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Hier, au Palais de justice de Lac-Mégantic, Pascal Morin a été reconnu non-criminellement responsable du meurtre de ses nièces, Laurence et Juliette Fillion, et de sa mère, Ginette Roy-Morin, survenu le 10 février dernier à Saint-Romain.
Rappelons qu’alors que les fillettes se faisaient garder chez leur grand-mère, Pascal Morin, qui croyait être Jésus, les a toutes assassinées en croyant qu’ainsi, elles seraient libérées de leurs démons. Il savait qu’il les tuait, mais était persuadé qu’elles reviendraient à la vie par la suite.
En raison du verdict de non-responsabilité criminelle, il nous est permis de faire un parallèle avec l’affaire Turcotte. Ceci dit, j’estime que la comparaison s’arrête au verdict et au fait que les victimes étaient de proches parents. Les deux individus et leur histoire personnelle sont différents, leur troubles mentaux aussi. Guy Turcotte a été reconnu non-criminellement responsable du meurtre de ses enfants puisqu’il aurait été atteint d’un trouble de l’adaptation avec humeur dépressive qui, au moment d’assassiner ses enfants, l’aurait empêché de juger de la nature et le caractère de ses actes, de même que de distinguer le bien du mal. Le verdict a été énormément contesté, plusieurs croient encore aujourd’hui que Guy Turcotte avait toute sa tête au moment du drame.
Lorsque des symptômes dépressifs ou anxieux, ou encore une perturbation des conduites, surviennent en réaction à un stresseur et que tous les critères de la dépression majeure ou d’un trouble anxieux ne sont pas rencontrés, un diagnostic de trouble de l’adaptation est posé. Dans le cas de Guy Turcotte, la séparation avec Isabelle Gaston constitue le stresseur auquel il ne s’est pas adapté. Ce trouble mental laisse plusieurs personnes perplexes, comme si le fait d’en être atteint n’était pas suffisant pour perdre contact avec la réalité d’une façon telle qu’il soit impossible de juger de la nature d’un double meurtre.
Dans l’affaire Pascal Morin, même si les gestes posés sont odieux, l’état de santé mental de l’auteur des délits m’apparaît plus évident, suffisamment sévère pour admettre la possibilité d’une perte de contact avec le réel au moment des meurtres. Diagnostiqué schizophrène, un des troubles mental les plus sévères selon le DSM-IV, Pascal Morin n’aurait pas consulté son médecin depuis l’année précédent le drame et ne prenait pas sa médication. C’est semble-t-il dans un état de désorganisation total, croyant être Jésus, obéissant aux commandements de Dieu, qu’il poursuivait sa mission divine de libérer la terre des démons. Dans ce cas-ci, je peux comprendre la perte de contact avec la réalité, l’impossibilité de distinguer le bien du mal et l’incapacité de juger de la nature de ses actes. Ceci dit, même si je peux comprendre pourquoi c’est arrivé, cela n’excuse pas les gestes posés, qui demeurent et demeureront toujours impardonnables. Petite précision que j’aimerais apporter par rapport à l’aptitude à subir son procès. Autant dans l’affaire Turcotte que l’affaire Morin, les deux accusés étaient jugés aptes à subir leur procès puisqu’il a été déterminé qu’ils comprenaient les procédures judiciaires et pouvaient échanger avec leur avocat. Ce n’est pas parce que quelqu’un est apte à subir son procès qu’il ne peut être reconnu non-criminellement responsable. Il y a une différence à faire entre un état de santé mental qui peut influencer un individu à un certain moment donné et la compréhension du système judiciaire à un moment ultérieur.
Comme je l’ai mentionné dans l’affaire Turcotte, être reconnu non-criminellement responsable n’est pas un acquittement. Voici ce que j’écrivais textuellement l’an dernier lorsque le verdict est tombé dans l’affaire Turcotte:
[…] il sera détenu dans un établissement hospitalier pendant un an où il recevra les traitements nécessaires afin de ne plus constituer un danger pour le public. Dans de tels cas, la Commission [des troubles mentaux] révise le dossier sur une base annuelle dans le but de déterminer si l’état mental de la personne s’est amélioré et si une nouvelle décision devrait être prise, tenant compte du danger qu’elle représente pour la société. Une révision annuelle est prévue tant et aussi longtemps qu’une libération sans condition n’est pas octroyée.
