadavre profané, mutilé, mangé..

Cette histoire nous révèle la barbarerie poussée à son paroxysme, le pire de l’être humain. Et pourtant, des cas comme celui-ci, il y en a eu d’autres, et il y en aura d’autres. Heureusement, il s’agit d’une minorité quand on se réfère à l’ensemble des crimes commis, mais n’empêche que ça existe. Je dois avouer que ça me fout un peu la trouille de savoir que des barbares puissent commettre des actes aussi ignobles. On a souvent l’impression que ça n’arrive qu’ailleurs, dans des endroits qu’on ne connaissait pas, où nous n’aurions jamais mis les pieds de toute manière. Comme si cette distance nous protégeait en quelque sorte d’être victime de ce genre de crime. Mais l’affaire Magnotta, c’est arrivé tout près: au Québec, à Montréal! Sans entrer en mode paranoïa et empêcher nos enfants de sortir dans la rue, je crois qu’il faut simplement avoir conscience qu’on ne vit pas à Fairyland. Rien ne peut nous garantir qu’on ne sera jamais victime d’un acte criminel, mais certaines pratiques plus à risque nous prédisposent à faire partie des statistiques policières. Pourquoi? Parce qu’elles nous rendent plus repérables, vulnérables. Sans aborder le sujet en long et en large, on peut rapidement nommer le fait de se promener seul le soir, de fréquenter des endroits où des activités criminelles sont commises, mentionner sur les réseaux sociaux qu’on est seul à la maison ou que celle-ci sera vide parce qu’on part en vacances, etc. Sans être peureux, je recommande d’être prudent.

Bon, l’affaire Magnotta maintenant. Comme je l’ai mentionné plus tôt, je n’ai pas visionné la vidéo, donc c’est du matériel que je ne peux analyser. Ceci dit, les informations divulguées sur le web me permettent d’émettre l’hypothèse que la pratique que l’on y a vue était du cannibalisme sexuel. Comparativement au cannibalisme d’agression où l’agresseur, envahi par un sentiment de pouvoir et de contrôle, mange sa victime pour atteindre un état ultime de domination sur celle-ci, le cannibalisme sexuel implique une sexualisation de la consommation de chair humaine. Souvent, la personne qui s’adonne à ce genre de pratique ressent un immense plaisir sexuel pendant la perpétration du crime, ou simplement à l’idée de dévorer quelqu’un. Il appert également qu’il s’agisse d’une forme de sadisme sexuel où s’accompagne fréquemment des actes nécrophiles. La littérature nous apprend que souvent, la victime était quelqu’un de qui l’agresseur était attiré sexuellement. Certaines personnes ont déjà affirmé avoir pratiqué du cannibalisme sexuel pour atteindre une union sexuelle ultime avec la victime. Même si peu d’études ont été conduites sur le sujet, il appert que les cannibales sexuels s’adonnent à ce genre de pratique également pour évacuer une tension sexuelle qui les habite.

Comment devient-on cannibale? Il ne règne pas de consensus sur la question. On sait par contre qu’il s’agit d’une pratique qui perdure depuis la nuit des temps et qui est encore d’actualité dans certaines régions du globe. Rites sacrificiels dans les traditions alchimiques, rites religieux chez les Aztèques, cannibalisme de famine lors de période de grande famine, cette pratique controversée a traversé les époques. De nos jours, les chercheurs ont évoqué la thèse du violent choc émotif durant l’enfance, plus principalement lors du sevrage du bébé, comme prédisposant à des pratiques cannibales. Pour d’autres, ce serait une réponse psychologique à la colère et la frustration. Un point par contre sur lequel les chercheurs semblent s’entendre, soit le fait que plusieurs cannibales ont été diagnostiqués schizophrènes ou présentent un autre désordre de la personnalité.

Notons que dans mes cours à l’université, nous avons peut-être abordé le cannibalisme sexuel une fois, voire deux. Et très rapidement. Comme ce n’est pas la catégorie de criminels avec qui nous sommes amenés à travailler, nous ne nous renseignons généralement pas sur leurs caractéristiques. C’est en ayant lu sur le sujet que je suis en mesure de vous dresser un bref portrait, mais un psychiatre ou un criminologue spécialisé en meurtriers sexuels pourraient davantage nous éclairer à ce propos.

