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Feb
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J’aimerais clarifier un point concernant la fameuse libération au sixième de la peine parce que c’est un concept que les médias ont parfois de la difficulté à saisir. J’ai effectivement relevé quelques erreurs au fil des ans lorsque des journalistes affirmaient avec sarcasme qu’un détenu serait libéré au sixième de sa peine et que dans les faits, c’était impossible.
Dans une première mesure, sortir au sixième de sa peine signifie que le/la libéré(e) sous conditions bénéficie d’une semi-liberté selon la procédure de l’examen expéditif. Globalement, un/une détenu(e) y est admissible s’il s’agit de sa première peine de détention fédérale et que l’infraction commise est exempte de violence.
Le gouvernement conservateur révise actuellement les conditions d’octroi des formes de libération conditionnelle. Il désire miser davantage sur la protection de la société que sur la réhabilitation des délinquants en montant d’un cran les critères d’admissibilité. À titre d’exemple, le fait de rendre la libération d’office méritoire (libération au 2/3 de la sentence) et le fait de supprimer l’octroi de la semi-liberté selon la procédure d’examen expéditif. De cette façon, les individus libérés auraient mérité leur libération et non se l’être vue accorder par un processus automatique.
Pour ma part, je trouve important qu’on mette l’accent sur la réhabilitation des contrevenants, mais je ne suis pas contre le fait de resserer les critères d’admissibilité à l’octroi d’une libération conditionnelle. Beaucoup de clients passent dans les mailles du filet et on se rend compte, une fois en maison de transition ou en communauté, que l’individu en question aurait peut-être eu besoin de passer plus de temps en détention, tant pour lui que pour la protection de la société. D’autres ont carrément dit qu’ils ne voulaient pas sortir ou qu’ils n’étaient pas prêts.
J’ai moi-même constaté à maintes reprises la différence entre un client qui a eu à passer en audience devant la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC), où il a dû se faire cuisiner par les commissaires, se justifier quant aux raisons pour lesquelles il mériterait d’être libéré. Bref, faire ses preuves quant à son cheminement et au risque qu’il représente pour la collectivité. Contrairement à celui qui s’est vu octroyer, sur dossier, une semi-liberté et une libération conditionnelle sans avoir eu à faire ses preuves. En quelque sorte, ces derniers n’ont pas mérité une libération aux yeux d’une instance supérieure, ils ont simplement été libéré parce que c’est la loi.
Et vous, pour ou contre le resserrement des critères d’admissibilité?
La Criminologue
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23:11
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Feb
2
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Je vous décrivais ici mon initiation à la prison. Je vous raconterai aujourd’hui ma toute première expérience d’un pétitencier fédéral à sécurité médium, ce qui est complètement différent. J’allais rejoindre une collègue dans le cadre d’une audience devant la Commission Nationale des libérations conditionnelles (CNLC) au pénitencier Archambault à Sainte-Anne-des-Plaines.
Comme c’était au milieu de nulle part et que je n’avais aucune idée où ça se trouvait, je suis partie très tôt ce matin-là. Je pensais m’être perdue au milieu des terres agricoles quand j’ai finalement aperçu des barbelés au loin, j’étais donc presque rendue. Cliquez sur le lien suivant, qui illustre vraiment bien ce que je veux dire. Au besoin, déplacez l’image avec les flèches. http://wikimapia.org/2467062/fr/%C3%89tablissement-p%C3%A9nitencier-Archambault
Premier problème. C’est lequel, l’établissement Archambault?? Parce que sur le site se trouve notamment le Centre régional de réception (sécurité maximale), là où tous les détenus sentencés au fédéral se rendent initialement pour être évalués et se faire attribuer une cote de sécurité, l’Établissement Sainte-Anne-des-Plaines (sécurité minimum) et l’établissement Archambault (sécurité médium).
