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Oct
13
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Est-ce que ça vous est déjà arrivé de vous réveiller avec la gueule de bois et de vous dire : “Je ne boirai plus jamais d’alcool, JAMAIS!!!!”. Le mal de bloc, le coeur sur la flotte, les étourdissements: tous des symptômes que vous vous êtes juré de ne jamais revivre tellement c’est insupportable. Avez-vous remarqué que plus les jours filent, moins vous y pensez et votre conviction de ne plus boire une goutte d’alcool s’estompe graduellement? Et voilà qu’une semaine plus tard, l’alcool coule à flots et le souvenir de la gueule de bois, miraculeusement envolé.
Pourquoi je vous parle de lendemain de veille sur un blogue à saveur criminologique? Bien, parce que la fameuse promesse de lendemain de brosse est une analogie que nous utilisons fréquemment dans le cadre de notre travail en lien avec le désir de demeurer dans le droit chemin.
Souvent, nous entendons les nouveaux libérés conditionnels clamer haut et fort que la prison, c’est du passé et que plus jamails ils n’y remettront les pieds tellement ils ont détesté leur expérience carcérale. Bien évidemment, nous les félicitons de leurs bonnes volontés et les encourageons à fournir les efforts nécessaires pour demeurer des citoyens respectueux des lois. Toutefois, nous les mettons aussi en garde qu’il est possible que leurs convictions soient ébranlées au fur et à mesure qu’ils rencontreront des obstacles à leur réinsertion sociale. Il est alors possible que les mauvais souvenirs reliés à la vie criminelle et à la détention se fassent graduellement moins douloureux. Peut-être qu’un sentiment de découragement naisse au fur et à mesure que l’individu rencontre des difficultés sur son chemin et que peu à peu, les convictions de ne plus jamais fréquenter le milieu interlope s’effritent. C’est pourquoi nous faisons la comparaison avec la promesse du lendemain de brosse: pour illustrer qu’on a tendance à se promettre bien des choses au lendemain d’une expérience douloureuse. Cependant, on ne peut pas tenir une promesse seulement avec la pensée magique et il faut prendre conscience qu’il est possible que nos convictions soient ébranlées, mais que cela ne veut pas dire qu’il faut les abandonner. En reconnaissant cela, il est alors plus facile de mettre en place des stratégies qui aideront la personne à garder le focus sur son objectif, même si peut être tentée de dévier de sa trajectoire.
Comme quoi tous les outils d’intervention sont bons quand on veut vraiment aider quelqu’un! Et vous, quel truc, conventionnel ou pas, avez-vous essayé, qui a fait ses preuves dans votre entourage?
La Criminologue
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21:20
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Oct
4
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J’ai la chance d’avoir été élevée par des parents ouverts d’esprit, qui m’ont appris qu’on ne pouvait pas être tous pareils et qu’on pouvait apprendre beaucoup de ceux qui étaient différents de nous: de culture différente, de religion différente, d’orientation sexuelle différente, etc. Pour moi, même si je ne suis pas parfaite, la tolérance et l’ouverture d’esprit sont présentes chez moi, mais il semble que ce ne soit pas toujours le cas pour d’autres.
J’ai eu à visiter un établissement hospitalier récemment et il était indiqué que les femmes enceintes ne pouvaient exercer de discrimination quant à l’origine ethnique et au sexe de leur médecin traitant. Elles devaient d’ailleurs signer une décharge à cet effet. Toujours à l’hôpital, un viellard s’époumonait qu’il ne voulait pas se faire soigner par “une crisse de négresse” (je vous jure..). Un de mes amis plombiers m’a un jour confié qu’ils ont refusé d’embaucher une femme qui postulait pour l’entreprise pour laquelle il travaillait, tout simplement parce que les dirigeants croyaient qu’elle n’était pas faite assez forte. Pourtant, il paraît qu’elle était charpentée comme une armoire à glace.