Pourquoi maintenant l’auteur du délit aurait envoyé un pied au parti conservateur, je n’en ai pas la moindre idée. Pourquoi le pied et pas la tête, je n’en sais rien. Peut-être que d’autres informations viendront s’ajouter et nous renseigneront sur les motifs du tueur, on verra..

J’allais commencer la préparation de mon souper, mais avec tout ça, je n’ai plus tellement faim. J’espère ne pas vous avoir coupé l’appétit à vous aussi..

La Criminologue

La Criminologue
16:45
 
May
23
La Criminologue

Plusieurs d’entre vous m’avez écrit ou avez commenté sur le blogue en me demandant si j’avais pris ma retraite de l’écriture des Chroniques d’une criminologue. Eh bien sachez que non, j’ai toujours à coeur de poursuivre cette belle aventure, qui dure depuis 2009 déjà. J’avais toutefois sous-estimé la fatigue et le manque de temps qui accompagnent la naissance d’un enfant. Mais malgré tout, je suis comblée! Un sourire de ma fille dissipe instantanément toute trace de fatigue de mon organisme.. pendant un moment. Je suis beaucoup moins fatiguée que les premiers mois et ça regarde bien pour la suite. Tant mieux, ça regarde bien pour le retour au travail, qui arrivera bien assez vite.

On me demande souvent si je compte demeurer à la maison avec mon bébé puisque j’aurais l’opportunité de le faire. Bien que l’idée de retourner sur le marché du travail est angoissante et source de tristesse puisque je n’envisage pas d’être séparée de ma fille toute la journée, je retournerais travailler sans hésiter. J’aime mon emploi et c’est une sphère de ma vie dans laquelle je m’épanouie. Aussi, ma fille pourra développer ses habiletés sociales en côtoyant d’autres enfants au quotidien à la garderie. Idéalement, j’aurais travaillé selon un horaire à temps partiel pour avoir le meilleur des deux mondes, mais dans mon domaine c’est impossible. J’imagine que comme les autres mamans que je connaisse, ce sera difficile au début et que le sentiment de culpabilité s’estompera graduellement. Je me sens un peu rouillée puisque ça fait plusieurs mois que je n’ai pas baigné dans l’univers de la criminologie, mais j’imagine que c’est comme le vélo: ça ne se perd pas.

J’ai envie de pousser plus loin mes connaissances de l’être humain pour approfondir mes techniques d’intervention et qui sait, peut-être en découvrir de nouvelles pour être davantage efficace avec une clientèle qui ne cesse de s’alourdir avec les années. Au fil des ans, on remarque en effet que les problématiques sont plus lourdes. Davantage de personnes aux prises avec des problèmes de consommation, des problématiques de santé mentale. Chose certaine, c’est un travail que j’aurai amorcé avant mon retour au boulot.

Entre temps, disons que je ne me délecte pas de ce qui se déroule actuellement sur la scène judiciaire. Oui, la grève étudiante retient mon attention. Je déplore certaines mesures prises par le gouvernement, dont certaines bafouent nos droits fondamentaux. Même si les policiers bénéficient d’un pouvoir discrétionnaire, ils devront quand même être plus répressifs. Il y aura certainement un alourdissement du système judiciaire avec cette vague d’arrestations, c’est à suivre. Je n’ai pas une opinion radicale quant au conflit étudiant. Je comprends qu’il faille éventuellement augmenter les frais de scolarité, mais si le gouvernement avait cherché des fonds ailleurs, peut-être que les étudiants auraient pu voir leurs frais de scolarité augmenter moins drastiquement. Je salue la solidarité des étudiants, mais je déplore les excès de violence de toute part. Chose certaine, je sens que le conflit n’est pas prêt d’être réglé..

Sur ce, je dois vous laisser, j’ai une petite mademoiselle qui m’appelle. A la prochaine chers lecteurs!

La Criminologue

La Criminologue
10:52
 
Feb
4
La Criminologue

Bon, certains se demanderont d’emblée “A-t-il déjà eu sa place au sénat?” ou “Le sénat a-t-il encore sa place dans notre système politique canadien?”, mais ça relève d’autres débats que je ne veux pas aborder ce matin.

