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Aug
22
La Criminologue

Bonjour à tous!

J’ai reçu plusieurs courriels me demandant de mes nouvelles, compte tenu que peu d’articles ont été publiés depuis les derniers mois. Le fait est que comme j’en parlais sur mon compte Twitter , je me suis associée à la psycho criminologue française Isabelle Crouzet pour revamper le blogue et lui donner une cure de jeunesse. Nous en sommes actuellement à  revoir tout le visuel du site et je ne m’étais pas rendue compte à quel point on avait du pain sur la planche!

Nous avons approché des organisations françaises et canadiennes afin d’aller chercher des partenaires sérieux. Notre objectif est d’offrir un contenu juste et objectif sur la criminalité et d’être une référence en Europe et ici dans le domaine de la criminologie. Nous voulons également donner l’opportunité à ces partenaires d’avoir une visibilité sur le site et de publier des billets relatifs à leur domaine d’expertise, de la façon dont ils veulent transmettre leur contenu.

Étant doté d’un système judiciaire différent du nôtre, Isabelle Crouzet travaille actuellement à trouver des collaborateurs européens pour offrir aux lecteurs un contenu criminologique avec lequel nous sommes peut-être moins familiers. Cette nouvelle fenêtre sur les pays de la francophonie où la criminologie est aussi, sinon plus, présente qu’ici saura vous plaire, j’en suis certaine.

Soyez patients, chers lecteurs, les changements en vaudront la peine!

Bonne soirée!

La Criminologue

La Criminologue
22:05
 
May
18
La Criminologue

La Société de criminologie du Québec organise son prochain congrès biennal du 6 au 8 novembre prochain au Fairmont Tremblant sous le thème « Prévention du crime et citoyenneté responsable : approches locales et internationales ».

Le formulaire d’inscription au congrès est déjà en ligne sur le site web de la Société de criminologie du Québec, de même que la description des ateliers et les derniers détails concernant la programmation. Visitez le site web pour plus d’information : www.societecrimino.qc.ca

Ne tardez pas à vous inscrire pour profiter du tarif préférentiel. Moi, assûrément, j’y serai!

La Criminologue

La Criminologue
21:15
 
Apr
2
La Criminologue

Vous pouvez lire l’article ici, sur Cyberpresse.

En gros, une compagnie d’assurance avait résilié le contrat d’assurance automobile et habitation d’un couple de la Rive-Sud de Montréal parce que leur fils, incarcéré dans un pénitencier, bénéficiait de permissions de sortie sans escorte à leur domicile à raison de 72 heures par mois. On peut lire dans l’article que:

[La compagnie d'assurance] soutenait que la présence du fils chez ses parents était sans pertinence et qu’une personne ne se comporte pas en bon père de famille en accueillant sous son toit une personne ayant un dossier criminel.

Le Tribual en a toutefois décidé autrement et la compagnie d’assurance est sommée de verser une somme de 9000$ en dédommagement au couple en question.

On parle beaucoup de discrimination envers les personnes possédant un casier judiciaire. Même si une compagnie d’assurance peut exiger une surprime, voire refuser d’assurer quelqu’un qui a des inscriptions à sa fiche criminelle, je trouve qu’il s’agit dans ce cas-ci d’une belle victoire pour les personnes judiciarisées. J’avais d’ailleurs déjà décrit dans cet article les principales difficultés que rencontrent les gens ayant déjà été reconnus coupable d’une infraction au Code criminel.

Je ne veux pas inciter les lecteurs à la pitié puisque dans certains cas, il est primordial que les antécédents judiciaires soient vérifiés et pris en compte. Cela dit, je me pose la question à savoir si la stigmatisation de ces personnes ne constitue pas un obstacle à la réinsertion sociale, ce qui impacte chez certains directement le risque représenté pour la collectivité. Il est normal qu’on vérifie les antécédents judiciaires de toute personne qui sera amenée à travailler auprès des enfants. Même chose pour ce qui est des gens qui postulent dans une institution financière. Cependant, est-ce que le fait qu’une personne ayant été reconnue coupable pour conduite avec les facultés affaiblies est moins qualifiée qu’une autre pour être commis dans une épicerie? Malheureusement, encore aujourd’hui, plusieurs employeurs ne s’arrêtent qu’à la présence d’un casier judiciaire et préfèrent ne pas s’encombrer d’une personne qui a déjà eu des démêlés avec la justice, ce que je trouve dommage.

