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Jan
27
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En étant maman d’un nouveau-né, les émissions que j’écoute sont pratiquement toujours en rediffusion. C’est donc ce matin que j’ai visionné le deuxième épisode de L’école du crime.
Au terme de cette deuxième émission, je demeure avec l’idée que la narration se veut quelque peu sensationnaliste. Voici deux citations qui renforcent mon opinion à ce propos:
“Mensonge, trahison, violence, homicides et viols encombrent l’esprit, l’exercice [physique] les évacue comme des toxines.”
“Marine, elle, s’adonne au théâtre, loin des cadavres et des corps meurtris ou violés qui encombrent son esprit le reste du temps.”
J’aimerais mentionner que la criminologie n’est pas que l’étude des délits d’extrême violence, comme les meurtres. Les criminologues font également affaire avec des fraudeurs, des trafiquants, des voleurs. En fait, les délits contre les biens constitue la majorité des crimes commis. Seulement, ce ne sont pas ceux-là qui frappent le plus l’imaginaire collectif, qui font le plus “jaser”. Je voudrais également ajouter que non, les cadavres et les corps meurtris n’encombrent pas l’esprit des criminologues à un point tel que nous devons trouver des exutoires pour maintenir notre équilibre mental. Je rappelle que nous ne sommes pas appelés à se rendre sur les scènes de crime et que les corps meurtris et violés ne font pas partie de notre réalité quotidienne. Les délits commis par les délinquants peuvent nous choquer, heurter nos valeurs, mais il ne serait pas normal qu’ils hantent nos pensées jour et nuit. Comment pourrions-nous bien faire notre travail si c’était le cas? Il faut garder une certaine distance émotionnelle et avoir la tête froide pour prendre des décisions rationnelles et faire un travail d’accompagnement et de gestion du risque efficace.
Oui, la criminologie c’est passionnant. Mais je le répète, pour la majorité d’entre nous, ce n’est pas rocambolesque comme dans CSI..
La Criminologue
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11:37
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Jan
18
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Depuis peu, une nouvelle série est diffusée sur les ondes d’AddikTV, L’école du crime. Voici la brève description que l’on retrouve sur le site Internet d’AddikTV concernant la série-documentaire:
«L’école du crime» nous propose de vivre des enquêtes vues à travers le regard de 6 étudiants qui étudient en criminologie dans l’une des plus prestigieuses écoles du monde en la matière, l’Université de Montréal.
J’étais enthousiaste à l’idée qu’une série télévisée porte sur l’École de criminologie de l’Université de Montréal, j’attendais donc avec impatience le premier épisode. Au terme de l’émission, j’étais un peu perplexe. En fait, j’ai trouvé génial de partager sur l’univers de la criminologie, mais j’ai trouvé que par moment, on donnait un peu trop dans le sensationnalisme. Deux citations savoureuses ont d’ailleurs attiré mon attention, que voici approximativement:
“Déboussolé par le départ de son frère [en appartement], Maxime se réfugie dans les concours de danse”.
“Avec un meilleur moral et une nouvelle coupe de cheveux réalisée par sa colocataire, Marine est prête à affronter à nouveau le monde sordide du crime”.
Même mon conjoint m’a dit, les yeux pétillants: “Je ne pensais que ton métier était si palpitant!”. Oui, mon métier me passionne, mais ce n’est pas comme dans les films et ce n’est pas romancé non plus. Comme je le répète sans cesse: ce n’est pas comme dans le film Le silence des agneaux, ni comme dans la série Fortier. J’ai eu l’impression que la façon dont les programmes de Criminologie et de Sécurité et études policières étaient présenté, cela avait un petit côté tape à l’oeil. Je prêche évidemment pour ma paroisse et que j’encourage les gens à se diriger dans ce domaine passionnant. Seulement, je crains que certains se forgent une idée erronée des programmes susmentionnés et s’y inscrivent pour être quotidiennement dans l’action et vivre des émotions fortes comme dans les séries policières. Des émotions fortes, oui nous en vivons, mais pas tous les jours de l’année! Et je ne vais pas non plus travailler le matin en me répétant que je vais combattre le “monde sordide du crime”. Oui, par les actions que je pose, j’ose espérer que j’aiderai quelqu’un à demeurer loin du milieu interlope et que contribue à protéger la société. Toutefois, je ne revêt pas mon costume de superhéroïne en lycra avant d’aller travailler le matin. De toute manière, rappelez-vous que je viens d’accoucher, vous ne voulez pas être aux prises avec cette vision d’horreur..!