Je vais vous poser quelques questions et j’aimerais que vous soyez honnêtes dans vos réponses parce que je le serai aussi. Alors voici:
1) Feriez-vous réparer votre voiture par une mécanicienne?
Même si c’est un domaine majoritairement masculin, je ferais entièrement confiance à une mécanicienne. Au moins, mon volant ne sera pas tout plein de graisse quand je reprendrais possession du véhicule hehe
2) Inscrireriez-vous votre enfant dans une garderie en milieu familial exploitée par un homme célibataire, sans enfants?
J’ai un peu honte de le dire, mais j’avoue que j’aurais quelques réticences. Non pas que seules les femmes sont en mesure de bien s’occuper d’un enfant, bien au contraire. Peut-être à cause de mon domaine, où les hommes sont plus nombreux à être condamnés pour agression sexuelle sur des mineurs, j’ai tendance à trouver un peu bizarre qu’un homme célibataire, sans enfants de surcroît, décide d’exploiter une garderie. Je ne suis pas en train de dire que tous les hommes sont des pédophiles en puissance; j’ai connu bien des pères qui s’occupaient beaucoup mieux de leurs enfants que leur mère. Ceci dit, je pense que par déformation professionnelle, je choisirais une garderie en milieu familial tenue par une femme.
3) Vous feriez-vous soigner par un médecin d’une autre origine ethnique que la vôtre?
Définitivement. D’ailleurs, tous les médecins spécialistes avec lesquels j’ai fait affaire étaient d’une origine différente de la mienne et cela ne m’a posé aucun problème.
4) Accepteriez-vous que votre banquier gère votre porte-feuille tout en sachant qu’il vient tout juste de terminer l’université?
Je dois avouer que je suis un peu chatouilleuse là-dessus. On m’a donné ma chance quand j’ai terminé mes études, mais c’était évident que je n’avais pas gagné la crédibilité d’une clinicienne d’expérience; cela s’acquiert avec le temps et même encore là, je n’ai pas encore 35 ans de métier dans le corps. On associe souvent inexpérience et incompétence, mais ce n’est pas parce que quelqu’un a peu ou pas d’expérience qu’il est incompétent. Je connais des professionnels qui ont trente ans de métier derrière la cravate avec un niveau d’incompétence difficile à égaler, croyez-moi. J’ai vécu une expérience directement reliée à la question posée: ma conseillèe financière (expérimentée et très douée) a soudainement pris sa retraite, laissant ses clients au bons soins d’une finissante. J’étais quelque peu réticente au début parce que mon dossier était complexe, mais la jeune femme a rapidement su me gagner par son professionalisme et sa connaissance du domaine des finances. Je fais toujours affaire avec elle aujourd’hui et elle ne m’a jamais déçue.
5) Engageriez-vous quelqu’un détenant un casier judiciaire?
Bien sûr, tout dépend du domaine dans lequel vous oeuvrez et la nature de l’infraction vous allez me dire, et c’est normal. J’aurais beaucoup de difficulté à engager quelqu’un qui faisait des holdups dans des dépanneurs si j’en exploitais un moi-même. Pas plus que je serais encline à accepter dans mon équipe de déménageurs quelqu’un ayant commis des introductions par effraction. En fait, c’est surtout si l’infraction commise est liée au domaine d’emploi pour lequel la personne postule qui me pose davantage problème. Ceci dit, à l’inverse, certains anciens toxicomanes avec un passé criminel font d’excellents thérapeutes. Aussi, l’état de la réinsertion sociale est important pour moi: s’agit-il d’un libéré conditionnel ou quelqu’un qui vit depuis plusieurs années en tant que citoyen respectueux des lois?
Et la question qu’on m’a souvent posée dans les derniers mois:
6) Si tu étais aux prises avec des problèmes cardiaques et qu’il pouvait encore exercer, te ferais-tu soigner par Guy Turcotte?
