Twitter FaceBook
Home
Aug
22
xfactor

Dans mon article intitulé “Quel criminel canadien vous a le plus marqué?”, il était question de Robert Pickton.  Voici intégralement la description que j’en avais faite:

Robert Pickton. Cet éleveur porcin de Port Coquitlam en Colombie Britannique a été reconnu coupable en décembre 2007 de six chefs d’accusation de meurtre au second degré de prostituées provenant d’un quartier défavorisé de Vancouver, leDowntown Eastside. Il a écopé d’une peine d’emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. La police a retrouvé des morceaux de corps humains dans un hachoir servant à hacher la viande de porc, ainsi que de l’ADN humain dans le purin des animaux. Cela laissait à penser que Pickton donnait les restes de ses victimes à manger à ses bêtes. Il a également été soupçonné d’avoir vendu des restes humains mélangés à ceux des porcs à des compagnies de recyclage notamment à des fins alimentaires et cosmétiques. Par ailleurs, les têtes, les mains et les pieds de deux de ses victimes ont été retrouvées dans un congélateur de Pickton, dans des chaudières. D’autres membres appartenant à d’autres victimes ont été retrouvés un peu partout sur la ferme de l’individu. Il aurait cependant avoué à son compagnon de cellule, qui s’avérait être un agent double, qu’il avait en fait tué 49 femmes et qu’il voulait en assassiner une de plus avant de recommencer une autre série de 25 meurtres. Initialement, il aurait dû être accusé de 26 meurtres, mais le juge a décidé de tenir un premier procès pour 6 meurtres seulement, estimant que la charge était trop lourde pour un seul jury. Pickton a fait appel de la décision rendue lors de son procès.  La Cour d’appel de la Colombie-Britannique a rejeté son appel, de sorte que son cas est maintenant rendu à la Cour Suprême. Son procès pour les 20 autres meurtres n’a pas encore été tenu et il n’a pas encore été entendu par la plus haute instance du pays. C’est donc à suivre.”

Comme plusieurs d’entre vous atterrissez sur mon blogue grâce à une recherche sur le tristement célèbre tueur en série, je me suis dit que vous aimeriez sans doute visionner la vidéo de l’interrogatoire de Pickton, qui a été récemment rendue publique. Vous trouvez sur le site de CBC News quelques extraits, où vous aurez l’occasion de le voir jouer a chats et à la souris avec les enquêteurs. Il n’admet pas directement avoir commis les meurtres et révèle certains détails tout en se rétractant par la suite. Après avoir été interrogé pendant plusieurs heures, Pickton admet finalement qu’il est possible que la police trouve “deux, probablement deux, peut-être trois” corps de femmes sur sa propriété. Remarquez son aisance et l’absence d’anxiété avec laquelle il répond aux questions des enquêteurs. Nous rencontrons rarement des criminels de cette espèce.

Bien que je sois pas apte à administrer le PCL-R, l’échelle de psychopathie de Hare, je crois que personne ne s’opposera si je suggère que son score doit être assez élevé?

La Criminologue

xfactor
18:30
 
Aug
16
xfactor

En m’en allant travailler aujourd’hui, j’ai été alertée par la petite voisine d’environ cinq ans, qui a lâché tout un cri de mort. Elle se tenait les shorts avec dédain et criait au meurtre. Elle hurlait tellement que je me suis demandé ce qui se passait; j’étais sur le qui-vive, prête à venir en aide à cette petite. Je m’avançais peu à peu et la elle hurlait sans cesse en tenant le bas de ses shorts. Avant de lui demander ce qui avait bien pu la déstabiliser à ce point, son père est sorti de la maison, en état de panique. La petite, quant à elle, regardait ses shorts avec une frayeur évidente et les tenait encore du bout des doigts. C’était tellement anormal comme comportement que je me suis mise à me poser sérieusement des questions. Le père, éberlué, a demandé à sa fille ce qui pouvait bien la mettre dans un état pareil. Entre deux cris de mort, elle a lancé:

- “U-N-E    F-O-UR-M-I   D-A-N-S    M-E-S    C-U-L-O-T-T-E-S!!”.