Coup de chapeau à Maxime, en raison notamment de son travail de recherche auprès des victimes d’actes criminels. Dans le premier épisode, il était appelé à intervenir auprès d’une dame victime de violence conjugale et il était fort mal à l’aise de la questionner quant à la possibilité qu’elle soit aussi victime de violence sexuelle. Je me suis surprise à lui suggérer, à voix haute, des trucs pour qu’il aille au bout de sa question. Que voulez-vous, les fans de hockey vont crier des encouragements ou des insultes dans leur salon, moi c’est plutôt des pistes d’intervention. Mais rassurez-vous, je crie aussi dans mon salon quand j’écoute un match du Canadien. Le plus souvent, ces temps-ci, ce sont des insultes par contre..!
Dernière chose, je vous suggère de consulter les clips web exclusifs de l’épisode 1, où Jean Proulx, le directeur de l’École de criminologie, explique notamment dans quels domaines peuvent travailler les criminologues. Très intéressant. De toute manière, quand Jean Proulx explique quelque chose, c’est toujours intéressant. Je me souviens d’un cours qu’il m’a enseignée: Personnalité criminelle. C’était captivant du début à la fin et en plus, jamais il n’avait besoin de notes manuscrites, cet homme est une vraie encyclopédie.
Et vous, qu’avez-vous pensé de la série L’école du crime jusqu’à maintenant?
La Criminologue
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16:51
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Jan
12
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C’est aujourd’hui que Guy Turcotte comparaît à nouveau devant la Commission d’examen des troubles mentaux. D’emblée, il souhaiterait être remis en liberté et poursuivre son suivi psychiatrique en communauté. Il prétend ne pas poser de risque tant pour le public que pour son ex-conjointe, Isabelle Gaston. On peut lire ici qu’il estime mieux se connaître qu’il y a trois ans et qu’il saurait maintenant où aller chercher de l’aide s’il se sentait à nouveau vulnérable. Guy Turcotte aimerait aussi éventuellement pratiquer à nouveau en tant que cardiologue à court-moyen terme.
Comme je l’ai déjà mentionné précédemment, je n’ai jamais rencontré Guy Turcotte, ni ne suis au courant des détails de son dossier. Je me demande quelle décision sera prise au terme de l’audience. Peut-être en saurons-nous davantage quant aux progrès réalisés par l’ex-cardiologue relativement aux facteurs qui ont contribué au passage à l’acte, c’est-à-dire le meurtre de ses enfants. Rappelons qu’en novembre dernier, l’équipe traitante n’avait encore pu déterminer ce qui avait poussé Guy Turcotte à assassiner Anne-Sophie, trois ans, et Olivier, cinq ans. Près de deux mois plus tard, nous ne savons pas encore si cela a été ciblé et le plus important, travaillé par le patient. N’oublions pas qu’une simple remise en question ne suffit pas: Guy Turcotte doit suffisamment avoir travaillé ses facteurs contributifs, ou du moins ils doivent être suffisamment contrôlés, pour que la Commission en vienne à la conclusion qu’il n’est pas dangereux de le remettre en liberté. En deux mois à peine, je crois que c’est prématuré pour se prononcer en faveur d’une éventuelle libération. Effectivement, considérant la nature du délit et l’incertitude qui était encore présente il y a quelques semaines à peine quant aux éléments qui ont poussé Guy Turcotte à enlever la vie à ses enfants (ce qui rend donc impossible le fait d’amorcer un travail clinique et/ou un traitement médical quant à ceux-ci), j’ose me prononcer et je crois qu’il est fort possible qu’il restera encore détenu à l’Institut Philippe Pinel de Montréal pour quelques temps. Remarquez qu’il est tout-à-fait possible que je me trompe compte tenu que je ne suis pas une clinicienne au dossier.
