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Aug
15
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Une collègue criminologue a décidé de me faire parvenir un texte fort intéressant concernant les toxicomanes aux prises avec des problèmes de justice. Le voici dans son intégralité:
“J’ai décidé de vous écrire lorsque j’ai lu votre article intitulé “On inverse les rôles ?” pour vous faire part des défaillances de notre système judiciaire auxquelles je suis confrontée à tous les jours et également, la problématique de santé mentale davantage présente.
Je travaille au Centre de traitement des dépendances Le Rucher, à titre d’agente de liaison judiciaire. Mon travail consiste à évaluer des personnes prévenues ou détenues dans divers centres de détention au Québec. Les personnes que j’évalue ont une forte problématique de toxicomanie et souvent, ont été victimes d’abus physiques ou sexuels au cours de leur enfance. Lorsque la personne démontre une grande motivation, elle vient à notre Centre, une thérapie d’une durée minimale de six mois. Le problème se pose surtout avec les personnes prévenues. Lorsque nous les acceptons à notre Centre, elles sont libérées sous un engagement de la Cour avec la condition de poursuivre et compléter la thérapie. Si au cours de la thérapie, elle ne fonctionne pas, nous pouvons la retourner au Centre de détention. Notre thérapie est très longue, parfois les personnes peuvent demeurer à la Maison jusqu’à 8 mois. Il arrive cependant que, lorsque la personne prévenue termine la thérapie, elle soit retournée au Centre de détention plutôt que d’avoir une peine dans la collectivité. Il s’agit d’une situation aberrante, puisque cette personne ne représente plus de risque pour la société étant donné que son délit était en lien avec sa toxicomanie. Je suis d’avis que nous gâchons tout le travail de réhabilitation en retournant la personne en détention, uniquement dans le but qu’elle purge sa peine. Je me questionne à savoir, pourquoi les libérons-nous pour les réhabiliter si ce n’est que pour les retourner en prison, endroit où la consommation est fortement présente ?
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21:07
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