Je me stationne donc devant ce qui semblait être le pénitencier que je cherchais et comme il me restait une heure à tuer, j’ai décidé de rester dans mon auto pour lire le journal. Ça n’a pas pris 5 minutes qu’un fourgon du Service Correctionnel du Canada est venu se stationner à côté de moi. Le gardien m’a demandé ce que je faisais là et je le lui ai expliqué. Satisfait, il m’a rappelée qu’il était préférable que je stationne mon auto de façon à ce que ma plaque d’immatriculation ne soit pas visible du pénitencier. C’est une mesure de prévention que l’on prend généralement quand on se rend dans des établissements à sécurité médium en montant.
On finit donc par rentrer dans l’établissement. Mais n’entre pas là qui veut. On doit d’abord passer par le détecteur de métal et les rayons x. Avoir su j’aurais fait le ménage des mes poches AVANT. Il a fallu que je remette ma mallette trois fois sur le tapis roulant des rayons x parce qu’il y avait quelque chose qu’ils étaient incapables de détecter…pour finalement découvrir que c’était la ganse de la mallette que j’avais serrée dans une pochette. Tsé quand on stick sur des détails, c’était pas un gun quand même.. enfin. Mais au moins ça prouve qu’ils sont vraiment axés sur la sécurité. C’est très important de contrôler tout ce qui entre dans un établissement de détention. Il y avait aussi un chien qui détecte la présence de drogue. Mais attention! Il ne faut pas le flatter, il est sur la job! Ce qui m’a le plus frappée, c’est la présence plus accrue des gardiens, comparativement aux pénitenciers à sécurité minimum. Ça paraîssait qu’on avait monté d’un cran de sécurité..
J’ai eu le plus souvent à me rendre à l’établissement Leclerc (sécurité médium), ou le «chic Leclerc» dans le jargon, en raison des entrevues post-suspension. C’est un établissement très, comment dire, vraiment vieux et un peu décrépit. Ce n’était pas rare qu’en été, quand j’allais visiter mes clients, ils me disaient qu’il y avait des gros rats et qu’ils ne pouvaient pas boire l’eau de l’abreuvoir sans l’avoir purgée pendant 5 minutes. Même si c’est marqué sur une pancarte, devinez qui a déjà été indisposée d’avoir bu de cette eau sans avoir fait la purge nécessaire?? Ben oui, encore moi!
La Criminologue
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13:46
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Jan
28
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Il est possible de passer une nuit en prison sans détenir de casier judiciaire.
Comment?
En tentant l’expérience Une nuit en prison à la vieille prison de Trois-Rivières, qui a été fermée en 1986 et qui est classée monument historique. Vous allez apprendre plein d’informations sur la prison en tant que tel, les règles de l’établissement comme les rites d’initiation, entre autres, et tout sur la vie en prison.
Une de mes collègues s’est prêtée à l’expérience et à ce qu’elle m’a raconté, tout le monde aurait vraiment apprécié. On y retrouve aussi le Musée québécois de culture populaire tout juste à côté, où vous pouvez assister à l’exposition de Québec en crimes, qui détaille l’histoire criminelle du Québec ainsi que les cas ayant été le plus médiatisés. J’y reviendrai plus tard.
En ce qui concerne la nuit en prison à proprement dit, vous arrivez, la nuit tombée, et vous êtes «enfermés» par les guides, qui sont des ex-détenus, dans une cellule commune en attendant d’aller prendre vos empreintes et votre photo de détenu, qui serviront à constituer votre dossier. Il vous sera remis le lendemain avec la mention «libéré», si on vous octroie une libération, bien entendu..
S’en suit une visite guidée de la prison, qui a conservé son cachet d’antan (sa construction date de 1822). On peut être témoin des conditions de détention misérables, qui pourtant, sont encore bien présentes à travers le monde.
Voici en premier lieu une aile, ou une wing, comme on le dit dans le jargon.
Voici le trou. En général, on y envoit les détenus qui peuvent menacer leur propre sécurité, celle d’un co-détenu ou celle d’un membre du personnel. Voyez comme ça semble chaleureux.. J’ai déjà fait des entrevues post-suspension dans le trou, mais ça n’avait rien à voir avec ce qu’on voit là. D’ailleurs, je vous avait promis que je vous raconterais.. à suivre.