C’est donc à suivre..
La Criminologue
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16:51
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Jan
11
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Nous ne le saurons sans doute jamais et n’oublions pas que même mort, il est encore présumé innocent compte tenu qu’il n’a pas été jugé devant juge et jurés.
Pourquoi s’est-il enlevé la vie? Plusieurs raisons peuvent être évoquées: selon le premier avocat à l’avoir conseillé, Me Robert La Haye, Paul Laplante était plongé dans un état de dépression important. Ici, Me La Haye a indiqué que Paul Laplante:
[...] a décidé de se juger lui-même, probablement parce qu’il ne croyait plus au système de justice.
Me Marc Labelle, l’avocat criminaliste qui a représenté Paul Laplante jusqu’à son suicide, a mentionné au journal La Presse que bien que son client paraissait accablé, il était prêt à se battre et avait une défense à présenter. Selon le célèbre avocat, qui a notamment représenté le tueur en série William Fyfe et le présumé tueur en série Angelo Colalillo, Paul Laplante ne semblait pas non plus aux prises avec des idéations suicidaires, du moins il n’en donnait pas l’impression. Par ailleurs, il a été évalué lors de son arrivée au centre de détention et aucun indice de risque de passage à l’acte suicidaire n’avait été décelé à ce moment.
Était-il coupable, mais ne pouvait supporter l’éventualité d’être condamné à la prison à vie? Était-il coupable et avait l’impression que sa vie était finie, qu’elle ne valait maintenant plus la peine d’être vécue? Était-il incapable de vivre avec l’idée que ses enfants le croient coupable du meurtre de leur mère? Était-il innocent, mais plongé dans un sentiment de désespoir, car plusieurs l’avait déjà condamné d’avance pour le meurtre de sa femme? Était-il coupable, mais a décidé de poser un geste d’éclat, de mettre un terme à cette saga judiciaire de façon à exercer une dernière fois son contrôle? A moins qu’il n’ait expliqué la raison de son geste dans les trois lettres qu’il a rédigées avant de se suicider, dont aucune ne serait adressée à ses enfants, nous ne le saurons sans doute jamais. Je n’ai jamais rencontré Paul Laplante, pas plus qu’étudié son dossier. Je ne peux donc pas me prononcer sur la signification du geste qu’il a posé, seules des hypothèses peuvent être évoquées.
Lorsque j’ai appris que cet homme s’était enlevé la vie, j’ai immédiatement eu une pensée pour ses enfants. Ils ont perdu successivement leur frère, leur mère et leur père. Je n’ose même pas imaginer la peine immense qui les accable.. Je tiens à leur offrir mes plus sincères condoléances et je leur souhaite d’un jour retrouver la paix.
Et vous, chers lecteurs, j’aimerais savoir ce que vous en pensez. Que croyez-vous que signifie le suicide de Paul Laplante?
La Criminologue
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14:58
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Dec
18
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C’est elle!
Je n’ai pas l’intention de cesser mes activités sur le blogue, mais vous comprendrez qu’un nouveau-né, ça vous laisse bien peu de temps et d’énergie les premiers temps! Néanmoins, je suis toujours disponible pour commenter l’actualité judiciaire et je fais mon tour régulièrement sur mon compte Twitter. J’aurais vraiment aimé commenter le projet de loi C-10, analyser en profondeur le procès Shafia, rédiger un billet sur l’intimidation, mais les fois où je peux prendre plus de 10 minutes consécutives à mon bureau sont rares, voire inexistantes pour le moment. N’ayez crainte, ça reviendra bien assez vite! Bien entendu, je vais tenter d’écrire des articles de temps à autre et je suis même en train de faire des recherches pour trouver des collaborateurs afin d’enrichir le blogue. C’est à suivre.