J’ai instantanément eu une baisse d’empathie pour la gamine, elle a fait monter ma pression pour une fourmi dans ses culottes?! Moi qui imaginait qu’elle avait été victime d’un sordide bandit ou qu’elle venait de découvrir les membre de sa famille, décapités, chez elle. Déformation professionnelle ou overdose de Dexter?

Disons que ma journée avec un boost d’adrénaline!

La Criminologue

xfactor
22:59
 
Aug
10
xfactor

Voici l’article que vous trouverez ici.

C’est l’histoire de cette ontarienne de vingt-trois ans, Ashley Anne Kirilow. Elle s’est rasé les cheveux et les sourcils pour faire croire à son entourage qu’elle suivait des traitements de chimiothérapie pour vaincre le cancer. Elle avait même mis sur pied une fondation, “Change for A cure” et organisait plusieurs activités pour financer les recherches contre le cancer. Or, son père a rapidement découvert le pot aux roses et a avisé les autorités policières de la situation. La jeune femme ferait actuellement face à trois chefs d’accusation de fraude et n’aurait pas les moyens de payer le montant nécessaire à sa caution. Comme son entourage a été dupé et floué, personne jusqu’à présent ne veut lui prêter la somme en question.

Je porte rarement de jugement, mais je me permets de qualifier la conduite de la jeune femme de lâche. Faire croire à ses proches d’être atteint d’une maladie incurable et de leur soutirer de l’argent est pour moi cruel et tellement lâche..

Qu’est-ce que vous pensez de cette histoire? Est-ce qu’elle vient vous chercher autant que moi?

La Criminologue

xfactor
21:36
 
Jul
27
xfactor

Vous souvenez-vous de Robert Latimer, cet agriculteur de la Saskatchewan qui a assassiné sa fille Tracy, lourdement handicapée, en 1993? Selon lui, il lui aurait enlevé la vie pour la soustraire de ses souffrances. Le cas avait été largement médiatisé et avait relancé le débat sur le suicide assisté. Encore aujourd’hui, cette affaire est citée en exemple dans les cours de criminologie lors de débats sur le sujet.

Dernièrement, ici, vous pouvez lire que Latimer, qui séjourne actuellement dans une maison de transition en Colombie Britannique, s’est vu refuser un élargissement libératoire par la Commission nationale des libérations conditionnelles. Dans un article de Cyberpresse, on peut lire:

“L’agriculteur de la Saskatchewan qui a enlevé la vie de sa fille handicapée pour, a-t-il dit, la soustraire à ses souffrances, ne pourra s’absenter cinq jours par semaine de la maison de transition où il vit, en Colombie-Britannique.

La Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC) a cependant accordé à Robert Latimer, 57 ans, la permission d’effectuer pendant six autres mois des sorties quotidiennes.”

Je ne sais pas comment sont octroyées les permissions de sortie dans la maison de transition où il séjourne, mais j’ai cru comprendre que Robert Latimer s’est vu refuser une semi-liberté de type 5/2 (5 jours à domicile, 2 jours à la maison de transition). Il est inscrit plus loin qu’il est admissible à la libération conditionnelle totale en décembre, le 8 plus précisément. Parfois, les détenus purgeant une sentence d’emprisonnement à vie se voient octroyer une semi-liberté de type 5/2 afin d’effectuer une transition encore plus douce entre une semi-liberté en maison de transition et une libération conditionnelle totale à domicile. C’est le vrai test, qui donne un assez bon indice à savoir si le libéré conditionnel sera en mesure de respecter ses modalités libératoires.

Mais, je me demande pourquoi ça fait la manchette. C’est tellement..banal. En tout cas pour moi, qui en a vu passablement beaucoup dans la même situation.