Et vous, vous en pensez quoi?

La Criminologue

La Criminologue
22:03
 
Feb
21
La Criminologue

J’ai été agréablement surprise d’apprendre dans les médias le dépôt du projet de loi 22 du gouvernement Marois, proposant de bonifier les indemnisations financières aux victimes d’actes criminels et celles de leurs proches.

Actuellement, un parent dont un enfant décède des suites d’un acte criminel reçoit une indemnité de 2000$, plus 3000$ pour les frais funéraires. Le parti québécois propose de bonifier l’indemnité à 12 000$ et de défrayer les frais funéraires jusqu’à concurrence de 5000$. Autre proposition intéressante: une victime d’agression sexuelle ou de violence conjugale désirant déménager pour assurer sa sécurité pourra recevoir une compensation jusqu’à 2000$ pour couvrir les frais de résiliation du bail. Québec envisage aussi rallonger le délai prescrit pour présenter une demande d’indemnisation, qui passera d’un à deux ans.

Vous savez qu’une loi n’est pas rétroactive. Cependant, ce projet de loi possède la particularité de prévoir le transfert d’une somme de 50 000$ à l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues afin de soutenir les familles en question dans les tragédies survenues au cours de l’année précédente. Le ministre de la justice, Bertrand St-Arnaud, a d’ailleurs invité ses collègues ministres à contribuer à ce fonds spécial, qui selon ses calculs pourrait ainsi atteindre la somme de 124 000$.

Bien évidemment, aucun montant d’argent ne pourra remplacer la perte d’un être cher. Par contre, recevoir une indemnisation décente permet aux victimes et aux membres de leur famille de moins se préoccuper des répercussions financières de la tragédie. Que ce soit les funérailles, le nettoyage de la scène de crime, le fait de manquer le travail, voire de perdre son emploi, les nombreuses séances psychologiques: cela s’ajoute à l’immense douleur d’avoir perdu un proche. J’approuve donc le projet de loi 22, qui reconnaît que les victimes d’actes criminels méritent d’être au coeur de notre système judiciaire.

J’aurais aimé apporter une suggestion à ce projet de loi, qui n’est pas d’ordre financier. Je ne sais pas si vous partagez mon avis, mais je crois que les proches de victimes d’actes criminels, bien qu’indirectement, sont eux aussi des victimes des actes perpétrés. En ce sens, qu’en pensez-vous si on leur reconnaissait le statut de victime, en tenant compte bien sûr du fait qu’il s’agisse d’une victime directe ou indirecte dans l’indemnisation. Je crois que le seul fait de leur reconnaître le statut de victime peut être bénéfique pour le processus de rétablissement. Qu’en dites-vous?

La Criminologue

La Criminologue
21:05
 
Feb
15
La Criminologue

Dans le milieu, on dit souvent qu’on exerce une “job à burnout” en raison du stress quotidien, de la lourdeur de la clientèle et de la charge de travail élevée. On connais de près ou de loin un collègue qui a dû se retirer pour cause de dépression ou d’épuisement professionnel et c’est inquiétant quand on s’y attarde. Néanmoins, on tente de plus en plus de conscientiser les intervenants en début de carrière afin de réduire les chances de souffrir de tels maux. Je me souviens même qu’à l’université, un cours portait précisément sur les pièges du métier et sur l’importance de faire attention à soi en tant qu’intervenant. Puisque nous sommes, nous et notre capacité d’analyse et d’intervention, notre principal outil de travail. Si on tombe, nous nous causons premièrement du tort, mais nous ne sommes plus en mesure d’intervenir efficacement et accueillir l’autre dans sa souffrance.