En terminant, j’aimerais prendre le temps de vous souhaiter, à tous et à toutes, de joyeuses fêtes! Que 2011 soit bonne pour vous et vous apporte tout ce que vous désirez, sincèrement.
La Criminologue
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18:19
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Dec
7
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Je reçois énormément de courriels de la part d’étudiants désirant s’orienter dans le domaine judiciaire et à tout coup on me pose la question suivante: “À quoi ressemble une journée type d’un criminologue?”. Je réponds que cela dépend du domaine dans lequel il oeuvre puisque ça varie en fonction de ça. Comme j’ai récemment reçu des courriels de façon massive en ce sens, l’idée m’est venue de vous solliciter, chers collègues. Comme plusieurs d’entre vous pratiquez dans des domaines différents, je me suis dit que ce serait fort intéressant que vous nous décriviez en quoi consiste votre emploi et à quoi ressemble une journée typique au boulot. Je compte ensuite publier vos réponses sur le blogue. Que vous soyez agent de libération conditionnelle en établissement ou dans la communauté, agent de probation, agent correctionnel, avocat de la défense, avocat de la couronne, policier, technicien en scène de crime, technicien juridique, travailleur social, agent de relations humaines, intervenant en toxicomanie, intervenant en santé mentale, intervenant oeuvrant auprès des victimes d’actes criminels, écrivez-moi! Je suis persuadée que même moi j’en apprendrai beaucoup sur vos milieux de travail et en plus, cela pourra éclairer ne serait-ce qu’un jeune qui est hésitant quant à son choix de carrière.
Je me lance en premier, voici donc à quoi ressemble une journée typique où je travaille. Tout d’abord, il est essentiel de commencer la journée avec un bon café, dans mon cas c’est psychologique. Mais avant même de me faire couler un café, il est primordial de prendre connaissance des évènements s’étant déroulés depuis mon dernier quart de travail puisque des mesures doivent peut-être être prises dans l’immédiat pour gérer le risque représenté par la clientèle, ou simplement à titre disciplinaire. Les demandes d’aide de la part de nos clients sont également prioritaires, on prend donc le temps de vérifier si des interventions sont nécessaires. À ce moment et pas avant on peut siroter un bon café pour partir la journée du bon pied.
Ensuite, soit on rédige divers rapports relativement aux progrès réalisés par nos clients et/ou concernant une évaluation en vue d’une décision que la Commission des libérations conditionnelles du Canada rendra dans un de nos dossiers, soit on réalise des entretiens cliniques. Lors de ces rencontres, on fait le tour des diverses sphères de vie de notre client, on tente de susciter chez lui une introspection quant à ses choix antérieurs et futurs, on l’oriente vers des ressources qui pourraient lui être utiles à sa réinsertion sociale (employabilité, groupes de soutien) et on détermine quels sont ses progrès quant aux facteurs qui l’ont menés vers la criminalité. L’objectif ultime est qu’à l’expiration de sa peine, il soit et demeure un citoyen respectueux des lois. À ce propos, nous l’orientons Au terme de chaque entretien, nous devons évaluer si le risque qu’il représente pour la collectivité est toujours acceptable. En fait, ce n’est pas seulement après chaque entretien, mais nous devons répondre à cette question par l’affirmative en tout temps, sans quoi le libéré conditionnel ne peut bénéficier d’une libération sous conditions. Parfois, nous effectuons des visites au domicile de nos clients et il nous arrive aussi d’aller les rencontrer au travail. L’objectif est de connaître le milieu dans lequel ils évoluent à l’extérieur de la maison de transition.
