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Sérieux

Jun
21
La Criminologue

Je vous demandais dans ce billet si vous entretiendriez une relation de couple avec quelqu’un qui est, ou qui a déjà été en prison. Vous avez été nombreux à vous prononcer et la plupart d’entre vous m’avez répondu que oui, mais que cela dépendait du crime commis.

Mais il y a une catégorie de personnes qui ne devrait jamais avoir à se poser la question et c’est la catégorie des intervenants. Et attention, je ne parle pas d’une relation amoureuse avec un individu ayant fait de la prison il y a vingt ans et qui a obtenu son pardon, mais bien des intervenants avec leur clientèle actuelle. On entend souvent des anecdotes d’intervenants, surtout des intervenantEs, qui sont tombées sous le charme d’un client. J’avoue que j’ai déjà entendu des histoires à la Roméo et Juliette où le couple est encore uni après toutes ces années. Dans ces cas-là, l’intervenant en question, souvent une femme, laisse tomber son emploi pour vivre son histoire d’amour avec celui dont elle est tombée amoureuse. Mais des histoires où on retrouve le mix intervenant/client qui perdurent au fil du temps ne courent pas les rues. Certains peuvent faire miroiter la lune à leur intervenante pour se voir octroyer certains privilèges, certains sont vraiment amoureux. Si ça arrive, je suis toutefois d’avis que l’intervenante ne peut continuer à exercer ses fonctions. Ce n’est tout simplement pas éthique, comment pourrait-elle continuer à être objective et prendre les décisions nécessaires à la protection du public si cela causera préjudice à son chéri? Mentionnons aussi la perte de crédibilité et de confiance de la part de l’employeur. J’ai trouvé certaines femmes courageuses de laisser tomber une carrière florissante pour une histoire d’amour qui ne faisait que commencer et dont le succès était plus qu’incertain. J’en ai aussi trouvé d’autres bien naïves de le faire.

Même si entretenir une relation de couple avec un client est pour moi impensable, loin de moi l’idée de condamner ceux et celles qui ont choisi cette voie. Seulement, il faut y penser à deux fois avant d’actualiser une telle relation; c’est la carrière ou les amours. Et comme tout finit par se savoir et que notre réputation nous suit longtemps, il faut absolument être sûr de sa décision et être prêt à affronter vents et marées pour quelque chose qui risque d’être éphémère. Parce que dans une telle histoire d’amour, la personne qui a le plus à perdre, c’est l’intervenante.

Les pièges de la séduction en intervention et comment les surmonter suivront dans un billet ultérieur.

La Criminologue

La Criminologue
11:30
 
Jun
16
La Criminologue

J’ai retrouvé un article qui était, je ne sais pas comment, disparu sous le statut de brouillon et je me suis dit que ce serait une bonne idée de le re-publier puisqu’il s’agit d’un sujet tabou.

Quand j’animais des ateliers dans les milieux communautaires, celui qui captivait le plus les participants traitait du suicide.  Aussitôt, les participants racontaient avec beaucoup d’émotion des histoires personnelles liées à ce sujet qui les touchait tous, de près ou de loin.

Voici d’ailleurs le diaporama que j’avais créé comme support visuel à l’animation de ma session de discussion.

Le suicide – Groupe de discussion

J’aimerais vous poser deux questions, qui ont suscité plusieurs débats lors des séances d’animation.

1) Le suicide: acte de courage ou acte de lâcheté?

2) Êtes-vous pour ou contre le suicide assisté?

Nous avons, pour la plupart, tous été touchés par le suicide.  Dans mon cas, heureusement jusqu’à présent, j’ai été épargnée au niveau de mon entourage.  Mais lorsque quelqu’un est confronté à cette situation, il entre dans un immense tourbillon de questions, dont la première: «Pourquoi?»

- «Voyons donc ça ne se peut pas je l’ai vu cette semaine!»

- «Comment ça je ne l’ai pas vu venir? Il avait l’air bien pourtant..»

- «Pourquoi il ne m’avait jamais parlé qu’il était si malheureux?»

- «Pourquoi??»  Elle revient souvent celle-là, parce que la personne disparue nous laisse seul avec nos questions, qui demeureront à jamais sans réponse.

Viens ensuite les remords:

- “J’ai peut-être dit ou fait quelque chose qui l’a poussé à s’enlever la vie.”

- “Si je n’avais pas remis notre rendez-vous, peut-être qu’il serait encore ici.”

- “Il y a sûrement des signes que je n’ai pas vus venir!”

-”Je n’étais pas assez présent(e).”

Mais bien souvent, les remords ne servent à rien parce que la souffrance d’une personne qui a des idéations suicidaires va, à mon avis, bien au-delà de ces futilités.

Quand quelqu’un en est venu à considérer que la mort est la seule porte de sortie, c’est que la souffrance est rendue insupportable.  Je ne dirai jamais assez d’oser demander de l’aide.  Parce qu’à ce moment là, il est vrai qu’il est presque impossible de voir la lumière au bout du tunnel.  Mais en tendant la main, en acceptant de recevoir de l’aide et à travailler à se débarrasser de ce qui nous fait si mal, il est possible d’éliminer peu à peu la souffrance qui a envahi notre vie.  Avant d’envisager de s’enlever la vie, souvent pas parce que la personne veut mourir, mais bien juste pour éteindre cette immense souffrance, je ne vous dirai jamais assez d’aller chercher de l’aide.  Parce que le suicide est souvent l’espoir de ceux qui n’en ont plus, laissez-vous aider.  Elle est peut-être moche et cruelle par moment, mais elle en vaut la peine, la vie.

Suicide Action Montréal : Montréal et les environs (514) 723-4000 et ailleurs au Québec 1-866-APPELLE (277-3553)

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18:26
 
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Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

Pour me joindre: lacriminologue@live.fr

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