J’espère qu’avec la tombée du verdict, la famille des victimes pourront avancer dans leurs deuils et pourront un jour vivre dans la sérénité, je leur souhaite profondément.
La Criminologue

Je sais, je sais, je n’ai pas écrit d’article depuis une éternité. C’est que, voyez vous, entre les boires et les nuits blanches, j’ai rarement le temps (et la vivacité d’esprit!) d’écrire un article de plus de dix lignes. Heureusement, une routine s’est installée et tout se passe de mieux en mieux; je devrais donc être de plus en plus présente de façon graduelle sur le blogue.
Peut-être que certains d’entre vous êtes au courant, mais depuis plusieurs années les criminologues travaillent à être intégrés au système professionnel québécois. Une pétition a d’ailleurs été créée à cet effet, pétition que je vous invite chaleureusement à signer ici (cela m’a pris 2 minutes).
Merci chers lecteurs et je vous souhaite une merveilleuse journée!
La Criminologue
Cette semaine, un homme m’a contactée pour demander de lui accorder un pardon puisqu’il a des antédécents judiciaires. Je lui ai alors indiqué que seule la Commission des libérations conditionnelles du Canada détient le pouvoir d’accorder des pardons. Cependant, je lui ai demandé l’autorisation de partager avec vous le courriel qu’il m’a envoyé puisque si les informations qu’il m’a livrées sont véridiques, on peut parler d’un bel exemple de réinsertion sociale. Beaucoup croient, à tort, qu’un criminel demeurera en marge de la société toute sa vie et qu’il vaut mieux jeter la clé pour protéger la société. Mais avec de la volonté et en se dotant des bons outils, il est possible de réintégrer une société pour laquelle l’individu est un acteur positif, tout en demeurant respectueux des lois.
Voici donc la demande de pardon de Michel C., de Québec:
Québec, lundi 30 janvier 2012
Objet : Puis-je obtenir “mon pardon” ?
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Bonjour,
Mon nom est Michel C., j’ai 43 ans ; je suis né le 2 juillet 1968.
En juillet 2003, une beuverie (et ce fut ma dernière) en compagnie d’un ami de l’époque s’est soldée par une accusation d’agression de nature sexuelle contre moi, gestes déplacés posés à l’endroit de la fille de cet ami, laquelle était alors âgée de 14 ans.
Une plainte fut déposée au Service de Police de Québec au début du mois d’août 2003, et on m’a arrêté, puis relâché le même jour.
Néanmoins, en février 2005, le Juge m’a indiqué de ne plus poser de tels gestes (attouchements inappropriés) et il m’a condamné à 50 heures de travaux communautaires. C’était pour moi une première expérience judiciaire et, croyez-moi, j’ai bien frais en mémoire ce bien mauvais souvenir ; lorsqu’on m’a condamné, la Procureur de la Couronne a indiqué au Juge que la jeune fille avec laquelle je m’étais mal comporté était remise de ces émotions et qu’elle n’avait pas eu besoin de soins psychologiques. Cela peut sembler anodin mais j’ai été soulagé d’entendre cette affirmation puisque cette jeune fille était quelqu’un de bien.
Depuis, j’ai eu à vivre en novembre de la même année (2003) le deuil de ma soeur qui fut impliquée dans un bête accident de la route causé par un chauffard ivre. Bref, deux événements qui m’ont éloigné à jamais, je le souhaite, de l’alcool. Ça fera 8 ans en août prochain que je ne consomme plus d’alcool : j’ai vécu ses méfaits en agissant mal auprès d’une jeune fille, et j’ai vu à travers le chauffard ayant fauché la vie de ma soeur jusqu’où l’alcool peut conduire.
J’ai vécu une dépression sévère en guise de conclusion à l’année 2003 qui fut ponctuée par les 2 événements terribles décrits précédemment. J’ai dû cesser de travailler. Cependant, lorsque j’ai retrouvé un peu d’équilibre, jesuis allé compléter un baccalauréat à l’Université Laval, tout en étant “chef” de famille monoparentale.
Je dois poursuivre mon parcours académique en août prochain (2012) en m’inscrivant en Maîtrise, mais cette fois à l’Université de Montréal puisque le programme offert correspond mieux à mon cheminement.