Il arrive que nous devons demander à qui de droit à ce que la libération sous condition d’un client soit suspendue, car le risque qu’il représente pour la société n’est plus acceptable. Nous devons donc coordonner les démarches afin que les policiers procèdent à son arrestation et le conduisent en détention. S’en suit une visite en détention dans le but de faire le point sur les évènements ayant mené à la suspension de la libération conditionnelle et de procéder à la cueillette d’informations à savoir s’il peut être réaliste et sécuritaire de le faire libérer. C’est une décision qui se prend en équipe et seules quelques personnes ont le pouvoir de faire libérer des détenus: c’est donc elles qui trancheront sur la question après qu’une description du cas leur est faite. Dépendamment de l’orientation au dossier, nous devons nous présenter devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada pour qu’elle rende une décision quant à la liberté sous conditions de notre client.
Des fois les semaines se ressemblent pendant quelques temps, parfois non. En un instant, la planification de notre journée peut basculer puisque notre domaine comporte son lot d’imprévus. En effet, par exemple, si un de nos clients enfreint une des conditions assorties à son certificat de libération, cela devient notre priorité puisque nous devons gérer le risque que cela représente pour la société. Rappelons que la CLCC impose des conditions spéciales au certificat de libération des libérés conditionnels, car sans elles, elle estime que le risque qu’il représenterait dans la collectivité ne serait pas acceptable. Par conséquent, une ré-évaluation du risque doit être effectuée si on juge qu’il y a un risque qu’une condition spéciale soit enfreinte, si elle n’a pas été respectée ou si le libéré conditionnel s’enlise ou se trouve en état de désorganisation. Il y a aussi des situations de crises à gérer, qui font que nous devons les régler sur-le-champ. Chose certaine, il faut être en mesure de savoir bien gérer le stress et de composer avec les situations imprévues. Bien travailler en équipe, c’est-à-dire être présent pour les autres et se soutenir entre nous, est aussi très important puisqu’il arrive que nous devons gérer des situations épineuses en équipe, de même que s’occuper des clients de nos collègues en leur absence.
Voilà les tâches que j’accomplis à tous les jours, j’ai hâte de connaître les vôtres et partager le tout avec les lecteurs!
Vous pouvez m’envoyer la description de vos journées typiques à cette adresse: lacriminologue@live.fr
La Criminologue
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17:51
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Nov
22
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Source de la photo: Site Internet de la Commission des libérations conditionnelles du Canada - http://www.pbc-clcc.gc.ca/victims/photos/Quebec/drummond_1-fra.shtml
C’est possible!
La CLCC, dans un souci de transparence et de rendre des comptes aux citoyens et citoyennes, permet aux membres du grand public d’assister à des audiences en tant qu’observateurs. Entre autres, cela permet de mieux comprendre les décisions qui sont rendues et assister à cette étape du processus judiciaire d’un ou d’une délinquante est un exercice qui pourrait être fort intéressant pour quelqu’un qui s’intéresse au sujet.
Voici un lien menant au site Internet de la Commission des libérations conditionnelles du Canada permettant de faire une visite virtuelle d’une salle d’audience. Si jamais vous étiez intéressés à éventuellement assister à une audience en tant qu’observateur, vous saurez d’avance à quoi vous attendre.
Au préalable, vous devez toutefois remplir un formulaire dans lequel vous demandez à assister à une audience.
Personnellement, je suis plus habituée de voir des étudiants assister à des audiences de la CLCC, mais qui sait, peut-être qu’un jour nous nous y croiserons!
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Légende de la photo:
Les trois premières personnes près du mur du fond sont les commissaires. A leur droite, c’est la greffière. Devant eux, à gauche, se trouve le délinquant et son assistant et à leur droite, vêtue de rouge, l’agente de libération conditionnelle du Service Correctionnel du Canada (on l’agent de surveillance en communauté, selon le cas). Derrière, donc les personnes que vous voyons plus près de nous, sont les observateurs. Ils peuvent provenir du grand public, du milieu journalistique et cela peut même être la ou les victimes. Une victime peut notamment présenter une déclaration à la Commission, que ce soit via une bande sonore, un vidéo, ou si elle s’en sent capable, verbalement. Lorsqu’une victime assiste à une audience devant la CLCC, un gardien peut être présent.