Les toilettes. Pas celles que vous allez utiliser au cours de votre nuit en prison là! Celles que les détenus utilisaient à l’époque. Hé non, je ne me suis pas trompée de photo, c’est le sceau en métal..
Et où vidait-on les sceaux quand ils étaient pleins? Dans le plancher grillagé voyons! Inutile de dire que l’odeur devait être assez désagréable, surtout en pleine canicule..
Voici les parloirs, bien différents de ceux que l’on retrouvent aujourd’hui dans les prisons et les pénitenciers.
Ici on retrouve la cellule des condamnés à mort. Parce qu’on pratiquait la peine capitale dans cet établissement, je vous montrerai ensuite des signes caractéristiques à l’architecture qui permettent de l’affirmer. On peut lire sur le mur «J’ai aimé, j’ai souffert. Maintenant, je haïs.»
Avez-vous remarqué la corde en forme de cerle en haut de la porte principale de la prison sur la 1ère photo? Ça signifie que l’établissement pratiquait la peine de mort par pendaison. Sur la photo suivante, l’orifice qui a été bouché était en fait l’endroît où les détenus condamnés à mort étaient pendus.
Ensuite, c’est le temps d’aller dormir et pas question de manquer de discipline, sinon le gardien viendra vous rappeler à l’ordre! J’exagère! Ma collègue m’a dit qu’ils ont été hyper généreux de leur temps et super sympatiques. Et puis c’est pas comme si vous aviez une vraie peine de détention à purger! Vous pouvez aller et venir comme vous voulez. Voici l’endroit où vous passerez la nuit et la photo du gardien, un peu tanné qu’une gang de filles placote jusqu’aux petites heures du matin!
La visite de l’exposition Québec en crimes, qui se fait le lendemain matin, a également été fortement appréciée. On y retrouve une panoplie d’objets provenant des enquêtes judiciaires les plus populaires du 20e siècle, telles que ceux ayant appartenu à Monica la Mitraille, Moïse (Roch Thériault), Aurore l’enfant martyre, ceux reliés au Temple solaire, le Caporal Lortie, Jacques Mesrine..
Voici des objets ayant servi à torturer la pauvre petite Aurore, surnommée avec raison, l’enfant martyre.
Et ensuite, vous avez votre libération conditionnelle et vous pouvez partir!
Si vous voulez visiter la vieille prison de Trois-Rivières et/ou le musée sans y passer la nuit, c’est également possible et c’est très peu dispendieux. Mais je vous conseille la totale, surtout si vous êtes étudiants dans le domaine, il paraît que c’est extrêmement enrichissant. Je vais essayer de convaincre mon monde et je vous en redonne des nouvelles. J’ai bien envie de vivre cette expérience, peut-être que ça me permettra de comprendre davantage ce que la clientèle peut vivre et ressentir d’évoluer dans un tel établissement, même si les conditions ont beaucoup changé.
Un gros merci à ma collègue S/A, qui m’a fourni de précieuses informations et toutes les photos qui se trouvent dans cet article.
Pour de plus amples informations:
VIEILLE PRISON DE
TROIS-RIVIÈRES
ET MUSÉE QUÉBÉCOIS
DE CULTURE POPULAIRE
200, rue Laviolette
Trois-Rivières (Québec) G9A 6L5
Téléphone : (819) 372-0406
Télécopieur : (819) 372-9907
info@enprison.com
La Criminologue
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13:10
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Jan
21
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Nous devions participer à une formation dans le cadre de notre travail, que nous suivions avec des gens de divers milieux de l’intervention (travailleurs sociaux, psychologues, psychoéducateurs). Les gens nous demandaient souvent des questions sur notre métier, comment c’était de travailler dans un milieu carcéral et/ou avec des ex-détenus. L’animatrice a alors raconté une anecdote du temps où elle travaillait en prison. Lorsqu’on lui a présenté son nouveau client, elle s’est fait mettre en garde à l’effet qu’il serait un sacré fouteur de trouble. Sur le ton de la confidence, son collègue a ajouté qu’il organisait même des bingos. ”Mais quelle belle activité communautaire! Je ne vois pas où est le problème?” qu’elle s’était exclamée.