Comme il m’arrive de superviser des stagiaires, je donne toujours comme conseils d’être indulgents envers eux-mêmes et de ne porter leur manteau d’intervenant qu’au travail. Pour illustrer cette métaphore, imaginons que le manteau de l’intervenant est imperméable aux remarques et critiques désobligeantes et crée une barrière avec la clientèle. On l’enfile à notre arrivée, mais il ne faut pas oublier de l’accrocher quand on quitte le soir. Ce qui signifie que nous faisons une coupure avec le monde du travail à partir de ce moment. Il est facile de se laisser envahir par notre emploi: il est arrivé à plusieurs d’entre nous de s’avancer ou de “closer” notre semaine durant le weekend, de ventiler lors de nos 5 à 7 entre collègues, voire même de rêver à notre emploi ou à des situations s’y étant produites. Cependant, si on ne fait pas attention, on se réveillera un matin avec le goût amer d’être envahi par notre boulot et être mentalement épuisé d’exercer notre métier. Je conseille toujours d’investir les sphères autres que celle du travail. En adoptant un équilibre entre ses diverses sphères de vie et en ayant un cercle social, des intérêts et des activités qui ne sont pas nécessairement associées à la criminologie permet, à mon avis, d’être un intervenant plus équilibré et davantage disposé à être ouvert à l’autre. C’est parfois difficile dans un milieu où on ne commence jamais en décrochant un poste permanent et où on doit faire ses preuves pour percer. Ceci dit, je crois qu’il est quand même possible de bien performer au travail, sans pour autant compromettre sa santé physique et mentale. En ce sens, il est important de respecter son horaire de travail: il ne faut pas travailler sans compter les heures, sous prétexte qu’on doit faire nos preuves. Tout ce que vous récolterez sera de la frustration de toujours être au boulot, en plus d’être épuisé. Il faut savoir bien gérer ses priorités et quitter le bureau, autant que possible, à l’heure prévue.

Il est également normal de faire de nos collègues de travail nos amis. Après tout, nous avons souvent les mêmes intérêts et partageons la même passion pour le domaine social. Le piège dans lequel beaucoup, y compris moi à l’occasion, tombons est de parler du boulot lorsque nous sommes à l’extérieur du travail. Je sais, vous me direz que dans tous les domaines, nous en venons toujours à aborder le sujet du travail. Par contre, lorsque les échanges cessent d’être constructifs et ressassent plutôt du négatif, il est temps de passer à autre chose. Nous nous donnons toujours comme objectif de ne pas parler du travail plus de trente minutes et nous ne brassons pas des problèmes qui peuvent attendre le prochain jour ouvrable. Après tout, nous sommes tellement plus que des travailleurs! Nous sommes des parents, de bons golfeurs, des amateurs de voyage, de bon vin. C’est tout aussi important d’en parler et vous verrez, c’est beaucoup léger que de ressasser des trucs reliés au boulot.

Faire attention à soi permet non seulement de se préserver, mais d’être un bon intervenant. Avoir un équilibre de vie n’est d’ailleurs pas ce que nous tentons d’enseigner à nos clients? D’ailleurs, je dirais que cela s’applique non seulement aux intervenants, mais à tous les travailleurs.

Prenez-soin de vous, chers lecteurs! Votre passion sera ainsi toujours aussi vibrante.

La Criminologue

La Criminologue
23:46
 
Dec
16
La Criminologue

Je n’aurais pas cru qu’on puisse dire ça de Guy Turcotte de sitôt, qu’il soit maintenant libre. Pas complètement, puisqu’il doit respecter certaines conditions que la Commission d’examen des troubles mentaux lui a imposées, mais il n’a plus à séjourner en institut psychiatrique. Dans sa décision rendue le 13 décembre dernier, la Commission a notamment pris en considération la gravité des crimes commis, le fait qu’il n’a su demander de l’aide avant le passage à l’acte, sa lenteur à s’investir dans une psychothérapie, son introspection récente qui se voudrait sincère et l’absence de dangerosité pour son ex-femme, Isabelle Gaston.