Enfin, je me demandais si cette histoire vous fait réagir autant qu’à ses débuts. Êtes-vous favorable, défavorable ou indifférent face au refus de la CNLC à l’endroit de Robert Latimer?

La Criminologue

xfactor
20:38
 
Jul
13
xfactor

Plusieurs d’entre vous m’avez contactée pour me demander pourquoi je n’avais pas publié d’article depuis quelques temps. Tout simplement parce que je suis ultra débordée et que j’ai changé de département d’intervention, c’est demandant une période d’adaptation. Mais n’ayez crainte, je n’ai pas l’intention d’abandonner le blogue! Seulement, je fais relâche pour la saison estivale.

C’est certain que je ne m’empêcherai pas d’écrire des articles ici et là durant l’été, j’aime bien trop écrire pour ça!

Je vous suggère d’aller consulter la section des top 10 des meilleurs billets en attendant du nouveau matériel!

Bon été à tous!

La Criminologue

xfactor
21:29
 
Jun
28
xfactor

On peut lire ici qu’un adolescent est suspecté du meurtre de sa mère. L’affaire s’est déroulée à Sainte-Julie, dans la nuit de dimanche à lundi. Le jeune séjournait dans un centre de réadaptation du Centre jeunesse de la Montérégie et semblait bénéficier de découchages chez sa mère. Je dois rappeler qu’en aucun cas une sortie n’est autorisée si elle est considérée à risque. On ne relève rien d’autre à la lecture de l’article qu’un adolescent apprécié de ses pairs qui serait aux prises avec une problématique de consommation de drogue. Maintenant, il est possible qu’il soit accusé du meurtre de sa mère.

Moi, ma mère, elle m’a mise en colère souvent alors que j’étais adolescente. Je n’étais jamais d’accord avec ses méthodes éducatives et je la trouvais trop sévère. Je ne comprenais pas que tout ce qu’elle faisait, c’était par amour et parce qu’elle voulait mon bien. Mais jamais, au grand jamais, je n’ai eu envie qu’elle disparaisse de ma vie.

Rappelons que le gamin n’a pas encore été accusé et a encore moins été reconnu coupable. Advenant qu’il s’avère que ce soit l’auteur du meurtre, je suis d’avis qu’il devait être saprément perturbé pour enlever la vie à celle qui lui a donnée.

La Criminologue

xfactor
22:43
 
Jun
18
xfactor

Une étudiante en criminologie de l’Université de Montréal m’a posé deux questions en rafale hier via courriel, les voici:

  • Que penses-tu du projet de loi C-23?
  • Pourquoi les criminologues ont gardé le silence à ce sujet?

Rappelons que le projet de loi C-23, présenté au parlement en mai dernier, prévoit notamment que les délinquants ayant commis des crimes graves doivent attendre 10 ans (au lieu de 5 ans, 3 ans pour les infractions punissables sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire,) pour se voir octroyer un pardon de la part de la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC). Qui plus est, certains délinquants sexuels ne seraient même jamais admissibles au pardon. Je soupçonne cet empressement à voter cette loi essentiellement dans le but d’empêcher Karla Homolka d’obtenir un pardon. Elle aurait effectivement pu en faire la demande à la CNLC le 5 juillet prochain, soit 5 ans après l’expiration de son mandat fédéral. Comme je l’expliquais dans un article que j’avais récemment écrit sur le sujet,

“Il est important de mentionner qu’un pardon n’efface pas une condamnation, il a pour effet de placer le casier judiciaire à part des autres, notamment au Centre d’information de la police canadienne (CIPC). Par exemple, lorsqu’un employeur effectuera une recherche à savoir si un employé potentiel possède un casier judiciaire, le dossier ayant été masqué n’apparaîtra pas dans sa recherche. Par ailleurs, une personne s’étant vu délivrer un pardon ne peut pas affirmer qu’elle ne possède pas de casier judiciaire, elle a été condamnée pour une infraction pénale pour laquelle elle a reçu un pardon. À noter que cette procédure est valide au Canada seulement. Par exemple, si un individu obtient un pardon, mais possède un casier judiciaire dans un autre pays, celui-ci ne sera pas classé à part. Qui plus est, plusieurs pays ne reconnaissent pas le pardon obtenu au Canada.”