Enfin, parlant de cheminement, j’aimerais vous demander de m’accorder ”mon pardon” ; je serais vraiment soulagé de ne plus avoir à trainer ce boulet et je serais grandement encouragé à la seule pensée de pouvoir me trouver un emploi après mes études.
Croyez-vous cela possible ? Je me suis mal conduit en juillet 2003, ça fait presque 9 ans et on m’a condamné en février 2005, ça fait 7 ans. J’ai une bonne conduite et, avant ce mauvais épisode, je n’avais aucune tache à mon parcours de vie.
Merci de votre attention et pour votre compréhension. Bonne journée !
Sincèrement,
Michel C.
Québec, QC
La Criminologue

Plusieurs lecteurs ont pris le temps de m’avertir qu’un message d’alerte apparaissait lorsqu’ils tentaient d’accéder au blogue. J’ai donc mis le problème entre les mains d’un informaticien, qui a peiné pendant près d’une journée à nettoyer le site des logiciels malveillants qui semblaient s’y trouver. Après avoir fait un scan du site par Google, j’ai eu la confirmation ce matin qu’il était exempt de logiciels malveillants, donc tout-à-fait sécuritaire.
Merci à ceux et celles qui ont pris la peine de m’avertir du problème. Grâce à vous, il a pu être résolu dans les meilleurs délais.
Vous pouvez donc naviguer sur le site en toute sécurité, bonne visite chers lecteurs!
Bon week-end à tous!
La Criminologue
Dans le cadre du projet On inverse les rôles?, une lectrice nomée Kate m’a soumis un texte fort intéressant, que je vous partage ici dans son intégralité:
“Ce matin, en faisant mon habituel tour sur Cyberpresse, quelque chose m’a frappé. C’est cet article qui parle du petit Sébastien Métivier, disparu dans les années 80. Je n’étais pas au monde lorsque c’est arrivé, et pour être honnête avec vous, je n’avais aucune connaissance de cette affaire qui a chamboulé le Québec. En effet, ce petit garçon a disparu/été enlevé dans les rues d’Hochelaga, et aujourd’hui encore, le mystère persiste. Enfin, peut-être plus pour longtemps. Une femme a soudainement des informations à donner à la mère de Sébastien. Des informations qu’elle détient depuis plus de 20 ANS … Elle ne peut plus dormir la nuit … J’ESPÈRE. Des choses comme celles-là me dépassent totalement. Comment peux-tu garder pour toi, pendant 20 ans, des informations aussi vitales ? Tu sais qui est le meurtrier du petit Sébastien Métivier depuis des années et tu ne le dis pas ??!? Où va le monde ? Ok. Il y a la peur. J’en conviens. Mais rien ne peut pardonner une telle omission, si longue en plus. Même pas la peur. Et si tu étais SA mère? Et si c’était toi qui attendais son retour depuis plus de 20 ans? Et si tu étais sa soeur? Je ne peux concevoir que la peur prend le dessus sur tout ça. Oui cette femme qui a mystérieusement appelé Mme Sirois (mère de Sébastien) était probablement criblée de remords, et je l’espère bien. Sérieusement, garder une affaire comme celle-là pour soi, à mon avis, c’est criminel.
Je suis étudiante en droit, et habituellement, dans les cas comme celui-là, j’essaie de garder la tête froide le plus possible, et de voir les choses avec rationalité. Mais mon coeur parfois me crie des choses que je ne peux étouffer. J’ai passé tellement de temps à expliquer à mes amis, ma famille, mes collègues de travail comment la réponse du jury au procès de Guy Turcotte était juste. Je leur ai expliqué, avec ma tête, tout ce que j’en pensais, avec mon esprit rationnel. J’ai expliqué à qui le voulait comment on voit ces choses-là, comment on nous explique dans nos cours la vision du droit. La justice avec un grand J. Eh bien aujourd’hui, je n’ai rien de rationnel à dire, désolé. Je suis frustrée, fâchée et outrée. Non, on ne peut pas faire ça, je m’en excuse.