Cette décision a laissé à la majorité des québécois un goût amer, très amer. Comme je l’ai déjà mentionné précédemment, je ne peux me prononcer cliniquement sur le cas de l’ex-cardiologue. Cela ne m’empêche pas par contre d’être surprise de la décision qui a été rendue. Si je fais un parallèle avec la clientèle avec laquelle je travaille et que je prends un client qui aurait été reconnu coupable du meurtre de ses deux enfants, qui aurait commencé à s’investir sincèrement dans sa psychothérapie seulement depuis quelques mois et dont on n’aurait encore trouvé le chaînon manquant au passage à l’acte, donc à la commission des meurtres, cela m’amène à me questionner.

Première des choses, toujours si on prend une clientèle judiciarisée, je ne crois pas qu’un client présentant un tel portrait aurait pu être libéré dans la communauté, surtout si l’élément déclencheur à un passage à l’acte d’une telle violence n’a pu être ciblé et si l’introspection se trouve encore à un stade embryonnaire. Surtout dans les cas où une gestion déficitaire des émotions a entraîné la commission de délits de violence, il est primordial que cet aspet soit travaillé pour amenuiser le risque que le client récidive, donc le risque représenté pour la société. Dans le cas de Guy Turcotte, plusieurs questions se posent. J’en discutais justement avec des collègues et se pourrait-il que le chaînon manquant en terme de santé mentale, ce qui l’a propulsé dans un état tel qu’il n’était en mesure de distinguer le bien du mal, de juger de la nature de ses actes, n’a pu être ciblé parce que justement, il n’y en a pas, de chaînon manquant? De tous les professionnels avec qui j’ai discuté, même s’ils reconnaissent qu’ils doivent s’incliner devant le verdict de non-responsabilité criminelle rendu par le jury, la majorité n’y adhère pas. Pour ma part, je n’ai pas évalué l’individu, ni n’ai assisté au procès. Je m’en remets donc aux jurés, mais j’avoue avoir de la difficulté à adhérer au verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. Ceci dit, c’est mon opinion personnelle et elle n’engage que moi.

Les gens s’insurgent que l’ex-cardiologue soit libéré sous conditions parce qu’il n’a pas été puni pour les crimes qu’il a avoué avoir commis. Tout un paradoxe, quand on y pense. La Commission d’examen des troubles mentaux a pour mandat la protection du public et les mesures qu’elle prend n’ont pas pour objectif d’être punitives, contrairement à un Tribunal de la cour criminelle. Certes, la Commission garde encore Guy Turcotte à l’oeil et il devra, entre autres, se présenter en audience tous les ans, mais ces mesures ne font pas le poids contre le sort qui est généralement réservé aux meurtriers reconnus criminellement responsable de leur délit. C’est ce que les gens ont le plus de difficulté à concevoir, mais n’oublions pas que Guy Turcotte est réputé ne pas être responsable criminellement des meurtres de ses enfants, ça change la donne..