Pourquoi est-il quelque peu inutile de demander un pardon dans le cas de Karla Homolka (maintenant Karla Teale)? Parce que sa cause a tellement été médiatisée que la majorité des gens connaît son identité et ses antécédents criminels. Très difficile pour elle de conserver son anonymat: à quoi ça servirait que son casier judiciaire soit placé ailleurs si tout le monde sait qu’elle en possède un de toute manière?

Aussi, je trouve que le terme “pardon” porte à confusion. Comme si la CNLC pardonnait les crimes qu’un individu a perpétrés. En fait, il serait davantage approprié de parler de certificat de réhabilitation.

Mais qu’est-ce que je pense concrètement du projet de loi C-23? Je me questionne sur son utilité. On apprend ici que 96% des personnes ayant obtenu un pardon ne récidivent pas. Obtenir un pardon permet de tourner la page sur les erreurs du passé, de concrétiser la bonne conduite depuis le temps écoulé depuis l’expiration de la peine. C’est encourageant pour une personne d’obtenir un pardon, n’est-ce pas une source de motivation à continuer un mode de vie de citoyen respectueux des lois? N’oublions pas que la CNLC étudie chaque demande de pardon et refusent certaines d’entre elles, l’octroi n’est pas automatique. En ce qui concerne les délinquants sexuels, la Loi sur le casier judiciaire avait été modifiée en août 2000, permettant notamment  de renforcer la “la capacité des forces policières pour étudier les antécédents criminels des délinquants qui désirent travailler avec des enfants. Cela comprend un examen des casiers judiciaires pour repérer certaines infractions sexuelles pour lesquelles des délinquants ont obtenu un pardon.” Vous trouverez d’ailleurs ici la section consacrée au pardon sur le site internet de la CNLC. Voici d’ailleurs une autre citation intéressante:

“Grâce à un « indicateur » placé sur les dossiers des délinquants sexuels dans le Centre d’information de la police canadienne, les services de police peuvent apprendre l’existence d’un dossier de pardon, puis demander au ministre de la Sécurité publique Canada l’autorisation de le consulter.

Si un délinquant ayant obtenu un pardon pour une infraction sexuelle postule un emploi qui comprend le travail avec des enfants ou des personnes vulnérables, un corps policier ou tout autre organisme autorisé peut vérifier si le postulant a bien obtenu un pardon. Le postulant doit toutefois consentir par écrit à la vérification. Une personne ou un organisme qui obtient ces renseignements en vertu de cet article par rapport à une demande d’emploi ne doit pas utiliser ou communiquer ces renseignements pour autre chose que l’évaluation de la demande.”

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu est favorable à l’adoption de ce projet de loi, qu’il juge souhaitable dans l’intérêt des victimes d’actes criminels. Son cheval de bataille réside en le fait d’accroître leurs droits, de leur donner plus de pouvoir dans notre système judiciaire. Nous nous rejoignons sur ce point puisque j’ai toujours eu à coeur cette cause également.

Mais dans le cas de ce projet de loi, qu’est-ce que ça donnerait de plus aux victimes exactement? Est-ce absolument nécessaire de retirer des privilèges aux délinquants sous prétexte que l’objectif à atteindre est la reconnaissance des droits des victimes? Ne serait-il pas possible d’équilibrer le balancier dans l’autre sens: c’est-à-dire de donner de vrais droits aux victimes? Parce que je peux dire sincèrement qu’elles ont bien peu de place dans notre système judiciaire. Mais ce n’est pas en retirant des privilèges aux criminels que ça leur en donnera en retour.