Je vous entends déjà me dire que Guy Turcotte a fait bien pire que cette pauvre madame. Oui, j’en conviens, bien sûr. Mais Isabelle Gaston, la mère des 2 enfants de Turcotte, elle savait, elle, où était ses enfants. Elle étant au courant de ce qui leur était arrivé. Personne n’a eu à tenir ce secret pour un autre. Elle a pu faire son deuil. On le sait tous. C’est ÇA ma question du jour.
On ne parle pas de secret professionnel, en tout cas, je ne le crois pas, et tout de même. Garder la famille du petit Sébastien dans l’ignorance c’est injuste. Il y a beaucoup de chose injuste sur cette terre, je sais. Mais je ne l’accepte pas.
Alors si vous savez où sont Julie Surprenant, Cédrika Provencher et David Fortin, dites-le, sinon vous serez de pures complices dans ma tête, et dans celle de beaucoup de québécois, qu’il y ait peur, ou pas.
Kate”

Dans le cadre du projet On inverse les rôles?, une lectrice s’étant nommée Nuage m’a envoyé le texte suivant:
“Je suis en invalidité, mais mère de 4 enfants qui sont maintenant tous adultes . Je pense avoir réussi à rendre mes enfants responsables. Un de mes gars, lorsqu’il était adolescent (15 ou 16 ans), avait répondu à une ligne ouverte sur la responsabilité des actes criminels des ados à savoir si les parents devaient moralement les dénoncer s’il commettaient un délit.
Il a répondu qu’il a déjà fait des mauvais coups, mais sans vraiment causer des torts néfastes à autrui mais, que s’il lui arrivait de faire quelque chose de grave qu’il ne voudrait pas que ses parents le protègent. Bien au contraire, qu’ils le dénoncent pour prendre conscience de tout l’impact de ses gestes… Aurait-il dit la meme chose si c’était arrivé pour vrai, j’espère que oui..
L’an dernier, mon ex-mari s’était fait voler sa voiture et la police l’avait retrouvée. Un jeune ado en délit de fuite, ils l’ont coincé lorsqu’il s’enfuyait à haute vitesse sur la route.. l’auto était dans un piteux état. Le gars s’en est tiré parce qu’il était mineur.
Plus tard, mon ex-mari avait besoin d’un papier aux bureaux de la ville après avoir fait réparer la voiture et par erreur, ils lui ont donné le dossier confidentiel de ce jeune conducteur, qui d’après ce qui était écrit n’était pas un enfant de coeur.. Il y avait également toutes ses coordonnées .. Bien que l’envie de lui rendre visite était là, mon ex-mari a détruit ces papiers.
Je me demande si c’est une bonne chose que nos jeunes n’aient pas de sanctions plus sévères.
Autre chose, pour la question d’avocat, c’est sûr qu’on se sent bernés quand une personne peut se payer de très bons avocats, mais je pense que même le pire criminel a le droit d’être le mieux défendu possible… Car pour un bon jugement, il faut qu’il n’y ai aucun doute raisonnable sauf que.. des fois on sent bien que la justice n’est pas toujours du bord des victimes …
Ceci dit je trouve votre blog vraiment intéressant meme pour une profane ..”
Nuage

Cela fait presque deux ans que je suis l’auteure des Chroniques d’une criminologue et je dois dire qu’à chaque jour vous m’épatez par la pertinence de vos commentaires. Au cours de ces deux années, plusieurs lecteurs se sont ajoutés et ce qui est fascinant c’est que vous provenez tous de domaines différents. Si bon nombre d’entre vous oeuvrez aussi dans le domaine judiciaire, beaucoup d’autres exercent des métiers diamétralement opposés et ça donne lieu à des échanges fort intéressants.
Étant l’auteure de trois blogs (oui oui!), dont seul celui-ci est relié à ma pratique professionnelle soit dit en passant, je suis davantage dans le rôle d’auteure que de commentatrice. Je donne mon opinion ici et là sur d’autres blogs, mais c’est vous qui m’intéressez principalement. J’ai le goût qu’on inverse les rôles et de commenter vos articles, et également donner la chance aux autres lecteurs de faire de même. Je sais que parmi vous, il y a des avocats, des travailleurs sociaux, des agents de libération conditionnelle, des agents de probation, des anciens détenus réhabilités, des criminologues, des gens qui oeuvrent dans des organismes communautaires, des mères au foyer, des retraités, etc. J’aimerais ça vous entendre sur n’importe quel sujet de votre choix, qui soit tout de même relatif au domaine judiciaire tout de même. Vous voulez nous raconter une anecdote, commenter l’actualité judiciaire, réanimer le débat “pour ou contre la peine de mort”, ressortir des boules à mites des faits marquants de la scène judiciaire, parler de la mission de l’organisme pour lequel vous travaillez, défaire des préjugés, faire tomber des tabous, nous transmettre votre passion ou aversion du métier? Je veux commenter tout ça!