Mes collègues et moi avions tous un sourire en coin, tandis que les autres participants ne comprennaient pas trop, ils avaient l’air d’avoir loupé quelque chose. Ce qu’ils ne savaient pas, et l’animatrice à l’époque non plus, c’est qu’un bingo, dans le jargon du milieu, c’est une émeute, déclencher une désorganisation générale dans l’établissement..
La criminologue
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12:08
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Dec
28
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Pendant que L’intervenant réalisait son stage parmi nous, il m’a accompagnée dans le cadre d’une entrevue post-suspension que je devais réaliser pour un de mes clients. Une entrevue post-suspension consiste à aller voir la personne en question au pénitencier, suite à la suspension de sa libération, afin qu’elle s’explique sur les raisons pour lesquelles c’est arrivé. On évalue les efforts qu’elle est prêt à fournir pour demeurer dans le droit chemin, mais surtout, si le plan proposé permet de garder le risque représenté à un niveau acceptable pour monsieur/madame tout le monde. Si tel est le cas, concrètement, lorsque la libération d’un client est suspendue, nous pouvons décider d’annuler cette mesure et le réintégrer à la maison de transition. Par exemple, un grand consommateur de drogues dures qui ne veut pas arrêter de consommer et qui ne reconnaît pas qu’il a un problème et/ou estime qu’il ne doit rien faire pour changer a de bonnes chances de voir sa libération révoquée de façon permanente. D’autant plus s’il commet ses délits en étant intoxiqué et/ou pour subvenir à sa dépendance aux intoxicants.
Donc première fois pour L’Intervenant qu’il mettait les pieds dans LE pénitencier qu’il rêvait de visiter depuis le début de son stage : L’établissement Leclerc à Laval, un pénitencier à sécurité médium. Tout enthousiaste de réaliser une entrevue post-suspension, il se met à jaser et n’est plus arretable. Mais on avait beaucoup de fun je dois dire! Lorsque nous sommes passés à travers les détecteurs de métal et qu’ils ont passé nos effets personnels aux rayons X, j’ai eu peur qu’on nous revire de bord. C’est que L’Intervenant me racontait que des traces de cocaïne avaient été détectées sur un de ses billets de 20$ lorsqu’il a visité un autre établissement de détention. C’est assez fréquent selon ce que le gardien lui avait dit. C’est que d’infimes traces s’incrustent aux fibres des billets. Par exemple, un consommateur de drogue peut, en manipulant son argent ou en prisant (sniffant) de la drogue avec un billet roulé, laisser des traces sur ses billets et les mettre en circulation lorsqu’il fait des achats. Cela fait en sorte que n’importe qui peut s’en voir remettre un, comme un intervenant en maison de transition qui se retrouve en sa possession dans un pénitencier. Faut être bad lucké je trouve.. J’ai vraiment eu peur qu’en entendant ça, le gardien devant nous croit que c’était un junky ou bien qu’il ait dans l’idée d’entrer de la drogue dans l’établissement. Finalement, il est devenu chummy chummy assez rapidement avec lui, qui n’a évidemment rien trouvé à nous reprocher. Fiou!
J’aurais dû lui faire croire qu’il devait subir une fouille à nu, juste pour me vanger d’avoir cru que c’est le sort que le gardien me réservait lors de ma 1ère visite en détention rigoler un peu. J’aurais essayé de garder mon sérieux en lui disant:
- ”Écoute je vais faire mon entrevue pendant qu’ils vont vérifier que tu ne caches pas de drogue dans… (en chuchotant) ton rectum. C’est normal, on passe tous par là. À tantôt!”