La Criminologue
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17:05
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Nov
16
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Il faut se mettre à jour sur un truc!
Sur mon compte Twitter, je suis grand nombre de journalistes provenant de divers médias et il n’est pas rare que mon oeil soit titillé d’encore lire, lorsqu’il est question des libérations conditionnelles, les termes Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC). Pourquoi? Parce que ça fait plus d’un an que ça ne s’appelle plus comme ça. Maintenant, l’institution qui
[...] prend en toute indépendance des décisions judicieuses sur la libération conditionnelle et le pardon et formule des recommandations en matière de clémence.
se nomme la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC). Le nom n’est pas encore modifié sur tous les documents officiels et à certains endroits sur le site Internet de la CLCC, mais la mise à jour est graduelle. Bon, ce n’est pas un sacrilège que d’encore utiliser les termes CNLC, mais c’est un peu comme dire qu’on va acheter une bonne bouteille de vin à la Commission des liqueurs.. ça doit faire depuis le début des années ’60 que ça ne s’appelle plus comme ça, quelque chose dans ce coin-là? Faut se mettre à jour comme on dit!
Bonne journée!
La Criminologue
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8:54
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Nov
15
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On apprenait aujourd’hui dans les médias qu’un adolescent s’était fait poignarder ce matin par un autre étudiant, à l’école secondaire l’Escale de Louiseville. Ma petite cousine, qui fréquente cette école, publiait plus tôt sur son mur Facebook le message suivant, qui a été rédigé par un élève dont elle ignore malheureusement le nom. J’ai trouvé que le message était sensé et qu’il méritait d’être lu par le plus de gens possibles. Le voici donc:
Ce matin, à mon école secondaire l’ESCALE de Louiseville, un jeune poignarde un autre jeune… Sérieusement que se passe-t-il ? Les jeunes réveillez-vous ! Vous n’êtes pas dans des films ou des jeux vidéos ! Apprenez à réfléchir et demandez-vous comment régler vos problèmes de façon plus intelligente. Il y a plein de gens et de manières de vous faire aider, mais vous préférez faire vos gr……and……s tout de suite à votre âge, mais désolé de dire que vous n’êtes pas prêt encore.
Et j’ai un message pour les autres qui n’arrêtent pas d’intimider les autres; pensez au mal que vous faites car vous pouvez pousser les autres à bout et dans ce temps là nous ne savons jamais à quoi cela peut les pousser à faire pour régler leur situation !
Je demande une chose; Réfléchissez avant d’agir ! Mettez-vous à la place des gens. Cela pourrait changer une vie à tout jamais.
S.v.p copie ou partage ce message et publie le sur ton mur si tu es d’accord !
Merci !
C’est un évènement bien triste, mais heureusement, il s’agit d’un cas isolé. Et d’un cas isolé je ne crois pas qu’on doive en tirer des conclusions hâtives et généralisées. Par exemple, ce n’est pas parce que quelques jeunes adoptent des conduites violentes que tous les adolescents sont nécessairement plus violents que leurs prédécesseurs. Je ne crois pas non plus que des détecteurs de métal devraient être installés systématiquement dans les écoles; se présenter en classe avec un couteau n’est pas la norme et je crois que cela contribuerait à instaurer un climat de crainte, de suspicion. A mon avis, c’est normal de se soumettre au détecteur de métal quand on entre dans un établissement de détention, pas dans une école. Du moins, pas toutes les écoles.. Et puis, n’oublions pas qu’il est possible de poignarder quelqu’un avec à peu près n’importe quoi qui se trouve dans un coffre à crayons: compas, ciseaux, scalpels qu’on doit acheter pour les cours de science, certains crayons, etc.. Au lieu d’instaurer des mesures réactives qui ne serviraient qu’à mettre un pansement sur le bobo, je pense qu’il faut sensibiliser davantage les jeunes sur l’intimidation, aux dangers de recourir à la violence pour solutionner leurs conflits, à la gestion de leurs émotions dans une période de leur vie où bien souvent elles se chamboulent et les étouffent.