Vous êtes criminaliste et vous êtes tannés qu’on accuse les avocats de la défense d’être verreux? Je veux vous lire là-dessus! Vous êtes procureur de la Couronne et n’en revenez pas de ceux qui critiquent votre bataille en prétextant que vous gagnez déjà assez cher comme ça? Vous désirez expliquer vraiment en quoi consiste vos revendications, moi je suis curieuse de vous lire à ce propos. Vous travaillez dans un centre jeunesse et voulez démystifier ce en quoi consiste votre travail, ou expliquer pour la énième fois que la DPJ n’existe pas dans le but de retirer les enfants à leurs parents, je vais être la première à commenter votre article. Vous avez été témoin de faits marquants de l’actualité judiciaire, racontez-nous comment c’était! Vous travaillez en délinquance sexuelle, aidez-nous à démystifier certains mythes qui circulent par rapport aux délinquants sexuels. Vous avez un jour frayé avec le milieu interlope et vivez maintenant selon le respect des lois; racontez-nous comment vous vous en êtes sorti, quelles ont été vos embûches, vous vous êtes raccroché à quoi? Vous êtes électricien et voulez commenter l’affaire Turcotte, Chav, Larouche, Meunier, Latimer? Je veux vous lire!
Il n’est pas nécessaire d’avoir une plume d’écrivain, pas du tout. Prenez-moi par exemple: une lectrice m’avait un jour écrit que ma syntaxe était tellement boiteuse et mes fautes d’ortographe tellement nombreuses qu’il était très irritant de me lire. Inutile de dire que je n’ai même pas pris la peine de répondre à son courriel! Je m’engage donc à publier vos textes et à les commenter avec la même pertinence dont vous faites preuve lorsque vous prenez la peine de donner votre opinion ici.
Ceux que ça intéresse, veuillez me faire parvenir votre texte à l’adresse suivante: lacriminologue@live.fr
J’ai vraiment, mais vraiment hâte de vous lire et de le partager avec les autres lecteurs!
Bon week-end!
La Criminologue

Le verdict est tombé cet avant-midi au Palais de justice de St-Jérôme: Guy Turcotte a été reconnu non-criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants pour cause de troubles mentaux.
Les réactions pleuvent sur Twitter et elles sont unanimes: tout le monde est étonné, choqué, outré du verdict de non-responsabilité, qui ne signifie pas pour autant un acquittement soit dit en passant. Certains accusent notre système de justice d’être pourri, certains même affirment que le principe de justice est inexistant au Québec. D’autres tentent de se faire l’avocat du diable et bien sûr, on pourrait presque entendre les “chouuuuuu”, “bouuuuu” tellement les gens sont choqués. Tout le monde y va de son analyse juridique et psychiatrique en 140 caractères et j’avoue que celles n’étant pas nuancées me choquent.
Une analyse mérite d’être complète et 140 caractères c’est trop réducteur en ce sens. Voilà pourquoi je vais me pencher en fin de journée à rédiger un billet sur ma perception de l’affaire Turcotte. Je vous invite donc à revenir un peu plus tard pour la suite.
Mais en terminant, j’aimerais ajouter que toutes mes pensées vont à la famille des petites victimes, plus précisémment à leur maman, Isabelle Gaston.
La Criminologue

Je vous demandais dans ce billet si vous entretiendriez une relation de couple avec quelqu’un qui est, ou qui a déjà été en prison. Vous avez été nombreux à vous prononcer et la plupart d’entre vous m’avez répondu que oui, mais que cela dépendait du crime commis.