Même si les tribunaux n’ont pas le mandat de rendre des verdicts populaires, il faut s’attendre à ce que parfois, une cause vienne ébranler la population à un point tel qu’elle remette en cause la confiance qu’elle a en notre système de justice. Je ne me prétends pas experte en la matière, mais je ne crois pas me tromper beaucoup en affirmant qu’aucune institution n’est infaillible. Il est possible que notre système connaisse des ratées, aussi droit et juste soit-il. Je ne suis pas en train de dire que Guy Turcotte a berné tout le monde et que notre système judiciaire a déraillé lorsqu’est venu le temps de juger sa cause, je me questionne simplement à savoir si au fond, c’était la bonne décision qui a été prise. Il y a des causes où les preuves sont si accablantes que la culpabilité d’un individu est évidente. Mais dans les causes où ce n’est pas le cas, quel juge, jury, témoin expert, peut affirmer avec certitude que telle ou telle personne est ou n’est pas coupable? Notre système judiciaire est conçu d’une façon telle que les droits des accusés sont reconnus et respectés et de manière à éviter les erreurs judiciaires. Mais parfois, il arrive que le verdict ne concorde pas avec ce qui s’est réellement passé. Bien entendu, l’indignation ressentie fait en sorte que nous sommes peut-être plus enclin à crier à l’injustice, mais est-il possible de se poser la question, émettre l’hypothèse qu’on se soit peut-être trompé? Dans cette affaire, c’est l’introspection récente et embryonnaire sur les facteurs ayant prédisposé et précipité le passage à l’acte d’une violence telle que deux enfants ont été mutilés et ont perdu la vie qui m’interpelle. Mais encore une fois, n’étant pas impliqué au dossier, je m’en remets aux professionnels qui jugent que Guy Turcotte représente un risque acceptable pour la communauté. Dans ce cas-ci particulièrement, j’espère que la Commission d’examen des troubles mentaux aura vu juste et qu’il ne récidivera jamais.

Quelle est votre opinion à ce propos, chers lecteurs?

La Criminologue

La Criminologue
10:11
 
Nov
2
La Criminologue

Le célèbre criminologue Philippe Bensimon m’a contactée via ce blog pour me faire part de ses commentaires quant à celui-ci. Il a eu la gentillesse de m’envoyer une copie de la plus récente édition de son livre Profession: Criminologue, Analyse clinique et relation d’aide en milieu carcéral, dédicacée dois-je le mentionner. J’ai littéralement dévoré son bouquin, que j’ai trouvé juste, intéressant et plus que pertinent. Qu’il soit novice ou vétéran, j’estime que chaque criminologue devrait lire ce livre, de même que tous ceux qui se questionnent sur le mandat que doit accomplir un criminologue en milieu carcéral. Comme j’ai déjà quelques années d’expérience derrière moi, la lecture du livre m’a permis de me rappeler les défis cliniques qui font partie de notre quotidien et ravivé la passion que j’entretiens envers le domaine de l’intervention. Outre une description juste et complète de la profession, on retrouve, entre autres, des chapitres portant sur le milieu correctionnel en soi, les aptitudes et capacités à travailler en milieu carcéral et la relation d’aide avec une population délinquante en captivité. Un must à lire, vraiment.

De fil en aiguille, monsieur Bensimon m’a invitée à assister au cours de relation d’aide en criminologie qu’il donne à l’Université de Montréal, cours auquel j’ai assisté pas plus tard qu’hier. Avant la tenue du cours, j’ai eu la chance de partager un café avec lui, où nous avons discuté du métier à proprement dit, de la gestion de cas et il m’a même prodigué quelques judicieux conseils. Durant le cours, il était fascinant de voir à quel point les étudiants étaient captivés par leur enseignant. Philippe Bensimon a sa façon bien à lui de transmettre une matière qui prendra tout son sens lorsque le criminologue commence à exercer son métier. Il a même pris le temps de rassurer ses étudiants, dont certains étaient quelque peu inquiets quant à leur résultat d’examen. En résumé, il leur a bien fait comprendre qu’un étudiant ayant une moyenne de A+ ne devient pas automatiquement un bon clinicien. La vraie école, c’est sur le terrain que ça se passe et ça, je crois que les étudiants l’ont compris. Bref, ma rencontre avec monsieur Bensimon m’a prouvé qu’on pouvait être toujours aussi passionné par la profession, même après vingt-cinq ans de carrière. Je vous suggère fortement de lire son livre, vous m’en reparlerez en des termes élogieux je vous le garantie. J’aimerais conclure en mentionnant que ce billet n’est nullement rédigé dans le but de promouvoir la vente de Profession: Criminologue puisque l’auteur refuse toute redevance liée à la vente de son livre.

Bonne journée chers lecteurs!