Même si je trouve odieux qu’il ait assassiné ses enfants, je crois que je serais en mesure de discerner le meurtrier du cardiologue. Guy Turcotte était réputé être un excellent cardiologue, professionnel et attentionné, quelques personnes oeuvrant dans le domaine médical me l’ont confirmé. Aussi, il faut prendre en compte qu’il n’a pas enlevé la vie de ses enfants dans un contexte professionnel. Il y a des professionnels parmi ceux qui commettent des délits, qui n’ont parfois aucun lien avec leur champ d’expertise. Je lance des exemples plausibles qui peuvent tous se dérouler dans mon milieu de travail: un libéré conditionnel avec une formation d’infirmier pourrait appliquer les premiers soins à un intervenant ou un autre résident en ayant besoin, un résident oeuvrant comme plombier pourrait nous faire économiser du temps et bien des soucis en réparant un dégât d’eau lui-même. Alors, oui, même si je ne chercherais pas à ce que ce soit lui absolument, je n’aurais pas peur de tomber sur Guy Turcotte advenant que j’éprouve des problèmes cardiaques. Mais bon, on est dans le domaine de la spéculation puisqu’il semble peu probable qu’il ré-exerce un jour la médecine si on se fie à ce qui circule dans les médias.
J’ai hâte de vous entendre là-dessus!
La Criminologue
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20:15
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May
4
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Que durant nos rencontres avec nos clients, il arrive que notre esprit vagabonde et qu’on pense à ce qu’on pourrait bien manger pour souper ou qu’on planifie notre prochain week-end. Pas longtemps, l’espace de quelques secondes. Les grands adeptes parlent même de minutes.
Lorsque je travaillais en maison de transition, cela arrivait le plus souvent lorsqu’on me racontait une anecdote ennuyante, qui n’avait aucun lien avec le suivi clinique:
- ”Alors là, j’attendais en file chez Mc Donald quand j’ai vu un 25 sous par terre. Puis là je me suis dit que c’était sûrement un signe..”
- “Ah oui..”
Mais au fond je me dis: ”Hum, ça serait bon un Big mac, non, des croquettes. Avec de la sauce BBQ. J’ai faim tout d’un coup. Miam des bonnes croquettes.”
Depuis que je travaille pour les enfants, je me permets beaucoup moins ces petits ”écarts” puisque je peux échapper une information importante, ce qui pourrait avoir un impact majeur sur ceux-ci. Non pas que de ne pas être attentif, pour un court moment, en tant qu’agent de surveillance est sans conséquences, n’oublions pas qu’un agent gère le risque que les ex-détenus représentent pour la société. Seulement, c’est peut-être psychologique, mais je me dis que les enfants sont trop vulnérables pour que je me permette un vagabondage de la pensée lors de rencontres cliniques. Pourtant, il semble que ce soit sain, notamment pour se changer les idées, éviter d’être trop atteint émotivement, ou de péter les plombs lors de rencontres très difficiles. Malgré ma bonne volonté, je pense que je vais probablement recourir à ce moyen à l’occasion, sans toutefois que ça m’empêche de bien faire mon travail. Il faut prendre soin de soi comme intervenant si on veut bien intervenir avec notre clientèle. Je m’en vais justement prendre soin de l’intervenante en moi, qui a le cerveau à off: au dodo!
La Criminologue
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20:53
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Mar
30
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Les résidents qui ont les conditions spéciales de ne pas consommer de drogue et/ou d’alcool doivent se soumettre à des analyses d’urine selon une fréquence établie.
Or, il arrive assez souvent que certains d’entre eux consomment tout de même des intoxicants. S’ils sont malchanceux comme lui, ils auront à se soumettre un test d’urine le lendemain ou la journée même. Confrontés à un résultat positif, voici les raisons les plus bidons que j’ai entendues pour justifier le résultat, pour éviter d’avouer une consommation d’alcool et/ou de drogues.
5) «C’est mon rince bouche.» Depuis quand on boit son rince bouche?! En demandant de voir la bouteille en question, le client se rend vite compte qu’il s’est fourvoyé parce que le Crest Pro-santé ne contient PAS d’alcool..