En terminant, en ce qui concerne l’opinion des criminologues, je sais que Jean-Claude Berheim, membre du conseil d’administration de la Société John Howard, s’était prononcé sur la question. Nous partageons sensiblement le même point de vue d’ailleurs. Voir l’article intégral ici.

En espérant avoir répondu à ta question, chère étudiante!

La Criminologue

xfactor
12:36
 
Jun
17
xfactor

Féadaë, une lectrice assidue de ce blogue, m’avais posé la question quant à la différence entre l’homicide involontaire et la négligence criminelle. Elle faisait référence à l’histoire du poupon de 21 jours tué par un chien Husky au début du mois, dans un rang de St-Barnabé-Sud, en Montérégie. Rappelons que dans cette affaire, des accusations d’homicide involontaire sont portées contre la jeune mère de 17 ans.

J’ai donc fait appel à Me Véronique Robert, criminaliste en défense, afin d’obtenir plus d’informations quant aux différences au sens de la loi entre un homicide involontaire et la négligence criminelle. Voici ce qu’elle m’a répondu:

Un homicide involontaire c’est le fait de poser un acte en-soi criminel, et que de cet acte découle la mort.”

Elle donnait l’exemple de mettre le feu intentionnellement à une maison sans savoir que quelqu’un s’y trouvait. Si, au contraire, des gens étaient à l’intérieur et succomberaient à l’incendie, l’auteur pourrait être accusé d’homicide involontaire. Me Robert a toutefois voulu nous mettre en garde de ne pas confondre un meurtre au deuxième degré et l’homicide involontaire. Le meurtre au deuxième degré, est présente une insouciance que de l’acte criminel posé, un décès puisse survenir. À titre d’exemple, elle expliquait que le fait de secouer violement un bébé pendant une heure, sans se soucier qu’il puisse en mourir, constitue un meurtre au deuxième degré. Si on reprend le premier exemple, l’auteur de l’incendie pourrait être accusé de meurtre au deuxième degré s’il met le feu à une résidence, qu’il sait occupée à ce moment, mais dont il ne se soucie pas si les résidents seront en mesure ou non de fuir le brasier.

En revanche, la négligence criminelle constitue en le fait de:

 ” […] poser, ou d’omettre de poser, un geste qui met la vie de quelqu’un en danger. 

 La négligence criminelle causant la mort, c’est la même chose: Poser un geste, ou omettre de poser une geste, d’une manière insouciante et qu’en raison de cet acte ou cette omission, la mort survienne.

C’est une insouciance marquée, très marquée.  Le Code criminel parle d’insouciance déréglée“.  La jurisprudence parle d’un “écart marqué” [si on compare avec le] comportement de la personne raisonnable.”

Me Robert et moi connaissons des parents qui ont laissé leurs enfants seuls avec un chien pour une période de 5, 10 minutes, sans qu’il ne soit rien arrivé de grave. Ma mère m’a même dit m’avoir déjà laissée à quelques reprises dans mon parc pendant qu’elle étendait sa brassée de lavage sur la corde à linge. Tout ça avec un gros labrador circulant librement dans la maison. A-t-elle été négligente? Je ne crois pas, mais remarquez que c’était l’animal le plus protecteur qui soit..

Même si la mère du poupon est sortie près de 20 minutes à l’extérieur, même si les chiens étaient dressés pour attaquer, cette histoire semble être un accident, un terrible accident, un accident épouvantable. Peut-être qu’en en sachant plus, mon opinion changera. Mais pour l’instant, c’est ce que je pense. Non pas que la mère n’est pas à blâmer, au contraire. Mais mérite-t-elle d’être condamnée pas tous et chacun, d’être jugée comme la pire des mères tandis que nous n’en savons que très peu sur les circonstances entourant le décès du bébé? Mon but n’est pas de faire de la mère une victime, elle y est quand même pour quelque chose dans la mort de son enfant. Seulement, essayons d’analyser la situation objectivement, même si la mort d’un bébé âgé d’à peine vingt-et-un jours est très, mais très révoltant.