A moins de vivre à Tombouctou, tout le monde a eu vent de la déclaration choc du sénateur Pierre-Hughes Boisvenu, qui a affirmé cette semaine, alors qu’il était interrogé sur le projet de loi C-10:

« Moi, je dis toujours, dans le fond, il faudrait que chaque assassin aurait le droit à sa corde dans sa cellule, il décidera de sa vie. »

Le sénateur conservateur se dit contre la peine de mort, mais a proposé de tenir une réflexion quant aux tueurs série, qui n’ont aucune possibilité de réhabilitation. Il a évoqué des arguments de nature économique, donnant l’exemple que les membres de la famille Shafia reconnus coupables de meurtres au premier degré ont coûté près de 10 millions de dollars aux contribuables pour leur procès. J’en comprends qu’il aurait-il fallu les exécuter avant la tenue de leur procès pour s’éviter une telle dépense?? Il est vrai qu’une personne reconnue coupable de meurtre coûtera cher à l’état durant son incarcération d’une durée variant de dix à plus de vingt-cinq, ans, mais rare sont celles qui demeurent détenues jusqu’au trépas. En effet, la plupart des gens purgeant une sentence d’emprisonnement à vie se voient octroyer une libération conditionnelle totale dans la collectivité et ne à noter qu’ils ne sont alors pas entretenus par l’état.

L’argument de la non-réhabilitation devrait également être traité avec prudence. Comment catégoriserions-nous les détenus pour qui la réhabilitation serait jugée impossible? Pour quels types de délits, seulement les meurtres ou les agressions sexuelles? Élargirait-on à tous les délits rencontrant la notion de dommage grave? Saviez-vous que les meurtriers connaissent les taux de récidive parmi les moins élevé? Seraient-ils épargnés en raison de ce pronostic “positif” ou devraient-ils passer sous la guillotine? Cela signifie-t-il que Robert Latimer, qui a tué sa fille gravement malade par compassion, mériterait le même sort que Clifford Olsen, Robert Pickton? Bon, il est vrai que je compare un meurtrier à une seule victime avec des tueurs en série, mais n’en demeure pas moins que ces trois hommes ont enlevé la vie à au moins une autre personne. Lorsqu’on parle d’absence de réhabilitation, on parle nécessairement des délinquants dangereux (on en comptait 351 au Canada, en 2006), qui eux n’ont pas commis de meurtre dois-je le rappeler. Ceux qui se voient attribuer l’étiquette de délinquants dangereux ont commis un ou des délits causant des sévices graves à la victime et ils doivent représenter une menace pour la sécurité physique ou mentale d’autrui. Les délits d’extrême violence et les prédateurs sexuels qui ne démontrent aucun contrôle de leurs pulsions sont ceux qui se font habituellement déclarer délinquant dangereux. Tous les délinquants dangereux purgent alors une peine de détention indéterminée. Ils demeureront incarcérés tant et aussi longtemps qu’ils représentent un risque pour la société. Devraient-ils être exécutés, considérant qu’il soit possible pour eux de se réhabiliter malgré tout? Ils peuvent en effet présenter une demande de libération conditionnelle après sept ans de détention et certains réussissent à l’obtenir puisqu’ils ont démontré que même en étant déclarés délinquant dangereux, ils se sont pris en main et méritent un élargissement dans leur sentence. Il s’agit d’une minorité, je vous l’accorde (en 2006, 18 délinquants sur 351 s’étaient vu octroyer une mise en liberté), mais une minorité qui serait passé sur la chaise électrique si l’absence de réhabilitation était un facteur à considérer dans la mise à mort d’un détenu. Peu d’indices de réhabilitation un jour ne signifie pas absence de réhabilitation toujours. Qui peut prétendre avec certitude être en mesure de savoir qu’un délinquant est irrécupérable, qu’il le sera de façon permanente?