4) «Je me promenais dans la rue, quand tout-à-coup, je suis passé à côté d’une gang de jeunes qui fumaient du pot. J’imagine que j’en ai respiré assez pour que ça paraisse dans mon test d’urine.» Lorsque j’explique que la fumée secondaire, respirée telle qu’il me la décrit, n’influence pas le résultat de l’analyse, généralement j’ai droit à 2-3 versions différentes. Après 15 minutes de niaisage, j’ai généralement des aveux.
3) «Ça doit être les médicaments que je prends, des fois les effets croisés, on ne sait jamais.» Même si je ne suis pas pharmacienne, je sais que même quand tu prends des anticoagulants, ça ne se transforme pas par magie en cocaïne.
2) «Je suis sûr qu’on m’a mis la drogue du viol dans mon verre, peut-être que ça serait ça.» L’organisme élimine très rapidement le GHB et là encore, ça ne se transforme pas en d’autres drogues, encore moins en THC (marijuana), cocaïne, morphine, etc..
1) «C’est probablement le plat que j’ai mangé au restaurant, j’imagine qu’il contenait de l’alcool.» Tu ne l’aurais pas plutôt accompagné d’un verre de vin, ton plat? Même quand je spécifie à l’individu que l’alcool s’évapore à la cuisson, il trouve le moyen de me dire qu’il est possible que le plat n’était pas bien cuit.
Voyons, qu’est-ce que j’ai dans le dos donc? Ah! Une poignée!..
La Criminologue
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6:27
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Jan
3
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Une qualité qu’un agent de libération conditionnelle/agent de surveillance doit absolument posséder est d’être en mesure de garder son sang froid. Un client monte le ton, tu gardes ton sang froid. Un résident se présente en étant intoxiqué, tu gardes ton sang froid. Tu dois faire arrêter un résident et tu es la seule personne présente, tu dois garder ton sang froid. On aurait un gun sur la tempe et il faudrait garder son sang froid. Ou en tout cas essayer le plus possible! Premièrement, il est primordial d’avoir conscience qu’on peut être anxiogène pour la clientèle et que nous pouvons mettre de l’huile sur le feu durant une situation de crise. Un intervenant pourrait même initier des situations de crise en transmettant son anxiété à un individu plutôt fragile. Notre but quand de tels évènements surviennent, éteindre la crise, sauver sa peau et celle des autres résidents.
La criminologue
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1:25
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Dec
24
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Ce n’est pas toujours évident. Certains, plus chanceux, ont la chance de célébrer avec leur entourage. D’autres, malheureusement passeront les fêtes seuls, parce que leurs proches sont soit trop loin, les ont reniés ou ils ont honte d’aller dans leur famille. Certains le méritent me direz-vous? Peut-être, mais il est toujours très difficile de devoir passer cette période de l’année seul.
Pour beaucoup d’entre eux, cette période de réjouissance apporte son lot d’angoisse. Les causes sont multiples: c’est le premier Noël qu’ils passeront à l’extérieur des murs depuis des années, ils n’ont pas les moyens d’offrir des cadeaux à leurs proches, ils appréhendent la réaction que causera leur présence dans les réunions de famille. Aussi, le commun des mortels mangt et boit beaucoup durant la période des fêtes. Par contre, il peut être difficile de voir les membres de leur entourage prendre un verre tandis qu’eux font des efforts surhumains pour demeurer abstinents. Certains auront également envie de noyer leur solitude dans la boisson ou la drogue, ou les deux. C’est pour ça que nous redoublons de vigilance durant la période des Fêtes. Nous avons des contacts avec les membres de leur famille, nous nous renseignons sur leurs plans. Nous les invitons aussi à se confier sur ce qu’ils ressentent. De plus, nous essayons de recréer une ambiance festive pour que tous, qu’ils aient contact avec leur entourage ou non, puissent connaître un beau réveillon de Noël. Nous organisons effectivement un party de Noël avec des mets traditionnels et nous leur offrons des cadeaux. Les membres de leur famille sont les bienvenus et cela donne souvent lieu à de beaux moments. Je trouve toujours émouvant de voir un visage d’enfant s’illuminer en voyant le vrai Père-Noël, oui oui le vrai de vrai!, arriver avec sa poche de cadeaux. Bien évidemment, c’est un résidant, bedonnant si possible, qui se prête au jeu et se déguise pour l’occasion. On passe toujours de beaux moments, les gens sont plus détendus et on peut prendre le temps de discuter avec les résidants dans un contexte moins rigide que celui d’un suivi libératoire.