J’en viens donc aux accusations. Pourquoi des accusations d’homicide involontaire?

Me Robert m’expliquait que selon elle, la Couronne aurait déposé des accusations d’homicide involontaire puisque la preuve est moins complexe à faire, compte tenu qu’elle n’a pas à prouver cette insouciance déréglée ou téméraire à l’égard de la sécurité d’autrui dans le cas de négligence criminelle. Je lui avais témoigné ma surprise face aux accusations, m’attendant plutôt à ce qu’elle soit accusée de négligence criminelle et Me Robert semble partager mon point de vue à ce propos. Le point de départ d’un homicide involontaire est un délit commis et dans ce cas-ci la Couronne a expliqué que cela résidait dans le fait de ne pas avoir apporté les soins nécessaires au poupon, donc que la mère aurait été négligente. Qu’en laissant son bébé par terre, la mère a été négligente (crime commis), et que de cette négligence est survenu le décès du poupon. La criminaliste m’expliquait se questionner quelque peu en ce sens puisque la négligence criminelle semble plus adaptée dans cette affaire.

Par ailleurs, la peine maximale dans le cas de négligence criminelle causant la mort et l’homicide involontaire est l’emprisonnement à perpétuité. Mais dans les faits, Me Robert mentionne que les peines varient d’une cause à l’autre. Dans le cas d’un homicide involontaire, les peines oscillent entre deux ans à purger dans la collectivité et vingt ans de détention, comparativement à deux ans à purger dans la collectivité à deux ans de prison dans le cas de négligence criminelle. Si par contre il y a utilisation d’une arme à feu lors de la perpétration de l’infraction, la peine minimale est de quatre ans.

Voilà Féadaë, j’espère que ça a répondu à ta question!

La Criminologue

xfactor
14:18
 
Jun
15
xfactor

On peut lire ici que Jacques Delisle, juge retraité de la Cour d’appel du Québec, a été aujourd’hui accusé du meurtre au premier degré de son épouse au palais de justice de Québec. Rappelons qu’un meurtre au premier degré est un meurtre avec préméditation.

L’homme de 75 ans aurait assassiné sa femme, âgée de 71 ans, le 12 novembre 2009 à leur domicile. Présenté aux policiers comme un suicide, l’enquête et les résultats de l’autopsie auraient permis de tirer d’autres conclusions. Ajoutons que l’ex-juge Delisle aurait eu en sa possession une arme à feu prohibée sans détenir le permis nécessaire, ce qui lui a valu une accusation supplémentaire en ce sens.

Comme quoi n’importe qui peut avoir à faire face à la justice. Mais une rumeur court sur Twitter, à savoir que ça serait peut-être une histoire de suicide assisté, on en saura sans doute plus dans les prochaines semaines. J’ai bien hâte de connaître l’issue de cette affaire puisqu’elle risque de brasser bien des choses..

Advenant que Jacques Delisle soit reconnu coupable et que ce soit effectivement un suicide assisté, qu’est-ce que ça susciterait comme réactions chez vous?

La Criminologue

xfactor
17:25
 
Jun
12
xfactor

Est-ce que vous sortiriez avec quelqu’un qui fait, ou qui a déjà fait, de la prison?

Peu importe votre réponse, j’aimerais savoir pourquoi.

J’ai vraiment hâte de connaître votre opinion là-dessus!

La Criminologue

xfactor
17:19
 
xfactor
xfactor
Subscribe RSSxfactor
 
xfactor
Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

Pour me joindre: lacriminologue@live.fr

xfactor
In collaboration with Jackpotjoy Bingo, Virgin Bingo and 32Red Casino.
Designed by