Mais non!! Personne ne lui a fait croire, à lui, ce genre de choses. Pfff
La criminologue
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17:21
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Dec
26
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J’ai fait tout un cauchemar cette nuit. Vous savez le genre de rêve qui paraît si réel et vous êtes tellement soulagés quand vous vous rendez compte que vous rêviez?
Je vous mets en contexte. Je devais remplacer mon amie à l’endroit où elle travaille, la même que dans le billet ”Tu me casses les couilles”. Elle m’indique les tâches que j’aurai à accomplir et on s’en va dans un pénitencier. Je ne sais pas pourquoi on se retrouve là, enfin. Je me souviens m’être dit que les détenus avaient l’air frustrés, certains d’entre eux nous regardaient de travers. Je vais donc à la salle de bain et je me dis que je devrais barrer la porte. Là, un détenu à l’air très menaçant entre dans la pièce avant que je barre la porte et me viole. Pour être sûr que je ne parlerai jamais, il me dit qu’il veut me tuer. Je suis terrorisée et j’essaie de m’enfuire. J’ai alors grimpé sur une toilette et je me suis hissée dans le faux plafond, pour me cacher dans… la laine minérale. C’est là que je me suis réveillée. Fucké hein?!
Je ne sais pas ce que je dois retirer de tout ça, mais si mon amie me demande d’aller la remplacer, c’est non!
La criminologue
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17:02
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Dec
23
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Comme à peu près toute personne normale qui entre dans un pénitencier pour la première fois, j’ai été impressionnée. En fait, quand je me suis finalement rendue parce qu’à Laval les établissements de détention ont tous été construits en tapon les uns à côté des autres. Je me demandais comment j’allais bien pouvoir entrer là-dedans, quand je me suis rendue compte que c’était finalement la réception de la marchandise. Une chance que j’ai vu des personnes entrer par la porte principale parce que je serais probablement encore là à attendre.
Je finis donc par entrer et j’attends avec deux visiteurs que le gardien ouvre la porte. Pour passer le temps j’ai lu les règlements des visites et les deux jeunes femmes à mes côtés ont fait de même. L’une d’entre elle a lu à voix haute qu’il était interdit de porter des jupes qui arrivent à, je-ne-me-souviens-plus-le-nombre-de-pouces, au-dessus du genoux. Elle commente le dit règlement : ”Tabarnack, j’ai aucune jupe aussi longue que ça sti!”. Elles attendaient un détenu qui était libéré le jour même. Quand il est sorti il s’est exclamé : ”Enfin sorti! Un pas vers la liberté!” J’ai trouvé ça cute.
Passée la porte principale, je n’avais aucune, mais aucune idée comment m’orienter dans le bâtiment. C’était évident que c’était la première fois que j’entrais dans un établissement de détention fédéral. Un gardien a profité de ma naïveté et m’a fait à croire qu’il fallait que je me fasse fouiller à nu. J’ai balbutié: ”Quoi?! Ben là, c’est parce que..”. ”Ben non la p’tite!! C’tune farce!!” qu’il m’a répondu. Je ne l’ai pas trouvée drôle pentoute, mais j’ai fait comme si.
Ma collègue et moi attendions dans la salle des visites de passer devant la Commission Nationale des libérations conditionnelles pour un client dont la libération avait été suspendue. Pour passer le temps, je suis allée jeter un coup d’oeil sur les jeux mis à la disposition des enfants. Peu de temps après être retournée attendre qu’on nous appelle, un gardien est allé fouillé tout ce que j’avais touché, sans doute pour voir si je n’avais pas caché de la drogue dans un jeu de société..
Tout ça s’est déroulé dans un pénitencier à sécurité minimum. Je vous conterai une autre fois la première fois où je me suis rendue dans un établissement à sécurité médium, c’est complètement une autre game. Ah puis la fois où j’ai fait ma première entrevue post-suspension dans le ”trou”. Ah pis la fois.. Mais tout ça, je vous le raconterai..très bientôt!
Passez une belle journée!
La criminologue
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8:09
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