Je viens tout juste d’apprendre que l’assaillant sera accusé notamment de tentative de meurtre et de voies de fait causant des lésions corporelles. J’ai bien hâte de voir comment le dossier évoluera. Quand à la jeune victime, on dit que son état est stable, tant mieux. J’espère qu’il se remettra sans trop de séquelles de cette agression. Mes pensées l’accompagne, ainsi que ses proches.
La Criminologue
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0:17
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Nov
8
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A l’issue de la première journée de l’audience de Guy Turcotte devant la Commission d’examen des troubles mentaux, vendredi dernier, tous les médias ont rapporté qu’il avait reçu des lettres d’admiratrices. Les commentaires fusent alors de toute part: “Mais quelle genre de folle femme peut bien vouloir être en relation avec lui?!”, “Ces femmes sont sûrement des désaxées pour oser caresser le rêve d’être en couple avec un tueur d’enfants!!”, etc..
Pour ma part, je ne suis pas surprise que Guy Turcotte ait reçu des lettres d’admiratrices à l’Institut Philippe Pinel de Montréal. Pourquoi? Parce que les femmes qui s’entichent d’assassins est un phénomène bien connu.
Mais qu’est-ce qui pousse des femmes à tomber amoureuses de meurtriers?
Plusieurs facteurs motivent l’engoûement de certaines femmes envers des assassins. L’auteure du livre Women Who Love Men Who Kill, Sheila Isenberg, s’est entretenue avec trente femmes qui ont épousé des condamnés à mort afin d’en connaître davantage sur le sujet. Premièrement, il appert que ces femmes ont majoritairement été abusées par le passé, que ce soit dans leur jeunesse ou dans le cadre de relations amicales et/ou affectives. Les abus peuvent avoir pris diverses formes: physiques, verbaux, psychologiques, sexuels. Elles sont alors à la recherche d’une relation sécurisante et qui de mieux placé qu’un détenu pour la lui offrir? Vous allez me dire que les termes “sécurisant” et “meurtrier” ne peuvent aller ensemble, et à prime abord je vous donne raison. Mais, n’oublions pas que dans le couloir de la mort, il n’y a pas de visites familiales privées, communément appelées les “roulottes”, et les visites se déroulent sous la surveillance de gardiens armés. On peut aussi transposer le même concept dans le cas de détenus qui ne sont pas condamnés à mort. L’élément de pouvoir a également été soulevé par Sheila Isenberg. En effet, une femme qui a été victime d’abus toute sa vie inversera les rôles en établissant une relation amoureuse avec un meurtrier en détention puisque c’est elle qui décide lorsqu’elle lui rend visite, si elle accepte ou non l’appel de son bien-aimé, si elle poursuit ou non leur correspondance écrite, etc. Bref, c’est maintenant elle qui mène le bal, probablement pour une des premières fois de sa vie.
Ce qui s’imbrique également dans ce phénomène est aussi le fait qu’un détenu peut accorder énormément de temps à sa dulcinée, beaucoup plus que l’homme moyen, qui travaille à temps plein et qui a d’autres obligations et responsabilités. Un détenu dans le couloir de la mort a tout son temps pour entretenir une correspondance enflammée et placer sa douce sur un piedestal, ce qui est fort appréciée chez la gente féminine. Ajoutons à cela le côté viril qui est prêté à un meurtrier par ces femmes, voire macho. Il est perçu par ses admiratrices comme quelqu’un de téméraire, de courageux, de rebelle: des qualités qu’elles trouvent excitentes et terriblement sexy.