Pour ceux qui réveillonneront avec leur entourage, j’espère que vous êtes conscients de la chance que vous avez et amusez-vous! Pour ceux qui sont seuls pour Noël, faites-vous plaisir. Faites une activité que vous aimez et gâtez-vous!
Le temps file et je dois y aller, mais je vous promets que je vous raconterai très bientôt une anecdote qui nous fait encore rire aujourd’hui, la fois où un client intoxiqué a fait la passe au sapin de Noël. Je ne vous en dit pas plus, mais je ne croyais pas qu’on pouvait maganer un sapin de Noël comme ça!
Sur ce, je désire vous souhaiter, à tous et à toutes, un Joyeux Noël.
La criminologue
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21:53
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Dec
20
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Je suis passée à travers mes deux premières années d’université sans trop de difficulté et j’allais entamer un stage pratique d’un an, que j’entrevoyais comme une partie de plaisir. Je me trouve bien naïve aujourd’hui puisque ça finalement été une année vraiment, mais vraiment difficile. Vous savez il y a des moments qu’on a vécus où lorsqu’on y repense, on aimerait tellement les faire disparaître, même s’ils ont été grandement formateurs pour nous. On se souvient toutes mesdames d’une relation de couple qu’on a éternisée même si toutes nos copines nous disaient qu’on sortait avec un sale con. Ou se faire arracher les dents de sagesse, à froid. C’est ce que je veux dire par moment qu’on aimerait n’avoir jamais vécu. Bon j’exagère un peu, c’est que j’ai la métaphore dramatique facile pour bien faire passer le contenu.
Pour ce qui est du stage comme tel, il s’amorce assez bien. C’était dans une maison de transition en tant qu’agente de surveillance. Là où ça se corse c’est lorsque j’ai à m’occuper de mon premier client. Je ne compte plus les interventions que j’ai faites avec lui, je ne sais même pas compter jusque là. Malgré tout, je suis toujours restée gentille et professionnelle. D’ailleurs depuis ce temps j’ai une auréole qui flotte autour de ma tête et d’après le Vatican, je devrais être canonisée. Pour continuer, les autres clients dont j’ai eu à m’occuper par la suite n’ont pas été simples non plus, ils m’ont vraiment donné du fil à retordre. Mais au fil du temps, on a fini par tisser un lien de confiance. Il m’est arrivé d’en revoir certains et on reparle de cette époque avec humour, “C’est vrai que j’étais pas ben ben facile, hein?” Bref, je ne l’ai pas eu facile durant mon stage, mais j’y ai fait beaucoup d’apprentissages, c’est l’essentiel. Je me suis parfois demandé pourquoi j’avais choisi cette branche et je n’étais même plus certaine au terme de mon stage que je voulais travailler avec des ex-détenus. Je peux dire aujourd’hui qu’un stage n’est pas nécessairement représentatif de l’emploi dans son ensemble. Ce n’est pas parce qu’on apprécie plus ou moins notre expérience que c’est la fin du monde. C’est plate, mais c’est seulement avec le recul et les nouvelles expériences qu’on fait qu’on le réalise.
À tous ceux et celles qui sont en stage présentement ou qui amorceront le leur en janvier j’ai, sincèrement, une pensée pour vous!
Sur ce, bonne journée chers lecteurs!
La criminologue
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12:33
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