La Criminologue

La Criminologue
16:41
 
Oct
30
La Criminologue

J’ai pris connaissance ce matin d’un article du Journal de Montréal dans lequel on voit Guy Turcotte prenant la pose avec un poupon lors d’une fête familiale à laquelle l’Institut Philippe-Pinel de Montréal lui avait permis d’assister. J’ai tâté le pouls sur les médias sociaux et ce qui en ressort principalement est qu’il s’agit d’une mise en scène pour tenter de démontrer qu’il va tellement mieux qu’il devrait être libéré. Non mais, ne lui fait-on pas suffisamment confiance en lui permettant de tenir un bébé dans ses bras? Isabelle Gaston, la mère d’Olivier et Anne-Sophie Turcotte, a réagit dans la tribune de Paul Arcand à ce propos ce matin, à écouter ici.

Peut-être suis-je naïve, mais se peut-il qu’il s’agisse simplement d’un neveu/nièce/cousin/cousine/bébé d’un ami de la famille que Guy Turcotte a eu la chance de rencontrer pour la première fois? Et qu’est-ce qu’on fait généralement avec un petit bébé tout neuf qu’on rencontre pour la première fois? On le prend dans nos bras, non? Qu’est-ce qu’on fait quand cela se déroule dans une réunion de famille et que des gens prennent des photos? On prend la pose et on sourit, non? Peut-être qu’il s’agit d’une simple et banale photographie et que Guy Turcotte ne se doutait pas qu’elle circulerait ainsi sur le web. Ou peut-être pas aussi, qui sait. Ce que j’essaie de dire, c’est qu’il est impossible de tirer quelque conclusion que ce soit à la seule vue de cette photo, aussi choquante soit-elle pour certaines personnes.

Autre chose: est-ce que parce que Guy Turcotte a assassiné ses enfants que le poupon qu’il tient sur la photo est en danger? Je ne crois pas. Oui, ce qu’il a fait dépasse l’entendement et j’avoue qu’on puisse ressentir un malaise de le voir avec un jeune enfant dans les bras, mais est-ce que c’est suffisant pour crier au complot? Croyez-vous que les experts qui siègeront à la Commission d’examen des troubles mentaux regarderont cette photo lors de la prochaine audience de Guy Turcotte et se diront: “Il tient un bébé, il sourit= il doit être guéri. Libérons-le”. Le déroulement des sorties dont il bénéficie sera effectivement pris en compte dans la balance, mais pas ce genre de détails.

Quelle est votre opinion à propos de la diffusion de cette photo? Vous laisse-t-elle de glace ou fait-elle réagir?

La Criminologue

La Criminologue
15:52
 
Sep
18
La Criminologue

Hier, au Palais de justice de Lac-Mégantic, Pascal Morin a été reconnu non-criminellement responsable du meurtre de ses nièces, Laurence et Juliette Fillion, et de sa mère, Ginette Roy-Morin, survenu le 10 février dernier à Saint-Romain.

Rappelons qu’alors que les fillettes se faisaient garder chez leur grand-mère, Pascal Morin, qui croyait être Jésus, les a toutes assassinées en croyant qu’ainsi, elles seraient libérées de leurs démons. Il savait qu’il les tuait, mais était persuadé qu’elles reviendraient à la vie par la suite.

En raison du verdict de non-responsabilité criminelle, il nous est permis de faire un parallèle avec l’affaire Turcotte. Ceci dit, j’estime que la comparaison s’arrête au verdict et au fait que les victimes étaient de proches parents. Les deux individus et leur histoire personnelle sont différents, leur troubles mentaux aussi. Guy Turcotte a été reconnu non-criminellement responsable du meurtre de ses enfants puisqu’il aurait été atteint d’un trouble de l’adaptation avec humeur dépressive qui, au moment d’assassiner ses enfants, l’aurait empêché de juger de la nature et le caractère de ses actes, de même que de distinguer le bien du mal. Le verdict a été énormément contesté, plusieurs croient encore aujourd’hui que Guy Turcotte avait toute sa tête au moment du drame.