Mais il y a une catégorie de personnes qui ne devrait jamais avoir à se poser la question et c’est la catégorie des intervenants. Et attention, je ne parle pas d’une relation amoureuse avec un individu ayant fait de la prison il y a vingt ans et qui a obtenu son pardon, mais bien des intervenants avec leur clientèle actuelle. On entend souvent des anecdotes d’intervenants, surtout des intervenantEs, qui sont tombées sous le charme d’un client. J’avoue que j’ai déjà entendu des histoires à la Roméo et Juliette où le couple est encore uni après toutes ces années. Dans ces cas-là, l’intervenant en question, souvent une femme, laisse tomber son emploi pour vivre son histoire d’amour avec celui dont elle est tombée amoureuse. Mais des histoires où on retrouve le mix intervenant/client qui perdurent au fil du temps ne courent pas les rues. Certains peuvent faire miroiter la lune à leur intervenante pour se voir octroyer certains privilèges, certains sont vraiment amoureux. Si ça arrive, je suis toutefois d’avis que l’intervenante ne peut continuer à exercer ses fonctions. Ce n’est tout simplement pas éthique, comment pourrait-elle continuer à être objective et prendre les décisions nécessaires à la protection du public si cela causera préjudice à son chéri? Mentionnons aussi la perte de crédibilité et de confiance de la part de l’employeur. J’ai trouvé certaines femmes courageuses de laisser tomber une carrière florissante pour une histoire d’amour qui ne faisait que commencer et dont le succès était plus qu’incertain. J’en ai aussi trouvé d’autres bien naïves de le faire.
Même si entretenir une relation de couple avec un client est pour moi impensable, loin de moi l’idée de condamner ceux et celles qui ont choisi cette voie. Seulement, il faut y penser à deux fois avant d’actualiser une telle relation; c’est la carrière ou les amours. Et comme tout finit par se savoir et que notre réputation nous suit longtemps, il faut absolument être sûr de sa décision et être prêt à affronter vents et marées pour quelque chose qui risque d’être éphémère. Parce que dans une telle histoire d’amour, la personne qui a le plus à perdre, c’est l’intervenante.
Les pièges de la séduction en intervention et comment les surmonter suivront dans un billet ultérieur.
La Criminologue

Cette nuit, j’ai fait un drôle de cauchemar impliquant un ancien client. Dans mon rêve, il avait trouvé mon adresse et s’était présenté chez moi avec un autre individu, sans pour autant tenter de pénétrer à l’intérieur de mon domicile. Les deux énergumènes sont d’abord venus une première fois, en plein jour, pour essayer de voir si on ne voyait pas dans le cabanon. Ils sont partis avant que j’aille le temps d’appeler la police.
Au beau milieu de la nuit, je suis réveillée par un bruit provenant de l’extérieur: c’était les deux messieurs de tantôt qui étaient en train de zieuter mon cabanon ET d’y entrer par effraction. J’ai donc immédiatement appelé le 911, pour me faire dire que ce n’était pas urgent et la répartitrice a placé mon appel en attente. J’étais tellement insultée que j’ai raccroché. J’étais noire de colère que quelqu’un ose venir s’approprier mes biens et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été quand j’ai vu que ma scie à onglets venait d’être dérobée.
Je me suis alors écriée: “C’EST PARCE QUE J’AI DES PLINTHES A INSTALLER %?&*, ENOUGH IS ENOUGH!!!”
Je suis donc allée dans ma cuisine, j’ai ouvert la fenêtre et pour intimider et faire fuire les deux bandits, je me suis mise à leur lancer des verres en vitre. Bon, je n’ai atteint personne, mais j’ose croire que le cri de mort que j’ai lâché a été ce qui les a fait déguerpir.
Mon cri de mort a non seulement fait fuire les deux cambrioleurs, mais il a aussi réveillé mon chum. Mais quand je lui ai expliqué que j’avais rêvé qu’on s’était fait voler la scie à onglets, il a trouvé que c’était justifié:
“T’as raison, on a des plinthes à installer. Mais la prochaine fois, essaie de ne pas crier, ok? Bonne nuit.”
Ce matin, même si la vieille scie à onglets est rangée dans le sous-sol et que nous n’avons rien de valeur dans le cabanon (sauf peut-être le bidon de chlore), je suis allée vérifier si tout était là. Juste au cas..
La Criminologue


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Qui est la Criminologue?
Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue.
Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi.
Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un
criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!
Pour me joindre: lacriminologue@live.fr
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