Indiquer que chaque détenu devrait avoir le droit à sa corde peut répondre, selon la criminaliste Véronique Robert et plusieurs spécialistes du droit criminel, à la définition du crime de conseil au suicide, qui est passible d’une peine de 14 ans d’emprisonnement. Une plainte a d’ailleurs été déposée contre le sénateur Boisvenu par Jacques McBrearty, qui s’est rendu jeudi dernier dans les bureaux de la Sûreté du Québec pour déposer une plainte à l’endroit du sénateur en raison de ses paroles, qui selon McBrearty, inciteraient au suicide. A sa défense, le sénateur Boisvenu s’est rétracté publiquement et il est vrai qu’il n’a peut-être pas expliqué, précisé ou nuancé comme il l’aurait voulu sa pensée concernant les criminels jugés irrécupérables. N’en demeure pas moins que ce qui a été dit a été dit, même si ça été de façon maladroite. Je pense spontanément à ceux qui ont perdu un proche parce qu’il s’est suicidé, aux gens aux prises avec des idéations suicidaires. Ces propos sont choquants et irrespectueux à leur endroit.

Je concède que le sénateur a dû traverser des épreuves que bien peu traversent au cours d’une vie: sa fille Julie a été lâchement assassinée par un récidiviste en 2002 et il a perdu son autre fille, Isabelle, dans un accident de la route, en 2005. Cela teinte nécessairement son jugement et je le comprends, il faudrait d’ailleurs avoir un coeur de pierre pour que cela ne soit pas le cas. Le sénateur Boisvenu est un militant des droits des victimes d’acte criminel et il ne ménage pas ses efforts pour qu’elles aient autant de droits et ressources que des délinquants. Je ne le dirai jamais assez: je trouve qu’il s’agit d’une quête admirable et j’espère qu’un jour on atteindra ce but, sincèrement. Toutefois, j’estime, et je ne suis pas la seule, que monsieur Boisvenu n’est pas objectif en ce qui concerne notre système de justice, ce qui en sorte qu’il s’acharne à vouloir que des lois répressives soient votées, qui ne répondent pas toujours à de réelles lacunes et besoins de notre système judiciaire. Par ailleurs, la Société de criminologie du Québec a indiqué via son compte Twitter, en date du 1er février dernier, que le NPD et les libéraux ont demandé le retrait du sénateur Boisvenu du comité sénatorial chargé d’étudier le projet de loi C-10. Projet de loi qui se veut, selon la majorité des spécialistes du domaine judiciaire, basé sur des cas atypiques, de la désinformation et de faux besoins en matière judiciaire. Voici d’ailleurs ce que Mylène Jaccoud, professeure agrégée à l’École de criminologie et chercheure associée au Centre international de criminologie comparée (et qui m’a déjà enseignée la méthodologie qualitative dans le cadre d’un cours préparatoire à la maîtrise), avait à dire à ce propos (plus de détails sur le site des nouvelles de l’Université de Montréal):

Le projet de loi C-10 propose de s’attaquer à un phénomène criminel présenté comme de plus en plus présent et préoccupant dans la société canadienne. Or, les statistiques indiquent que la criminalité est non seulement à la baisse, mais que l’implication des jeunes dans les crimes graves est faible et que le modèle canadien de libération conditionnelle et de réinsertion sociale, modèle de plus en plus reproduit dans le monde, est une réussite. Le projet de loi se veut également une réponse à une demande des citoyens qui seraient inquiets et réclameraient des mesures plus répressives. Or, les études démontrent que, lorsqu’on offre l’occasion aux citoyens de réfléchir sur les questions de justice, ils proposent des peines comparables à celles imposées par les tribunaux et adoptent des attitudes très nuancées qui prônent la réhabilitation plutôt que la répression. Le projet de loi C-10 se veut également une manière de répondre aux attentes et désirs des victimes. Or, l’ensemble de la communauté scientifique s’entend pour dire que les victimes sont satisfaites quand elles sont d’avis que le processus judiciaire a été juste et qu’elles ont été entendues. La durée de la peine a très peu d’effet sur leur satisfaction. Nous déplorons le fait que plusieurs acteurs politiques basent leur argumentation sur des cas atypiques (p. ex. Karla Homolka) qui suscitent la révolte et la peur et non sur des données scientifiques.

Selon vous, le sénateur Boisvenu a-t-il encore sa place au comité sénatorial, au sénat?

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