Lorsque des symptômes dépressifs ou anxieux, ou encore une perturbation des conduites, surviennent en réaction à un stresseur et que tous les critères de la dépression majeure ou d’un trouble anxieux ne sont pas rencontrés, un diagnostic de trouble de l’adaptation est posé. Dans le cas de Guy Turcotte, la séparation avec Isabelle Gaston constitue le stresseur auquel il ne s’est pas adapté. Ce trouble mental laisse plusieurs personnes perplexes, comme si le fait d’en être atteint n’était pas suffisant pour perdre contact avec la réalité d’une façon telle qu’il soit impossible de juger de la nature d’un double meurtre.

Dans l’affaire Pascal Morin, même si les gestes posés sont odieux, l’état de santé mental de l’auteur des délits m’apparaît plus évident, suffisamment sévère pour admettre la possibilité d’une perte de contact avec le réel au moment des meurtres.  Diagnostiqué schizophrène, un des troubles mental les plus sévères selon le DSM-IV, Pascal Morin n’aurait pas consulté son médecin depuis l’année précédent le drame et ne prenait pas sa médication. C’est semble-t-il dans un état de désorganisation total, croyant être Jésus, obéissant aux commandements de Dieu, qu’il poursuivait sa mission divine de libérer la terre des démons. Dans ce cas-ci, je peux comprendre la perte de contact avec la réalité, l’impossibilité de distinguer le bien du mal et l’incapacité de juger de la nature de ses actes. Ceci dit, même si je peux comprendre pourquoi c’est arrivé, cela n’excuse pas les gestes posés, qui demeurent et demeureront toujours impardonnables. Petite précision que j’aimerais apporter par rapport à l’aptitude à subir son procès. Autant dans l’affaire Turcotte que l’affaire Morin, les deux accusés étaient jugés aptes à subir leur procès puisqu’il a été déterminé qu’ils comprenaient les procédures judiciaires et pouvaient échanger avec leur avocat. Ce n’est pas parce que quelqu’un est apte à subir son procès qu’il ne peut être reconnu non-criminellement responsable. Il y a une différence à faire entre un état de santé mental qui peut influencer un individu à un certain moment donné et la compréhension du système judiciaire à un moment ultérieur.

Comme je l’ai mentionné dans l’affaire Turcotte, être reconnu non-criminellement responsable n’est pas un acquittement. Voici ce que j’écrivais textuellement l’an dernier lorsque le verdict est tombé dans l’affaire Turcotte:

[…] il sera détenu dans un établissement hospitalier pendant un an où il recevra les traitements nécessaires afin de ne plus constituer un danger pour le public. Dans de tels cas, la Commission [des troubles mentaux] révise le dossier sur une base annuelle dans le but de déterminer si l’état mental de la personne s’est amélioré et si une nouvelle décision devrait être prise, tenant compte du danger qu’elle représente pour la société. Une révision annuelle est prévue tant et aussi longtemps qu’une libération sans condition n’est pas octroyée.

J’espère qu’avec la tombée du verdict, la famille des victimes pourront avancer dans leurs deuils et pourront un jour vivre dans la sérénité, je leur souhaite profondément.

La Criminologue

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12:47
 
Sep
17
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Mes chers collègues, cliquez sur ce lien menant au formulaire d’inscription pour le registre des criminologues.

Pour trouver un commissaire à l’assermentation, voici l’adresse URL pour vous y rendre.

N’oubliez pas que les procédures doivent être complétées avant le 20 septembre.

 

Bonne journée mes chers amis!

 

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13:15
 
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Qui est la Criminologue?

Une femme passionnée d'intervention désirant clarifier certains mythes quant à la profession de criminologue. Elle désire aussi partager des anecdotes du métier et sur le plan personnel aussi. Le plus souvent cocasses, elles permettent d'illustrer quelques exemples de ce qu'un criminologue peut vivre au quotidien et surtout, de démontrer qu'elle ne se prend pas au sérieux!

Pour me joindre: lacriminologue@live.fr