Dans un autre ordre d’idées, un aspect important à considérer dans l’attrait que certaines femmes ont pour des hommes ayant commis un ou des meurtres est leur célébrité. Qu’on le veuille ou non, un individu accusé de meurtre acquiert de la notoriété lors de son procès et plus les détails sont scabreux, plus les gens en parlent. Et qui dit célébrité dit généralement popularité. Certains tueurs en série sont autant, sinon plus, populaires que des vedettes rock! Par curiosité, je suis allée faire un tour sur Adsense Keyword et j’ai découvert qu’en moyenne, sur une période de douze mois, le tueur en série Ted Bundy était recherché près de 301 000 fois par mois sur Google, contre 450 000 pour Charles Manson. C’est quand même énorme quand on compare avec George Clooney et Ozzy Osbourne, qui récoltent un résultat d’environ 1,000,000 chacun. Eric Messick, le porte-parole de la prison d’état de San Quentin, en Californie, mentionne d’ailleurs:
« Prenez nos cinq tueurs les plus connus, ici, et vous savez qui sont les détenus les plus populaires auprès des femmes.» 1
Pour certaines ce que le criminologue Jack Levin, directeur du Centre Brudnick sur la Violence à l’Université Northeastern, à Boston, et co-auteur d’un ouvrage “Extreme Killing : Understanding Serial And Mass Murder, appelle les killer groupies, les meurtriers sont plus accessibles qu’une vedette de cinéma. Attirées par leur célébrité, elles peuvent d’ailleurs espérer bien plus qu’une réponse automatisée provenant d’un employé de fan club. Quelques-unes entretiendront une correspondance avec un détenu tandis que d’autres iront même jusqu’à convoler en justes noces.
Il y a aussi les femmes passionnées d’affaires judiciaires qui sont prêtes à accorder le bénéfice du doute à celui qu’elles convoitent. Elles éprouvent de la sympathie à son égard et certaines sont investies du syndrome de la sauveuse. Par ailleurs, Eric Messick mentionne que les admiratrices d’assassins se trouvant dans le couloir de la mort de San Quentin proviennent surtout d’Europe, là où la culture contre la peine de mort est enracinée depuis longtemps. Il croit que ces femmes éprouvent de la sympathie envers ces hommes qui ont été condamnés à être exécuté.
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J’aimerais toutefois apporter une distinction entre les femmes engagées dans une relation affective avec un meurtrier d’abord et avant tout pour l’homme qu’il est et celles qui recherchent une relation de couple avec un homme ayant commis un meurtre. Beaucoup d’hommes ayant commis un meurtre étaient en couple avant de commettre leur délit, ou ont développé une relation affective avec une femme qui est tombée amoureuse de ce qu’ils sont en tant que personne, tout en étant consciente du geste qu’ils avaient posé. Ces femmes-là ne correspondent généralement pas au profil que j’ai précédemment dressé, contrairement à celles pour qui c’est le délit qui les branchent d’abord et avant tout.
Avec toutes les caractéristiques énumérées plus haut, on comprend mieux pourquoi Guy Turcotte peut recevoir des lettres d’admiratrices. Mais même si on comprend davantage, cela ne veut pas dire que c’est normal pour autant. Je n’ai pas de préjugés envers les hommes et les femmes qui entretiennent des relations amoureuses avec des personnes judiciarisées, mais je dois avouer que j’en ai envers les gens qui recherchent d’abord et avant tout à s’enticher de quelqu’un ayant enlevé la vie d’un de ses semblables. C’est plus fort que moi.
La Criminologue
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1. FIMRITE, Peter et TAYLOR, Michael (Article paru dans le San Francisco Chronicle le 27 mars 2005). Des femmes fascinées par les tueurs. (en ligne) http://www.tueursenserie.org/spip.php?article65
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